De terre et de mer de Sophie Van der Linden

9782283029947

Quatrième de couverture:
Au début du siècle dernier, Henri, un jeune artiste, parvient sur l’île de B. après un long voyage.
Venu rendre visite à la femme qui s’est détournée de lui, il y séjournera vingt-quatre heures, le temps pour lui de déambuler dans ce paysage envoûtant, et d’y faire des rencontres singulières.
Jusqu’à la chute finale, le lecteur chemine à la suite du héros dans cette atmosphère vibrante, rendue par une écriture impressionniste aux multiples résonances.De terre et de mer est le troisième roman de Sophie Van der Linden. Après La Fabrique du monde et L’Incertitude de l’aube, l’auteur confirme encore son talent et dépeint avec acuité l’expression des sensations et des sentiments.

Mon avis:

Un livre comme on rate un bateau, comme on manque l’heure d’embarquement… Reçu grâce à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel, De terre et de mer est un rendez-vous manqué. À l’instar du héros, j’ai déambulé jusqu’à l’île de B. Lui, par la mer, venant vainement retrouver l’amour de la belle Youna, moi, par les mots, cherchant la douceur et la poésie suggérées par la toile en couverture.

« Cette sensation de réussir à faire exister à l’extérieur de soi, sur du papier, ce qui est si mouvant, insaisissable, retranché dans mes pensées, me donne la plus grande joie. Pour autant, cela ne me fait pas renoncer à toi. »

Cherchant l’indépendance et la liberté, Youna est venue s’installer sur l’île de B. Elle y a commencé une nouvelle vie loin des moments passés auprès d’Henri. Jeune peintre tourmenté, Henri vit mal ce silence et décide d’entreprendre, le temps d’une journée, un voyage sur les traces de celle qu’il croit aimer. Débarqué, ses mille questions pour seul bagage, le jeune homme ne manque pas d’attirer les on-dit. Qui est-il ? Que cherche-t-il ? Que veut-il à l’énigmatique Youna ? L’atmosphère pesante du début du XXème siècle entoure ce couple étrange marchant sur la lande. De point de vue en point de vue, on explore tour à tour les quelques âmes qui peuplent cette terre. Le restaurateur, la vieille dame, le chasseur, le coureur, le pêcheur, font appel à leurs souvenirs, à leur quotidien et lancent quelques pistes au lecteur intrigué.

« Depuis la nuit des temps, je sens le moindre hoquet de ton sommeil, je sens la nervosité de ta queue qui racle et abîme la roche lorsque tu rêves. Je sens que tu gis sur le flanc, mais que ton cœur bat sourdement. Ta colère, ton poison coulent dans le sang noir et visqueux dont tes veines figées sont emplies, ta rage et ton râle, rauques, sourdent de la roche, ébranlent l’eau stagnante du marais, je les sens, oui, je les sens sous mes pieds qui s’agitent et annoncent ton tellurique éveil, aerouant. »

Mais si l’écriture de Sophie Van der Linden aura pu être belle et sensible, elle fut surtout, pour moi, déconcertante. Il m’a semblé que l’histoire de cette île ne rendait pas vraiment hommage à la poésie de ses phrases. La jolie musique perd de son rythme, pour mieux revenir, parfois, mais pas assez pour me faire apprécier ce moment. Enfin, le récit reste trop court, les personnages seulement esquissés furent, pour moi à regret, fades et antipathiques.

De terre et de mer aurait pu être, mais ne fut pas, cette fois.

Ma note: 2,5/5
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2 réflexions sur “De terre et de mer de Sophie Van der Linden

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