Les Demeurées de Jeanne Benameur

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Quatrième de couverture:

La mère, La Varienne, c’est l’idiote du village. La petite, c’est Luce. Quelque chose en elle s’est arrêté. Pourtant, à deux, elles forment un bloc d’amour. Invicible. L’école menace cette fusion. L’institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l’enfant à l’ignorance, car le savoir est obligatoire. Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde ?
L’art de l’épure, quintessence d’émotion, tel est le secret des Demeurées. Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.

Mon avis:

Dans la maison de La Varienne, la tendresse ne s’exprime pas. Pas un mot, pas même un regard. Mais l’amour, bien là. Dans le village, c’est la maison de « la demeurée », ou des demeurées, car si la mère l’est, la fille l’est forcément. Stigmatisées, Luce et La Varienne, vivent à leur rythme, marqué par une musique régulière.

Pourtant, cette vie loin des rumeurs semble touchée à sa fin lorsque Luce doit entrer à l’école. La musique de leur quotidien commence à grésiller dès lors que le duo inséparable voit entrer dans la danse un troisième personnage. Mademoiselle Solange, l’institutrice prend son rôle à cœur, loin d’écouter le qu’en dira-t-on, elle a décidé qu’elle emmènerait tous ses élèves vers le savoir.

Mais Luce veut-elle apprendre ce que ne connait pas sa mère ? La rupture qu’engendre l’institutrice entre la mère et la fille n’est pas sans conséquence.

Un récit intime et poignant pour ma deuxième rencontre avec l’écriture de Jeanne Benameur. En moins de cent pages, l’auteure crée un univers particulier marqué par la musique de ses mots. Ces derniers sont âpres, mélancoliques. Le style ne se laisse pas facilement appréhender, c’est au lecteur de trouver sa place dans cette histoire. Dans cette histoire de famille qui questionne les limites de l’enseignement et l’accès au savoir. Les demeurées est un livre qui m’a profondément touchée, et encore plus car l’auteure explore toutes les facettes du mot « demeurée », lui donnant toute son humanité.

Merci Folavril pour le conseil de lecture, une nouvelle fois une très bonne recommandation !

Ma note: 4/5

« Elle croit en la vertu des choses faites en ordre et doucement. C’est toute sa vie, à Mademoiselle Solange, les mots et l’ordre des choses, et cette douceur sans limite qui lui appartient depuis qu’elle s’est retrouvée devant le regard des enfants. »

Saga de Tonino Benacquista

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Quatrième de couverture:

Mon avis:

Parfois, il y a des livres qu’on pioche de sa bibliothèque sans trop savoir pourquoi. Parce que ça fait longtemps qu’il y prend la poussière, parce qu’on ne cesse d’en parler et que la curiosité devient trop grande, parce qu’on en a envie, parce qu’on pense que c’est le moment, parce que. Parfois, on se trompe et parfois, pas. Saga, c’est ça. Un livre pris avant de partir, une histoire qui nous promet originalité et réjouissance. Il était l’heure que je le tente et ça a fonctionné.

J’ai été ravie de faire partie de l’équipe. Quatre scénaristes ratés, embauchés à la hâte pour répondre rapidement et à moindres frais à des quotas de productions télévisuelles françaises, sont chargés de donner naissance à un feuilleton prénommé Saga. On compte parmi eux, Louis, doyen de nos trublions, scénariste ayant connu son heure de gloire auprès du Maestro, aujourd’hui, il reste simplement rangé dans la catégorie has-been ; Jérome, porté par un désir de vengeance depuis qu’on lui a volé son succès, ne sait plus où dormir et comment payer les médicaments de son frère malade ; Mathilde a écrit des kilomètres d’histoires d’amour sans en vivre une seule véritable ; enfin, Marco, le narrateur, scénariste en herbe, ferait n’importe quoi pour voir son nom affiché au générique.

Bref, une équipe en bois mais peu importe ! Les seuls mots d’ordre sont de faire absolument n’importe quoi, tant que le budget reste raisonnable ! Diffusée de quatre à cinq heures du matin, si seuls les insomniaques voient les premiers épisodes, la série Saga n’a pas dit son dernier mot…

Saga est un roman où il est bon de prendre ses quartiers. On prend plaisir à s’attacher à ses personnages, à partager un café avec l’équipe en parlant de la dernière scène écrite. Comme eux, j’ai vu prendre vie ces destins et ces histoires et ai vraiment cru en ce feuilleton. L’idée d’insérer des passages du scénario y est pour beaucoup. J’ai souvent souri, des passages sont vraiment bien tournés, mais le tout reste fluide et agréable à lire. J’émets tout de même quelques réserves quant à la fin, qui m’a paru trop longue. J’aurais préféré qu’il y ait plus de mystère…

Un livre qui ne m’aurait peut-être pas fait le même effet à un autre moment… C’était le timing parfait !

Ma note: 4/5

« En y regardant de près, le travail du scénariste n’est pas très éloigné de celui du paranoïaque. Tous deux sont des scientifiques du soupçon, ils passent leur temps à anticiper sur les événements, imaginer le pire, et chercher des drames affreux derrière des détails anodins pour le reste du monde. »

Ninn, tome 1 : La ligne noire de Jean-Michel Darlot et Johan Pilet

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Quatrième de couverture:

– On t’a trouvée dans ton couffin sur un quai de la station Saint-Sulpice ! Pas dans la jungle !
– Elle change sans arrêt, ton histoire, tonton…

Mon avis:

Prenez votre ticket et descendez les marches du métro parisien. Suivez Ninn entre les différentes stations, entrez dans un monde que vous pensiez connaître…

Ninn vit avec ses deux tontons adoptifs RATPistes. Ils l’ont trouvé alors qu’elle était tout bébé dans un des souterrains. Depuis elle y passe ses journées, et ne jure que par ça. En plus d’être son lieu d’aventures, le métro parisien cache aussi le secret de ses origines.

Avec ses oncles, la gentille dame du kiosque, ce vieil homme qui chasse des papillons imaginaires et le tigre de papier, la petite fille en skate va se lancer dans une quête identitaire. Ninn est une enfant intrépide très attachante. Elle n’a pas froid aux yeux et on aime s’aventurer avec elle dans les tunnels du métro. Les décors sont précis, j’ai trouvé le lieu très original et aimé la façon dont mon imagination a été suscitée.

Bourrée de péripéties, de frissons et d’humour, cette histoire est une vraie pépite jeunesse. À quand la suite ?!

Ma note: 4,5/5

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Entre ciel et Lou de Lorraine Fouchet

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Quatrième de couverture:

Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait aux côtés de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le cœur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses vœux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !

Mon avis:

Un livre découvert sur le blog My Pretty Books, qui fourmille de belles idées de lecture. Merci pour ce joli moment de lecture !

À soixante ans, Jo vient de perdre l’amour de sa vie, Lou. L’épouse, la mère, la grand-mère, l’amie. Chaque personnage de cette histoire a perdu un petit quelque chose depuis que Lou est partie. Il faut dire que sous l’apparente carapace paisible, les mensonges et les non-dits sont monnaie courante dans cette famille. Un pilier s’en est allé. Lou l’avait bien compris, voilà pourquoi elle décide de lancer un dernier défi à son mari. Celui de se rapprocher de ses enfants, de les entendre pour qu’enfin ils se retrouvent.

Cyrian est tiraillé entre son épouse et son amante. Entre ses deux filles, Pomme et Charlotte. Entre l’image qu’il se donne et celui qu’il est vraiment.
Depuis que ce con de Patrice est parti, Sarah a mis en place une règle immuable, celle de ne jamais revoir un homme plus de deux fois. Mais…
Pomme et Charlotte, demi-soeurs différentes, cherchent leur place dans ce fatras familial.
Albane, la femme de Cyrian, enferme leur fille Charlotte dans une tour d’argent, paralysée par la peur. Refusant l’amour et l’abandon.

Jo, à sa manière, va s’immiscer dans la vie de ses enfants, de ses petites-filles, de sa belle-fille. Les comprendre pour les aider. Lou, de là où l’on se trouve après, voit les gens qu’elle aime se reconstruire, apprendre à vivre sans elle. Apprendre à s’aimer.

Entre ciel et Lou est un voyage en terre bretonne. Lorraine Fouchet nous fait embarquer en un lieu riche en traditions et recrée une atmosphère toute particulière à travers son écriture délicate. Entre le bourg et les falaises, nous distinguons ses personnages perdus dans leur quotidien. Emprunt de réel et de simplicité, les personnages sont irrémédiablement attachants. Je pense à Pomme, bien vive pour son âge. À Albane, quand nous apprenons son passé. Chaque personnage s’exprime dans ce roman, des personnages les plus récurrents comme les personnages ponctuels. Ce style rend compte des doutes et des failles de chacun, de les voir sous un nouvel angle, de les comprendre, de les rendre humain.

Les histoires de famille ont souvent ce petit quelque chose qui me touche. Entre ciel et Lou n’échappe pas à la règle. J’aurais le plaisir de le présenter lors d’une animation en librairie, tout comme Les oubliés du dimanche. Sans cette opportunité, je ne me serais peut-être pas attardée sur ces romans.

Ma note: 4/5

« Aimer un enfant, c’est faire le deuil de l’enfant rêvé, fantasmé, c’est l’accepter tel qu’il est, pas tel que nous le souhaiterions. Tu n’aurais pas choisi Cyrian comme ami. Mais c’est notre fils, Jo. C’est ton fils et il te ressemble. »

« On voulait faire le GR 20, se marier, avoir des enfants, on voulait prendre une année sabbatique à Groix pour aider la communauté avant d’enfiler nos uniformes de polytechniciens et de coiffer nos bicornes à cocarde. Mais mon amoureux s’est barré la queue entre les jambes. Alors j’étreins d’autres hommes. Je chéris Pomme. Je me gare gratos sur les places pour handicapés. Les gens s’effacent devant moi dans les files d’attente. »

Un petit goût de noisette de Vanyda

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Quatrième de couverture:

Quel est le cri de l’ours en néerlandais ?
Qu’est-ce qu’un moment parfait ?
Est-ce qu’on leur tous les soirs
pour renaitre le lendemain matin ?

Et si on était tous des écureuils
à la recherche de la plus belle noisette ?!

Mon avis:

Des petites histoires toutes imbriquées les unes dans les autres où l’amour est au centre des esprits. Une enfant fascinée par son voisin étudiant. Une jeune femme qui retrouve son amour de jeunesse, qui en aime une autre. Une femme entichée d’un homme déjà pris. Un homme qui rate toujours le coche lorsqu’il est question d’amour, un autre qui n’y croit plus…

Voici une ribambelle de personnages dont Vanyda nous dessine le quotidien. Des hommes et des femmes perdus dans leurs tourments affectifs qui rêvent de passion et de tendresse. Des histoires de rencontres, de patience, de confiance et d’espoir.

Le trait de l’auteure raconte à merveille ses tranches de vie. Des illustrations dont le noir et blanc est rehaussé d’une touche de couleur vibrante, symbole d’un personnage particulier. Chaque visage m’a touchée, et plus précisément, les profils des différents personnages, que j’ai trouvé simplement émouvants.

Une bande dessinée prise par hasard dans les rayons de la bibliothèque, après avoir lu un bien joli billet chez Moka. Son avis poétique ici.

Ma note: 4,5/5

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Tag : Qui a peur du grand méchant livre ?

GROUARF ARF ARF ! *voix d’outre tombe*

Entrée en matière tout en subtilité, pour ce tag « Qui a peur du grand méchant livre ? » J’ai gentiment été taguée par Folavril, blog que je ne présente plus tant vous savez que je l’aime beaucoup ! Merci encore !

Pour ce qui est du tag en lui-même, il s’agit de présenter cinq pavés d’au moins 600 pages qui nous font trembler les miches par sa masse volumique ! Et cinq petits livres de moins de 200 pages tout gentils, tout mignons.

Mes 5 gros livres impressionnants :

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Ulysse de James Joyce

En amatrice de la période d’entre-deux guerres, le roman de James Joyce a été maintes fois relevé dans mes lectures. Il y a quelques temps maintenant, j’avais osé l’acheter et même le commencer dans cette même foulée. Malheureusement, l’entrée en matière fut si rude qu’impossible de le continuer, je le mis de côté… Peut-être étais-je trop jeune pour l’aborder ? Il reste que je ne l’ai pas oublier et compte bien me relancer dans cette lecture ! Mais quand ?

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Belle du Seigneur de Albert Cohen

Il y a une grande culpabilité chez moi lorsque j’évoque Belle du Seigneur comme non lu. D’une part, c’est mon professeur de français qui me l’avait offert à la fin de mes années lycée. D’autre part, parce que je l’ai étudié dans le courant de l’année, et n’en voyant pas le bout, je l’ai (lui aussi mon dieu !) abandonné. Enfin, bien sûr c’est un classique que tout le monde se doit de lire (évidemment je ne fais rien comme tout le monde, c’est bien connu). Bref, là encore ce n’est pas l’envie qui manque, l’amour décortiquée d’une jolie plume, ça me dit beaucoup, mais suis-je prête à mettre mon énergie dans ses plus de 1000 pages ? Procrastination quand tu nous tient !

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Le choix de Sophie de William Styron

Voici un roman de ma bibliothèque, dont je ne sais pas vraiment de quoi il parle. Je me souviens qu’on me l’a donné, qu’il est très gros. Et voilà.

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La vérité sur l’Affaire Harry Québert de Joël Dicker

La vérité sur l’Affaire Harry Québert est un livre qui ne se présente plus. Comme je perds tous mes super-pouvoirs lorsque je rentre dans une librairie, je l’ai acheté, il y a quelques semaines (mois ?). Et pourtant, je ne l’ai toujours pas lu. Qu’est-ce que j’attends ? Franchement, je me le demande…

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Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

L’univers de Haruki Murakami est paraît-il très poétique. J’aimerais découvrir l’auteur avec Kafka sur le rivage. Et bien évidemment, je n’ai pas choisi le plus court !

Mes 5 gentils livres :

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Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce

À ce jour, l’une des plus belles pièces de théâtre qu’il m’était donné de lire est Juste la fin du monde. Un homme revient voir sa famille pour leur annoncer sa mort prochaine. Evidemment, ses retrouvailles vont surtout être le théâtre de querelles et de cris d’amour. Si l’intrigue est simple, la manière d’écrire de Lagarce est simplement exceptionnel. Un style sur le fil du rasoir, qui rend cette pièce plus que vrai. Si le théâtre n’est pas trop votre tasse de thé, Juste la fin du monde vient d’être adapté par le réalisateur québécois Xavier Dolan avec un casting assez dingue : Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Marion Cotillard… Le film est, d’ailleurs, en compétition au Festival de Cannes.

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Meurtres entre soeurs de Willa Marsh

Meurtres entre soeurs est un bijou d’humour anglais. Drôle et frais, j’en garde un merveilleux souvenir. Il est parfait pour les beaux jours qui arrivent…

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Le musée de la sirène de Cypora Petitjean-Cerf

Le musée de la sirène, c’est mon livre de bibliothèque. Quand je finissais les cours plus tôt, j’allais à la bibliothèque à deux pas de mon lycée, un jour j’y ai pioché ce livre parce que l’auteure avait un nom rigolo. Je ne l’ai jamais emprunté, je le continuais dès que j’avais du temps à passer à la bibliothèque. C’est l’histoire d’une femme qui vole la sirène d’un restaurant chinois. Les deux femmes se lient d’amitié, la sirène réapprenant à la jeune femme à vivre, à se faire confiance. Mais avoir une sirène chez soi, ce n’est pas élever un poisson rouge. Et du coup, je ne sais plus bien la morale de l’histoire…

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Un peu de Paris de Sempé

Pas de mots dans ce livre de Sempé, que de belles illustrations. Un Paris foisonnant et touffu, mais promis aucun désagrément.

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L’avortement de Richard Brautigan

Un bibliothécaire pas comme les autres qui accueille, jour et nuit, des manuscrits saugrenus et refusés. Un jour, une magnifique jeune femme vient déposer son oeuvre, elle n’est pas très bien dans sa peau. Ils tombent amoureux et un invité non attendu sonne à la porte. C’est l’histoire d’un avortement au Mexique. Comment un livre sur l’avortement peut-il être poétique ? Lisez L’avortement !

Bonne fin de semaine !

Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

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Quatrième de couverture:

Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d’autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d’apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre jusqu’au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu’on ne sait jamais rien de ceux que l’on connaît.

À la fois drôle et mélancolique, Les oubliés du dimanche est un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes.

Mon avis:

Un roman que j’ai découvert sur le très joli blog Carnet Parisien… Je l’ai choisi pour une animation que j’organise pendant mon stage en librairie. Au début du mois de juin, je vais parler de trois romans à un petit comité curieux autour de quelques gourmandises. Voici le premier de la liste !

Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite dans la petite ville de Milly. Elle y vit une vie toute simple auprès de son grand-père taiseux, d’une grand-mère avare en câlins et Jules qu’elle considère comme son frère depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture. Lorsqu’elle va mal, Justine va se déhancher sur la piste du Paradis, baiser avec Je-ne-sais-plus-comment ou fait des heures supplémentaires aux Hortensias. Elle aime écouter les résidents lui raconter leur vie d’avant, celle où il se sentait vivant, un instant elle oublie la sienne. L’une des résidentes la touche particulièrement, Hélène. Hélène est sur une plage et elle attend Lucien et sa fille partis se baigner. Dans son petit cahier bleu, Justine note toute la vie d’Hélène, sa rencontre avec Lucien, le café du père Louis, la guerre, Simon, Edna et Rose…

C’est l’histoire de deux femmes qui s’apportent mutuellement. Justine, sa bienveillance et sa générosité entourent Hélène et ses proches. Elle reste forte et lucide, son personnage a su me toucher tant il m’a semblé vrai. Hélène lui donne le courage nécessaire pour affronter le silence de ses grands-parents, les non-dits qui entourent la mort de ses parents, les clés de son histoire. J’ai aimé ce roman riche en humanité, où la famille et l’amour sont au cœur des histoires. S’il est marqué d’émotion et de mélancolie, le livre de Valérie Perrin reste empli d’espoir, on y trouve même des pointes d’humour. Jamais larmoyant, ce livre est un véritable réconfort où il est bon de se trouver. L’écriture est fluide et se laisser dévorer. Dommage qu’elle soit un peu trop simple, j’aurais aimé plus de caractère dans la plume de l’auteure.

Un joli récit riche en péripéties…

Ma note: 3,5/5

« Lucien pense que sa mère les a quittés lui et son père parce que ce n’est pas une vie de vivre auprès d’un aveugle. Qu’un jour ou l’autre, on a forcément envie de vivre avec quelqu’un qui vous regarde. »

« Pourquoi tu demandes à des cierges de t’apprendre à lire ? »

Abélard de Régis Hautière et Renaud Dillies

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« Personne n’est innocent ! On est tous coupables de quelque chose ! Hommes, femmes, tous ! Sauf peut-être les enfants. Mais les enfants sont des cons. »

Depuis qu’il a croisé la route de la ravissante Épilie, Abélard en a assez de la tranquillité du marais. Les parties de cartes, la pêche, c’est bien joli, mais ça ne vaut pas l’amour qui vient d’électrifier son petit corps. Il irait bien lui décrocher la lune à sa belle. Seul moyen de la séduire, paraît-il. Pour ça, le candide canari entreprend un voyage vers l’Amérique. Elle seule à la capacité de l’envoyer dans les étoiles.

Partir à l’aventure, voilà ce que promet l’amour au frêle Abélard. Lui, qui ne connait pas la réalité du monde, compose sa vie à partir des bouts de papier philosophiques qu’il trouve sous son chapeau. Des rencontres, il va en faire. Des bonnes et des moins bonnes. Mais il en faudrait bien plus pour le faire reculer. C’est sa vie qu’Abélard est en train de vivre…

Je crois que cette BD jeunesse est l’une des plus belles que j’ai pu lire. Il y a les dessins aux traits épais qui dessinent les contours de ces animaux extraordinaires. Ces couleurs chaudes qui font qu’on se sent un peu ailleurs, avant. Et des textes qui ne pourront laisser indifférents. C’est humain, c’est poétique, c’est beau. Je vous laisse le plaisir de vous y jeter. Elle vaut vraiment d’être lue. (surtout si comme moi vous finissez par la trouver au fond d’un bac oublié de la bibliothèque municipale…)

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« C’est joli, une étoile. Mais est-ce que ça vaut une fleur ? Et d’abord, ça sent quoi, une étoile ? Si ça se trouve, ça pue… »

Vous savez bien si vous avez lu le précédent tome, quelle rencontre rocambolesque a fait notre cher Abélard et vers quelle contrée lointaine se dirigent ce drôle de duo. Là encore, les yeux naïfs du petit canari vont se poser sur la dure réalité du monde. Pourtant, l’optimisme n’est plus vraiment à l’heure du jour. L’album se pare d’un voile sombre. Un tournant est en train de se faire… Et pourtant.

Je ne peux pas vous en dire plus, j’aimerais, mais ce serait dommage. Vous perdrez le plaisir de découvrir chaque nouvelle planche avec délectation, vous manquerez cette petite citation qui fait mouche, vous oublierez cette bande dessinée. Et oui, vraiment, ce serait dommage.

❤ ❤ ❤

Les blogs sont vraiment de chouettes choses… Merci Moka !

Les équinoxes de Cyril Pedrosa

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Quatrième de couverture:

– Mais peut-être que c’est pas si mal, tous ces doutes.
– Comment ça ?
– Ben, tu vois… ça crée un déséquilibre… mais qui met en mouvement.

Pendant les équinoxes, la durée du jour égale celle de la nuit, comme si le monde trouvait alors l’équilibre parfait entre l’ombre et la lumière. Un équilibre fugitif, semblable à l’enjeu de nos destinées humaines. Un récit en quatre tableaux, quatre saisons, traversées par des personnages de tous horizons géographiques ou origines sociales. Des êtres aux équilibres instables qui croiseront d’autres solitudes. Ils tisseront, les uns avec les autres, le fil ténu d’une conscience tourmentée par l’énigme du sens de la vie. Chaque saison a son identité graphique, chaque voix également. Auteur majeur de la bande dessinée contemporaine, Cyril Pedrosa signe ici une oeuvre polyphonique d’une intensité et d’une sensibilité narrative unique. Et jamais sans humour.

Mon avis:

Quatre saisons et une pléthore d’âmes esseulées.

Une photographe qui capture dans son objectif les solitudes, miroirs d’elle-même. Une adolescente qui grandit. Un homme à bout de souffle. Deux hommes à bout de souffle. Une élue. Des frères.

Vacillant entre chacune de ces vies, Cyril Pedrosa conte ces vies perdues qui se croisent et se mélangent, à l’image de la couverture. Automne. Hiver. Printemps. Été. Chacune des saisons à son art et sa technique pour créer des atmosphères toutes particulières. L’émotion est bien là. L’auteur capte l’instant avec justesse, l’humain est beau même dans ses erreurs.

À côté des planches, des textes. Le croisement d’un regard dans la rue et la vie du personnage nous est chuchotée. Étrangement, au lieu de me captiver, ses écrits m’ont parfois lassé et ont chagriné ma lecture. Mais, l’oeuvre reste magistralement orchestrée et me suivra longtemps. Un ouvrage intime dont j’ai compris la portée une fois la dernière page tournée…

Ma note: 4,5/5

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Attends Miyuki de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

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Quatrième de couverture:

Terre bleue et lune orange, le printemps s’habille pour sa première aube de l’année. Le jardin s’éveille et Miyuki, pieds nus, déjà levée, court en riant entre les travées. Vite vite, elle inspecte et s’assure que tout le monde est prêt. « Grand-Père, lève-toi, vite vite, lève-toi ! Le jour s’est réveillé avant toi ! »

Mon avis:

Un grand merci à Babelio et aux éditions La Martinière Jeunesse…

C’est le premier jour du printemps. Le jardin s’éveille en silence. Deux pieds nus déambulent entre les allées. La petite Miyuki, déjà réveillée, part saluer chacune des fleurs écloses. Mais patatras, l’une d’elles semble encore assommée par les nuits d’hiver et joue les prolongations. Son grand-père encore ensommeillé, la rassure, peut-être lui faut-il simplement l’eau la plus pure pour réveiller ses pétales si légers. Sans perdre de temps, Miyuki part à la recherche de cette eau si précieuse…

La petite fille impatiente et intrépide, qui n’en fait qu’à sa tête, ne passerait-elle pas à côté de ce joli jour qu’est le printemps ? N’oublie pas t-elle pas de regarder, d’écouter et de sentir la nature autour d’elle ? Tendre et sage, cet album ravira les petits comme les grands. Le texte poétique et délicat nous plonge dans une douce harmonie, tandis que les illustrations respirant le printemps sont aussi douces que les pétales d’une fleur.

Ma note: 5/5

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