Entre ciel et Lou de Lorraine Fouchet

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Quatrième de couverture:

Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait aux côtés de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le cœur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses vœux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !

Mon avis:

Un livre découvert sur le blog My Pretty Books, qui fourmille de belles idées de lecture. Merci pour ce joli moment de lecture !

À soixante ans, Jo vient de perdre l’amour de sa vie, Lou. L’épouse, la mère, la grand-mère, l’amie. Chaque personnage de cette histoire a perdu un petit quelque chose depuis que Lou est partie. Il faut dire que sous l’apparente carapace paisible, les mensonges et les non-dits sont monnaie courante dans cette famille. Un pilier s’en est allé. Lou l’avait bien compris, voilà pourquoi elle décide de lancer un dernier défi à son mari. Celui de se rapprocher de ses enfants, de les entendre pour qu’enfin ils se retrouvent.

Cyrian est tiraillé entre son épouse et son amante. Entre ses deux filles, Pomme et Charlotte. Entre l’image qu’il se donne et celui qu’il est vraiment.
Depuis que ce con de Patrice est parti, Sarah a mis en place une règle immuable, celle de ne jamais revoir un homme plus de deux fois. Mais…
Pomme et Charlotte, demi-soeurs différentes, cherchent leur place dans ce fatras familial.
Albane, la femme de Cyrian, enferme leur fille Charlotte dans une tour d’argent, paralysée par la peur. Refusant l’amour et l’abandon.

Jo, à sa manière, va s’immiscer dans la vie de ses enfants, de ses petites-filles, de sa belle-fille. Les comprendre pour les aider. Lou, de là où l’on se trouve après, voit les gens qu’elle aime se reconstruire, apprendre à vivre sans elle. Apprendre à s’aimer.

Entre ciel et Lou est un voyage en terre bretonne. Lorraine Fouchet nous fait embarquer en un lieu riche en traditions et recrée une atmosphère toute particulière à travers son écriture délicate. Entre le bourg et les falaises, nous distinguons ses personnages perdus dans leur quotidien. Emprunt de réel et de simplicité, les personnages sont irrémédiablement attachants. Je pense à Pomme, bien vive pour son âge. À Albane, quand nous apprenons son passé. Chaque personnage s’exprime dans ce roman, des personnages les plus récurrents comme les personnages ponctuels. Ce style rend compte des doutes et des failles de chacun, de les voir sous un nouvel angle, de les comprendre, de les rendre humain.

Les histoires de famille ont souvent ce petit quelque chose qui me touche. Entre ciel et Lou n’échappe pas à la règle. J’aurais le plaisir de le présenter lors d’une animation en librairie, tout comme Les oubliés du dimanche. Sans cette opportunité, je ne me serais peut-être pas attardée sur ces romans.

Ma note: 4/5

« Aimer un enfant, c’est faire le deuil de l’enfant rêvé, fantasmé, c’est l’accepter tel qu’il est, pas tel que nous le souhaiterions. Tu n’aurais pas choisi Cyrian comme ami. Mais c’est notre fils, Jo. C’est ton fils et il te ressemble. »

« On voulait faire le GR 20, se marier, avoir des enfants, on voulait prendre une année sabbatique à Groix pour aider la communauté avant d’enfiler nos uniformes de polytechniciens et de coiffer nos bicornes à cocarde. Mais mon amoureux s’est barré la queue entre les jambes. Alors j’étreins d’autres hommes. Je chéris Pomme. Je me gare gratos sur les places pour handicapés. Les gens s’effacent devant moi dans les files d’attente. »

Un petit goût de noisette de Vanyda

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Quatrième de couverture:

Quel est le cri de l’ours en néerlandais ?
Qu’est-ce qu’un moment parfait ?
Est-ce qu’on leur tous les soirs
pour renaitre le lendemain matin ?

Et si on était tous des écureuils
à la recherche de la plus belle noisette ?!

Mon avis:

Des petites histoires toutes imbriquées les unes dans les autres où l’amour est au centre des esprits. Une enfant fascinée par son voisin étudiant. Une jeune femme qui retrouve son amour de jeunesse, qui en aime une autre. Une femme entichée d’un homme déjà pris. Un homme qui rate toujours le coche lorsqu’il est question d’amour, un autre qui n’y croit plus…

Voici une ribambelle de personnages dont Vanyda nous dessine le quotidien. Des hommes et des femmes perdus dans leurs tourments affectifs qui rêvent de passion et de tendresse. Des histoires de rencontres, de patience, de confiance et d’espoir.

Le trait de l’auteure raconte à merveille ses tranches de vie. Des illustrations dont le noir et blanc est rehaussé d’une touche de couleur vibrante, symbole d’un personnage particulier. Chaque visage m’a touchée, et plus précisément, les profils des différents personnages, que j’ai trouvé simplement émouvants.

Une bande dessinée prise par hasard dans les rayons de la bibliothèque, après avoir lu un bien joli billet chez Moka. Son avis poétique ici.

Ma note: 4,5/5

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Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

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Quatrième de couverture:

Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d’autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d’apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre jusqu’au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu’on ne sait jamais rien de ceux que l’on connaît.

À la fois drôle et mélancolique, Les oubliés du dimanche est un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes.

Mon avis:

Un roman que j’ai découvert sur le très joli blog Carnet Parisien… Je l’ai choisi pour une animation que j’organise pendant mon stage en librairie. Au début du mois de juin, je vais parler de trois romans à un petit comité curieux autour de quelques gourmandises. Voici le premier de la liste !

Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite dans la petite ville de Milly. Elle y vit une vie toute simple auprès de son grand-père taiseux, d’une grand-mère avare en câlins et Jules qu’elle considère comme son frère depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture. Lorsqu’elle va mal, Justine va se déhancher sur la piste du Paradis, baiser avec Je-ne-sais-plus-comment ou fait des heures supplémentaires aux Hortensias. Elle aime écouter les résidents lui raconter leur vie d’avant, celle où il se sentait vivant, un instant elle oublie la sienne. L’une des résidentes la touche particulièrement, Hélène. Hélène est sur une plage et elle attend Lucien et sa fille partis se baigner. Dans son petit cahier bleu, Justine note toute la vie d’Hélène, sa rencontre avec Lucien, le café du père Louis, la guerre, Simon, Edna et Rose…

C’est l’histoire de deux femmes qui s’apportent mutuellement. Justine, sa bienveillance et sa générosité entourent Hélène et ses proches. Elle reste forte et lucide, son personnage a su me toucher tant il m’a semblé vrai. Hélène lui donne le courage nécessaire pour affronter le silence de ses grands-parents, les non-dits qui entourent la mort de ses parents, les clés de son histoire. J’ai aimé ce roman riche en humanité, où la famille et l’amour sont au cœur des histoires. S’il est marqué d’émotion et de mélancolie, le livre de Valérie Perrin reste empli d’espoir, on y trouve même des pointes d’humour. Jamais larmoyant, ce livre est un véritable réconfort où il est bon de se trouver. L’écriture est fluide et se laisser dévorer. Dommage qu’elle soit un peu trop simple, j’aurais aimé plus de caractère dans la plume de l’auteure.

Un joli récit riche en péripéties…

Ma note: 3,5/5

« Lucien pense que sa mère les a quittés lui et son père parce que ce n’est pas une vie de vivre auprès d’un aveugle. Qu’un jour ou l’autre, on a forcément envie de vivre avec quelqu’un qui vous regarde. »

« Pourquoi tu demandes à des cierges de t’apprendre à lire ? »

Abélard de Régis Hautière et Renaud Dillies

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« Personne n’est innocent ! On est tous coupables de quelque chose ! Hommes, femmes, tous ! Sauf peut-être les enfants. Mais les enfants sont des cons. »

Depuis qu’il a croisé la route de la ravissante Épilie, Abélard en a assez de la tranquillité du marais. Les parties de cartes, la pêche, c’est bien joli, mais ça ne vaut pas l’amour qui vient d’électrifier son petit corps. Il irait bien lui décrocher la lune à sa belle. Seul moyen de la séduire, paraît-il. Pour ça, le candide canari entreprend un voyage vers l’Amérique. Elle seule à la capacité de l’envoyer dans les étoiles.

Partir à l’aventure, voilà ce que promet l’amour au frêle Abélard. Lui, qui ne connait pas la réalité du monde, compose sa vie à partir des bouts de papier philosophiques qu’il trouve sous son chapeau. Des rencontres, il va en faire. Des bonnes et des moins bonnes. Mais il en faudrait bien plus pour le faire reculer. C’est sa vie qu’Abélard est en train de vivre…

Je crois que cette BD jeunesse est l’une des plus belles que j’ai pu lire. Il y a les dessins aux traits épais qui dessinent les contours de ces animaux extraordinaires. Ces couleurs chaudes qui font qu’on se sent un peu ailleurs, avant. Et des textes qui ne pourront laisser indifférents. C’est humain, c’est poétique, c’est beau. Je vous laisse le plaisir de vous y jeter. Elle vaut vraiment d’être lue. (surtout si comme moi vous finissez par la trouver au fond d’un bac oublié de la bibliothèque municipale…)

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« C’est joli, une étoile. Mais est-ce que ça vaut une fleur ? Et d’abord, ça sent quoi, une étoile ? Si ça se trouve, ça pue… »

Vous savez bien si vous avez lu le précédent tome, quelle rencontre rocambolesque a fait notre cher Abélard et vers quelle contrée lointaine se dirigent ce drôle de duo. Là encore, les yeux naïfs du petit canari vont se poser sur la dure réalité du monde. Pourtant, l’optimisme n’est plus vraiment à l’heure du jour. L’album se pare d’un voile sombre. Un tournant est en train de se faire… Et pourtant.

Je ne peux pas vous en dire plus, j’aimerais, mais ce serait dommage. Vous perdrez le plaisir de découvrir chaque nouvelle planche avec délectation, vous manquerez cette petite citation qui fait mouche, vous oublierez cette bande dessinée. Et oui, vraiment, ce serait dommage.

❤ ❤ ❤

Les blogs sont vraiment de chouettes choses… Merci Moka !

Les équinoxes de Cyril Pedrosa

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Quatrième de couverture:

– Mais peut-être que c’est pas si mal, tous ces doutes.
– Comment ça ?
– Ben, tu vois… ça crée un déséquilibre… mais qui met en mouvement.

Pendant les équinoxes, la durée du jour égale celle de la nuit, comme si le monde trouvait alors l’équilibre parfait entre l’ombre et la lumière. Un équilibre fugitif, semblable à l’enjeu de nos destinées humaines. Un récit en quatre tableaux, quatre saisons, traversées par des personnages de tous horizons géographiques ou origines sociales. Des êtres aux équilibres instables qui croiseront d’autres solitudes. Ils tisseront, les uns avec les autres, le fil ténu d’une conscience tourmentée par l’énigme du sens de la vie. Chaque saison a son identité graphique, chaque voix également. Auteur majeur de la bande dessinée contemporaine, Cyril Pedrosa signe ici une oeuvre polyphonique d’une intensité et d’une sensibilité narrative unique. Et jamais sans humour.

Mon avis:

Quatre saisons et une pléthore d’âmes esseulées.

Une photographe qui capture dans son objectif les solitudes, miroirs d’elle-même. Une adolescente qui grandit. Un homme à bout de souffle. Deux hommes à bout de souffle. Une élue. Des frères.

Vacillant entre chacune de ces vies, Cyril Pedrosa conte ces vies perdues qui se croisent et se mélangent, à l’image de la couverture. Automne. Hiver. Printemps. Été. Chacune des saisons à son art et sa technique pour créer des atmosphères toutes particulières. L’émotion est bien là. L’auteur capte l’instant avec justesse, l’humain est beau même dans ses erreurs.

À côté des planches, des textes. Le croisement d’un regard dans la rue et la vie du personnage nous est chuchotée. Étrangement, au lieu de me captiver, ses écrits m’ont parfois lassé et ont chagriné ma lecture. Mais, l’oeuvre reste magistralement orchestrée et me suivra longtemps. Un ouvrage intime dont j’ai compris la portée une fois la dernière page tournée…

Ma note: 4,5/5

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Attends Miyuki de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

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Quatrième de couverture:

Terre bleue et lune orange, le printemps s’habille pour sa première aube de l’année. Le jardin s’éveille et Miyuki, pieds nus, déjà levée, court en riant entre les travées. Vite vite, elle inspecte et s’assure que tout le monde est prêt. « Grand-Père, lève-toi, vite vite, lève-toi ! Le jour s’est réveillé avant toi ! »

Mon avis:

Un grand merci à Babelio et aux éditions La Martinière Jeunesse…

C’est le premier jour du printemps. Le jardin s’éveille en silence. Deux pieds nus déambulent entre les allées. La petite Miyuki, déjà réveillée, part saluer chacune des fleurs écloses. Mais patatras, l’une d’elles semble encore assommée par les nuits d’hiver et joue les prolongations. Son grand-père encore ensommeillé, la rassure, peut-être lui faut-il simplement l’eau la plus pure pour réveiller ses pétales si légers. Sans perdre de temps, Miyuki part à la recherche de cette eau si précieuse…

La petite fille impatiente et intrépide, qui n’en fait qu’à sa tête, ne passerait-elle pas à côté de ce joli jour qu’est le printemps ? N’oublie pas t-elle pas de regarder, d’écouter et de sentir la nature autour d’elle ? Tendre et sage, cet album ravira les petits comme les grands. Le texte poétique et délicat nous plonge dans une douce harmonie, tandis que les illustrations respirant le printemps sont aussi douces que les pétales d’une fleur.

Ma note: 5/5

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Pas assez pour faire une femme de Jeanne Benameur

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Quatrième de couverture:

À l’université dans les années 70 une jeune fille découvre la puissance formidable de l’amour.
D’un côté la joie qui emporte Judith vers Alain, le « meneur » convaincu de la lutte politique. de l’autre l’appartenance à une famille qui l’entrave, soumise à la tyrannie du père.
Ce roman est celui d’une tension.
Judith apprend à mettre en perspective sa « petite histoire » avec la grande, celle initiée par Mai 68. L’entrée dans le monde de la littérature, de la pensée et de l’action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu’où ?

Mon avis:

Dans les années soixante-dix, Judith rêve de liberté. Son entrée à la faculté de lettres lui offre une indépendance inespérée. Là-bas, elle rencontre Alain, étudiant un peu plus âgé qu’elle, rebelle révolutionnaire, aux convictions politiques très marquées. C’est le temps des grands bouleversements, l’université est sans dessus dessous depuis les remises en cause de Mai 68. Pour Judith, le temps est venu de devenir une femme, dans les bras d’Alain, elle découvre l’amour, l’autre. Mais, elle apprivoise aussi les mots, tous ceux qui ne sont pas dits chez elle, à cause d’un père à la main lourde.

Pas assez pour faire une femme est un roman simplement touchant. L’auteure fait preuve d’une justesse et d’une sensibilité envers le personnage qui pourrait rappeler nous-même… Qui n’a pas eu peur de grandir, de voir la vérité en face et d’être bien heureux quand une main tendue apparaît au bout du tunnel ? Le réconfort, Judith le retrouve dans la tendresse d’Alain, mais aussi dans la force que lui donnent ses lectures, elle parle philosophie, politique. Enfin, cette parole libérée, et petite Judith deviendra grande !

Ce court roman marque ma première rencontre avec l’écriture délicate et poétique de Jeanne Benameur… Encore une pile à lire qui va s’agrandir…

Ma note: 4/5

« Près d’Alain, son corps à lui contre le mien, ses mains qui tiennent les livres, sa voix qui m’explique l’oppression du monde, je prends force. Je prends force. »

« Quand je rentrais dans la maison de mes parents, je retrouvais l’atmosphère étouffante des lieux où la parole n’a aucune chance. »

Victoria rêve de Timothée de Fombelle

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Quatrième de couverture:

« Victoria voulait une vie d’aventures, une vie folle, une vie plus grande qu’elle. Et l’on disait tout autour d’elle : Victoria rêve. Mais depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l’impression d’une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ? »

Après « Tobie Lolness » et « Vango », Timothée de Fombelle dit ici la force de la lecture et de l’imaginaire aujourd’hui, envers et contre tout. C’est un petit livre sur les grands livres qui nous habitent.

Mon avis:

Victoria s’ennuie quelque peu à Chaise-sur-le-Pont, dans la cité des Aubépines. Sa sœur est d’une banalité désarmante et ses parents ne comprennent pas pourquoi elle passe son temps la tête dans les livres, seule échappatoire pour cette jeune collégienne.

À l’école, Victoria n’a pas d’amis, seul le petit Jo semble pouvoir dompter l’énergie de la jeune fille, et lorsque une série de disparitions et de bizarreries arrive dans la maison de son amie, il est le seul à oser mener l’enquête avec elle.

Entre stupeur et excitation, Victoria voit arriver ce qu’elle a toujours voulu. Une vie faite d’inattendu, d’aventures et de magie, à l’image des livres qu’elle emprunte à la bibliothèque ou qui bordent ses étagères.

Victoria rêve est un livre plein de tendresse. Parce qu’elle rêve d’une vie riche en folies, Victoria s’invente un monde imaginaire. À un certain égard, elle m’a rappelé la jeune Matilda de Roald Dahl. Si l’histoire a été à mon goût un poil trop courte pour me satisfaire complètement, la fin est d’une délicatesse sans nom et rien que pour cela j’irai voir de plus près le travail de Timothée de Fombelle, auteur immensément reconnu que je viens seulement de découvrir.

Je remercie le blog Folavrilivres pour son conseil de lecture et Claire du blog La Tête en Claire avec qui j’ai partagé cette lecture. Une première sur le blog, et j’espère pas la dernière ! Son article, par ici !

Ma note: 3,5/5

« Victoria pensait à tout ce qu’avait entendu cette horloge au fil de sa longue vie. Des disputes et des retrouvailles, des meurtres peut-être, des déclarations d’amour. L’horloge se retrouvait maintenant condamnée à supporter des bruits de couverts, des bavardages et les annonces météo de Chaise-sur-le-Pont. Si elle avait été cette horloge, Victoria savait qu’elle se serait déjà évadée. Ouvrir la fenêtre. Partir. Qui eût remarqué une horloge en fuite dans ces rues où personne ne regardait personne ? Enveloppée d’une cape noire, elle aurait sauté dans un train vers le sud. Elle ne serait plus jamais revenue. »

Envoyée spéciale de Jean Echenoz

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Quatrième de couverture:

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.

Mon avis:

Ça fait vingt fois que je me reprends à écrire cette chronique. Je me rends à l’évidence, je n’y arrive pas. Mes mots ne seraient pas à la hauteur du talent de Jean Echenoz. Pourtant, il faut que je vous parle de ce livre, qui à mes yeux est une prouesse littéraire.

Pour que vous ayez le plaisir de découvrir toute l’intrigue palpitante de ce roman, je vous laisse seulement avec la quatrième de couverture, mais il faut quand même que je vous donne des raisons de le découvrir. Les voici.

Si vous aimez les romans à l’intrigue improbable, courez-y.

Si vous aimez les narrateurs bavards qui ne lésinent pas sur les digressions hilarantes, lisez-le.

Si vous rêvez de découvrir Paris, la Creuse et la Corée du Nord dans un roman, faites vos valises.

Si vous aimez les équipes de bras cassés qui sont indéniablement attachants, emmitouflez-vous-y.

Si vous kiffez l’espionnage, les armes à feu et un peu l’amour, allez-y sans hésiter.

Si je ne vous ai pas encore convaincu, permettez-moi de glisser ici quelques extraits :

« Il marche en regardant ses pieds comme d’habitude, un peu de ce qui les environne et là tout l’y désole. Une carte à jouer perdue, par exemple, seule derrière le kiosque à journaux de la place Prosper-Goubaux. Ca n’a l’air de rien à première vue, une carte égarée, n’empêche que ça ruine la carrière et l’avenir d’une cinquantaine d’autres qui la pleurent sinon la maudissent, ne pouvant plus servir à rien, se retrouvant sans emploi à cause d’elle et sur le sort desquelles s’attriste Pélestor. »

« Laissé au salon, le téléphone n’aurait pas pu troubler le sommeil de Tausk qui, levé tard, aère d’abord sa chambre – l’un des grands défauts du sommeil, outre qu’il fait perdre un temps fou, étant qu’il ne sent pas très bon -, puis il essaie avec prudence de se souvenir de ses rêves, soulagé de ne s’en rappeler aucun. Et tant mieux, vraiment, car rien n’est ennuyeux comme les récits de rêve. Même s’ils ont l’air à première vue drôles, inventifs ou prémonitoires, leur prétention de film à grand spectacle est illusoire, leurs scénarios ne tiennent pas debout : voudrait-on les tourner que leur production coûterait une fortune en casting, figurants, constructions de décors, déplacements d’équipe et location de matériel – quand bien même de nos jours, grâce aux effets spéciaux, on peut faire beaucoup de choses en réduisant les coûts -, tout cela pour une audience à coup sûre nulle, sans retour sur investissement. Mauvaise idée. A de nombreux égards, le rêve est une arnaque. »

« Constance s’est retrouvée sans pouvoir bien disposer de son corps ni de ses pensées, a erré d’une pièce à l’autre sans savoir ce qu’elle allait y faire – comme il arrive quand vous revenez d’un long voyage avec la perspective confuse d’avoir beaucoup de choses à régler, ranger, mettre à jour et puis finalement non, rien, vous n’avez même pas envie de défaire votre valise, l’idée ne vous traverse même pas d’aller récupérer les mois de courrier, amoncelé chez le concierge, faute de mieux vous aller prendre une longue douche qui ne vous détend pas plus que ça, ne vous procure pas autant de plaisir que vous auriez cru. »

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Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? de Zidrou et Roger

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Quatrième de couverture:

Catherine a 72 ans. Elle est veuve. Son fils de 43 ans, Michel, vit encore avec elle. Il faut vous dire que Michel est handicapé suite à un accident de voiture. Permettez-nous de vous raconter par petites touches, par petites tranches de vie, le quotidien de cette héroïne. Permettez-nous de tenter de capturer ses sensations, ses émotions, de traduire en quelques pages une vie de sacrifice et d’amour. Une belle vie, en somme. Et, croyez-le ou non, en sa compagnie et celle de son fils, nous allons vivre de bons moments. De moins bons aussi, bien sûr. Mais n’est-ce pas le lot des héros que de souffrir ?…

Mon avis:

En regardant seulement la couverture, vous distinguerez un homme à l’envergure impressionnante. Si vous regardez ce personnage dans les yeux, vous oublierez sa carrure et verrez le visage d’un poupon. Inquiet et craintif. Finalement, ce roi de Prusse paraît étonnant.

Lorsqu’on retourne l’ouvrage, c’est une vieille dame qui apparaît, bien plus frêle que le personnage précédent, pourtant, elle affiche un sourire. Affectueux et déterminé.

Derrière lui, il y a elle.

Catherine, 72 ans, s’occupe de son fils Michel, 43 ans, après qu’un accident de voiture l’a rendu handicapé. Zidrou et Roger nous racontent les bons comme les moins bons moments de cette famille pas comme les autres. Avec simplicité, l’auteur évoque ses petits bonheurs du quotidien qui rendent les instants chaotiques moins pénibles. D’un moment de complicité intense avec son fils à une crise de rage pour un vêtement pas repassé, Catherine essuie les difficultés à grand renfort d’amour et de dévotion. En véritable héroïne ordinaire, elle donne toute son humanité à ce bijou du neuvième art.

Roger possède un coup de crayon très expressif qui, si au premier abord ne m’avait pas bottée plus que ça, a finalement réussi à emporter mon parti. Les couleurs sont chaudes et apaisantes, à l’image de la couverture.

Une nouvelle fois, je ne suis pas déçue par le talent de Zidrou et ne peux que chaudement vous recommander cette douce histoire de repriseuse de chaussettes…

Ma note: 4/5

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