La Splendeur dans l’herbe de Patrick Lapeyre

1507-1

Quatrième de couverture:

Au début, on dirait des ombres. Un homme et une femme parlent ensemble de ceux qui les ont trahis. Ils en parlent sans cesse, obsessionnellement, à chaque fois qu’ils se revoient. Jusqu’à ce que se noue entre eux, et presque malgré eux, une étrange relation amoureuse, dont l’accomplissement semble continuellement retardé. Comme si l’envoûtement de la conversation leur faisait oublier tout le reste.

Mon avis:

Sybil et Homer ont une raison toute particulière de se rencontrer : leurs conjoints respectifs s’en sont allé batifoler sur l’île de Chypre. Lors de leurs échanges, sous la chaleur écrasante de l’été, non loin de la capitale, le souvenir des deux ex est présent, comme des fantômes qui ne veulent pas partir. Au fil des jours, Sybil et Homer se rapprochent. Chacun apprivoisant la présence de l’autre, aucun n’essayant de troubler l’instant de complicité.

Ana, la mère du jeune Homer, est bien incomprise par son mari. Elle n’est pas faite pour le monde qu’il lui propose, celui où on ne peut pas penser par soi-même, donner son propre avis. Il n’était, pourtant, pas comme ça quand ils se sont mariés ? Homer, enfant, est un garçon angoissé et solitaire. Arno ne manque pas de mettre la faute sur son épouse et à remettre en cause son éducation. Mais qu’en est-il pour lui qui n’est jamais présent ?

Patrick Lapeyre offre un roman où le maitre mot pourrait être délicatesse (d’ailleurs à certains égards, il m’a rappelé le roman de David Foenkinos). Alternant les chapitres sur le duo Sybil/Homer et sur la mère d’Homer et ses années de jeune mariée, l’auteur dépeint une galerie de personnages qui n’hésitent pas à prendre le temps. Celui de se rencontrer, de se connaître et pourquoi pas de s’aimer ? Ces personnages trahis, doutant de leurs choix, maladroits, sont profondément humains.

Les jours défilent et se ressemblent, les phrases aussi, mais, la limpidité du récit colle parfaitement à cette lenteur qui parcourt les presque 400 pages du roman. Irrésistiblement attachant.

« Au fond, pense-t-elle, pendant qu’elle regarde les convois de péniches descendre le Rhin printanier, sa faiblesse, sa vraie faiblesse, ne tient pas au fait qu’elle serait déraisonnable, mais plutôt qu’elle ne l’est pas assez… Elle est trop soumise, trop soucieuse d’obtenir des certificats de bonne conduite de la part de son mari, au lieu de suivre sa voie et de vivre comme elle en a envie. C’est cela qui la dénature et la rend triste… Car si le jeu de la vie existe, se dit-elle, en reprenant une expression qu’elle a lu quelque part, on peut supposer qu’il faut la jouer jusqu’au bout. »

devenez-jure-du-roman-des-etudiants-france-culture-telerama-2015,M180736

Publicités

9 réflexions sur “La Splendeur dans l’herbe de Patrick Lapeyre

    • Non c’est une première, d’ailleurs sans le prix RDE je ne sais pas si je me serai tournée par moi-même vers ce livre. C’est vrai que l’auteur sait choisir ses titres, par exemple j’aimerais bien me faire un deuxième avis avec son précédent (si je ne dis pas de bêtises !) La vie est brève et le désir sans fin. Cependant, je ne dirai pas que son style est poétique, dans ce roman c’est davantage le fond qui m’a plu, que la forme. Ceci dit je serai curieuse de connaitre ton avis sur ce livre, j’ai l’impression qu’il n’a pas eu un franc succès du côté du reste des étudiants…

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s