Pas assez pour faire une femme de Jeanne Benameur

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Quatrième de couverture:

À l’université dans les années 70 une jeune fille découvre la puissance formidable de l’amour.
D’un côté la joie qui emporte Judith vers Alain, le « meneur » convaincu de la lutte politique. de l’autre l’appartenance à une famille qui l’entrave, soumise à la tyrannie du père.
Ce roman est celui d’une tension.
Judith apprend à mettre en perspective sa « petite histoire » avec la grande, celle initiée par Mai 68. L’entrée dans le monde de la littérature, de la pensée et de l’action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu’où ?

Mon avis:

Dans les années soixante-dix, Judith rêve de liberté. Son entrée à la faculté de lettres lui offre une indépendance inespérée. Là-bas, elle rencontre Alain, étudiant un peu plus âgé qu’elle, rebelle révolutionnaire, aux convictions politiques très marquées. C’est le temps des grands bouleversements, l’université est sans dessus dessous depuis les remises en cause de Mai 68. Pour Judith, le temps est venu de devenir une femme, dans les bras d’Alain, elle découvre l’amour, l’autre. Mais, elle apprivoise aussi les mots, tous ceux qui ne sont pas dits chez elle, à cause d’un père à la main lourde.

Pas assez pour faire une femme est un roman simplement touchant. L’auteure fait preuve d’une justesse et d’une sensibilité envers le personnage qui pourrait rappeler nous-même… Qui n’a pas eu peur de grandir, de voir la vérité en face et d’être bien heureux quand une main tendue apparaît au bout du tunnel ? Le réconfort, Judith le retrouve dans la tendresse d’Alain, mais aussi dans la force que lui donnent ses lectures, elle parle philosophie, politique. Enfin, cette parole libérée, et petite Judith deviendra grande !

Ce court roman marque ma première rencontre avec l’écriture délicate et poétique de Jeanne Benameur… Encore une pile à lire qui va s’agrandir…

Ma note: 4/5

« Près d’Alain, son corps à lui contre le mien, ses mains qui tiennent les livres, sa voix qui m’explique l’oppression du monde, je prends force. Je prends force. »

« Quand je rentrais dans la maison de mes parents, je retrouvais l’atmosphère étouffante des lieux où la parole n’a aucune chance. »

Victoria rêve de Timothée de Fombelle

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Quatrième de couverture:

« Victoria voulait une vie d’aventures, une vie folle, une vie plus grande qu’elle. Et l’on disait tout autour d’elle : Victoria rêve. Mais depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l’impression d’une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ? »

Après « Tobie Lolness » et « Vango », Timothée de Fombelle dit ici la force de la lecture et de l’imaginaire aujourd’hui, envers et contre tout. C’est un petit livre sur les grands livres qui nous habitent.

Mon avis:

Victoria s’ennuie quelque peu à Chaise-sur-le-Pont, dans la cité des Aubépines. Sa sœur est d’une banalité désarmante et ses parents ne comprennent pas pourquoi elle passe son temps la tête dans les livres, seule échappatoire pour cette jeune collégienne.

À l’école, Victoria n’a pas d’amis, seul le petit Jo semble pouvoir dompter l’énergie de la jeune fille, et lorsque une série de disparitions et de bizarreries arrive dans la maison de son amie, il est le seul à oser mener l’enquête avec elle.

Entre stupeur et excitation, Victoria voit arriver ce qu’elle a toujours voulu. Une vie faite d’inattendu, d’aventures et de magie, à l’image des livres qu’elle emprunte à la bibliothèque ou qui bordent ses étagères.

Victoria rêve est un livre plein de tendresse. Parce qu’elle rêve d’une vie riche en folies, Victoria s’invente un monde imaginaire. À un certain égard, elle m’a rappelé la jeune Matilda de Roald Dahl. Si l’histoire a été à mon goût un poil trop courte pour me satisfaire complètement, la fin est d’une délicatesse sans nom et rien que pour cela j’irai voir de plus près le travail de Timothée de Fombelle, auteur immensément reconnu que je viens seulement de découvrir.

Je remercie le blog Folavrilivres pour son conseil de lecture et Claire du blog La Tête en Claire avec qui j’ai partagé cette lecture. Une première sur le blog, et j’espère pas la dernière ! Son article, par ici !

Ma note: 3,5/5

« Victoria pensait à tout ce qu’avait entendu cette horloge au fil de sa longue vie. Des disputes et des retrouvailles, des meurtres peut-être, des déclarations d’amour. L’horloge se retrouvait maintenant condamnée à supporter des bruits de couverts, des bavardages et les annonces météo de Chaise-sur-le-Pont. Si elle avait été cette horloge, Victoria savait qu’elle se serait déjà évadée. Ouvrir la fenêtre. Partir. Qui eût remarqué une horloge en fuite dans ces rues où personne ne regardait personne ? Enveloppée d’une cape noire, elle aurait sauté dans un train vers le sud. Elle ne serait plus jamais revenue. »

Envoyée spéciale de Jean Echenoz

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Quatrième de couverture:

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.

Mon avis:

Ça fait vingt fois que je me reprends à écrire cette chronique. Je me rends à l’évidence, je n’y arrive pas. Mes mots ne seraient pas à la hauteur du talent de Jean Echenoz. Pourtant, il faut que je vous parle de ce livre, qui à mes yeux est une prouesse littéraire.

Pour que vous ayez le plaisir de découvrir toute l’intrigue palpitante de ce roman, je vous laisse seulement avec la quatrième de couverture, mais il faut quand même que je vous donne des raisons de le découvrir. Les voici.

Si vous aimez les romans à l’intrigue improbable, courez-y.

Si vous aimez les narrateurs bavards qui ne lésinent pas sur les digressions hilarantes, lisez-le.

Si vous rêvez de découvrir Paris, la Creuse et la Corée du Nord dans un roman, faites vos valises.

Si vous aimez les équipes de bras cassés qui sont indéniablement attachants, emmitouflez-vous-y.

Si vous kiffez l’espionnage, les armes à feu et un peu l’amour, allez-y sans hésiter.

Si je ne vous ai pas encore convaincu, permettez-moi de glisser ici quelques extraits :

« Il marche en regardant ses pieds comme d’habitude, un peu de ce qui les environne et là tout l’y désole. Une carte à jouer perdue, par exemple, seule derrière le kiosque à journaux de la place Prosper-Goubaux. Ca n’a l’air de rien à première vue, une carte égarée, n’empêche que ça ruine la carrière et l’avenir d’une cinquantaine d’autres qui la pleurent sinon la maudissent, ne pouvant plus servir à rien, se retrouvant sans emploi à cause d’elle et sur le sort desquelles s’attriste Pélestor. »

« Laissé au salon, le téléphone n’aurait pas pu troubler le sommeil de Tausk qui, levé tard, aère d’abord sa chambre – l’un des grands défauts du sommeil, outre qu’il fait perdre un temps fou, étant qu’il ne sent pas très bon -, puis il essaie avec prudence de se souvenir de ses rêves, soulagé de ne s’en rappeler aucun. Et tant mieux, vraiment, car rien n’est ennuyeux comme les récits de rêve. Même s’ils ont l’air à première vue drôles, inventifs ou prémonitoires, leur prétention de film à grand spectacle est illusoire, leurs scénarios ne tiennent pas debout : voudrait-on les tourner que leur production coûterait une fortune en casting, figurants, constructions de décors, déplacements d’équipe et location de matériel – quand bien même de nos jours, grâce aux effets spéciaux, on peut faire beaucoup de choses en réduisant les coûts -, tout cela pour une audience à coup sûre nulle, sans retour sur investissement. Mauvaise idée. A de nombreux égards, le rêve est une arnaque. »

« Constance s’est retrouvée sans pouvoir bien disposer de son corps ni de ses pensées, a erré d’une pièce à l’autre sans savoir ce qu’elle allait y faire – comme il arrive quand vous revenez d’un long voyage avec la perspective confuse d’avoir beaucoup de choses à régler, ranger, mettre à jour et puis finalement non, rien, vous n’avez même pas envie de défaire votre valise, l’idée ne vous traverse même pas d’aller récupérer les mois de courrier, amoncelé chez le concierge, faute de mieux vous aller prendre une longue douche qui ne vous détend pas plus que ça, ne vous procure pas autant de plaisir que vous auriez cru. »

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Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? de Zidrou et Roger

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Quatrième de couverture:

Catherine a 72 ans. Elle est veuve. Son fils de 43 ans, Michel, vit encore avec elle. Il faut vous dire que Michel est handicapé suite à un accident de voiture. Permettez-nous de vous raconter par petites touches, par petites tranches de vie, le quotidien de cette héroïne. Permettez-nous de tenter de capturer ses sensations, ses émotions, de traduire en quelques pages une vie de sacrifice et d’amour. Une belle vie, en somme. Et, croyez-le ou non, en sa compagnie et celle de son fils, nous allons vivre de bons moments. De moins bons aussi, bien sûr. Mais n’est-ce pas le lot des héros que de souffrir ?…

Mon avis:

En regardant seulement la couverture, vous distinguerez un homme à l’envergure impressionnante. Si vous regardez ce personnage dans les yeux, vous oublierez sa carrure et verrez le visage d’un poupon. Inquiet et craintif. Finalement, ce roi de Prusse paraît étonnant.

Lorsqu’on retourne l’ouvrage, c’est une vieille dame qui apparaît, bien plus frêle que le personnage précédent, pourtant, elle affiche un sourire. Affectueux et déterminé.

Derrière lui, il y a elle.

Catherine, 72 ans, s’occupe de son fils Michel, 43 ans, après qu’un accident de voiture l’a rendu handicapé. Zidrou et Roger nous racontent les bons comme les moins bons moments de cette famille pas comme les autres. Avec simplicité, l’auteur évoque ses petits bonheurs du quotidien qui rendent les instants chaotiques moins pénibles. D’un moment de complicité intense avec son fils à une crise de rage pour un vêtement pas repassé, Catherine essuie les difficultés à grand renfort d’amour et de dévotion. En véritable héroïne ordinaire, elle donne toute son humanité à ce bijou du neuvième art.

Roger possède un coup de crayon très expressif qui, si au premier abord ne m’avait pas bottée plus que ça, a finalement réussi à emporter mon parti. Les couleurs sont chaudes et apaisantes, à l’image de la couverture.

Une nouvelle fois, je ne suis pas déçue par le talent de Zidrou et ne peux que chaudement vous recommander cette douce histoire de repriseuse de chaussettes…

Ma note: 4/5

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Le tableau de Marion Fayolle

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Vivre une vie amoureuse avec une femme peinte sur un tableau, n’est pas chose facile. Mais pour la libérer de la menaçante panthère, « il » n’hésite pas à la sortir du cadre.

Vivre une vie amoureuse avec une femme qui fait trois fois sa taille, n’est pas chose facile. La petite maison de l’amoureux ne convient pas à la jeune femme, elle ne passe pas les portes, l’eau du bain lui efface la pâleur de sa peau.

Il faut se rendre à l’évidence, sa bien-aimée doit retourner dans son tableau. Les deux amants séparés sont bien malheureux.

Le tableau est une histoire d’amour originale. Parce-qu’il ne peut l’abandonner, l’amoureux ne cessera de trouver tout un tas de solutions rocambolesques pour garder près de lui sa bien-aimée. Même lorsqu’il ne pourra plus être avec elle, il lui restera fidèle.

Doux et mélancolique, le conte de Marion Fayolle touche notre petit cœur. Par ses illustrations singulières, enfantines mais en même temps pas tant que ça, l’auteure offre un album riche en poésie. Il pourrait n’y avoir aucun mot que le message passerait tout de même, le langage du corps se suffisant à lui-même.

C’est un univers tout à fait à part que je viens de découvrir, Marion Fayolle est un talent que je vais suivre de près.

Ma note: 4,5/5

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Tag : The Dragon Loyalty Award

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The Dragon Loyalty Award sera le premier tag de l’année 2016, alors je remercie charlitdeslivres d’avoir pensé à moi. Ses articles sont très bien écrits et j’admire sa rapidité de lecture, n’hésitez pas à faire un tour sur son blog pour lui emprunter des idées de lecture !

Pour le tag The Dragon Royalty Award, les nommés sont :

Folavrilivres, depuis que je tiens un blog, c’est celle qui m’a fait le plus craquer en librairie, et le pire c’est qu’on ne peut pas lui en vouloir, elle est si gentille !

La tête en claire, tout aussi gentille, nous fait découvrir pleins de jolis livres avec spontanéité !

Mangeons les livres, avec qui j’ai beaucoup de goûts en commun et notamment question BD !

Lectures Gourmandes, elle propose toujours des ouvrages qui m’interpellent, souvent sur la cause des femmes, sujet qui me plait depuis ces derniers temps !

Popcorn & Gibberish, j’aime beaucoup son blog et elle laisse toujours de gentils commentaires !

Petit Pingouin Vert, j’ai remarqué que la famille du Petit Pingouin Vert s’était agrandie et comme je suis curieuse !

Si jusque là tout paraissait simple, la suite de ce tag se complique dangereusement. Pour donner une idée du dégât, voici la consigne : Citez sept choses intéressantes à propos de moi. Haha cherchez l’erreur ! Je tiens d’avance à m’excuser si les sept points suivants vous sembleront insatisfaisants, inutiles, barbants ou les trois, promis j’aurais tout fait pour honorer ma nomination.

Petit un. J’adore les comédies musicales. Costumes, chorégraphies, chants, mises en scène, tout est fait pour que cela soit inoubliable. Un refrain qui reste en tête, une danse qui nous émeut. Ça me met de meilleur humeur lorsque je suis dans mes mauvais jours.

Petit deux. J’aimerais bien allée en Bretagne. C’est une atmosphère qui, je pense, me correspondrait, en tout cas j’en rêve beaucoup. Merci Claudie Gallay et ses Déferlantes

Petit trois. Je suis bordélique. J’empile, j’entasse, quand c’est trop lisse, ça m’agace.

Petit quatre. Je suis aussi timide, mais ça va mieux, enfin presque.

Petit cinq. Je voudrais lire toute l’oeuvre de Jean Anouilh.

Petit six. J’ai le permis depuis un an et demi, et je pense que si j’aurais la capacité de sortir de mon corps pour me voir conduire, je serai morte de rire.

Petit sept. La chanson qui m’évade en ce moment : https://www.youtube.com/watch?v=rVnZBiFQQ-I

Passez une bonne semaine, je vous embrasse !

La Splendeur dans l’herbe de Patrick Lapeyre

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Quatrième de couverture:

Au début, on dirait des ombres. Un homme et une femme parlent ensemble de ceux qui les ont trahis. Ils en parlent sans cesse, obsessionnellement, à chaque fois qu’ils se revoient. Jusqu’à ce que se noue entre eux, et presque malgré eux, une étrange relation amoureuse, dont l’accomplissement semble continuellement retardé. Comme si l’envoûtement de la conversation leur faisait oublier tout le reste.

Mon avis:

Sybil et Homer ont une raison toute particulière de se rencontrer : leurs conjoints respectifs s’en sont allé batifoler sur l’île de Chypre. Lors de leurs échanges, sous la chaleur écrasante de l’été, non loin de la capitale, le souvenir des deux ex est présent, comme des fantômes qui ne veulent pas partir. Au fil des jours, Sybil et Homer se rapprochent. Chacun apprivoisant la présence de l’autre, aucun n’essayant de troubler l’instant de complicité.

Ana, la mère du jeune Homer, est bien incomprise par son mari. Elle n’est pas faite pour le monde qu’il lui propose, celui où on ne peut pas penser par soi-même, donner son propre avis. Il n’était, pourtant, pas comme ça quand ils se sont mariés ? Homer, enfant, est un garçon angoissé et solitaire. Arno ne manque pas de mettre la faute sur son épouse et à remettre en cause son éducation. Mais qu’en est-il pour lui qui n’est jamais présent ?

Patrick Lapeyre offre un roman où le maitre mot pourrait être délicatesse (d’ailleurs à certains égards, il m’a rappelé le roman de David Foenkinos). Alternant les chapitres sur le duo Sybil/Homer et sur la mère d’Homer et ses années de jeune mariée, l’auteur dépeint une galerie de personnages qui n’hésitent pas à prendre le temps. Celui de se rencontrer, de se connaître et pourquoi pas de s’aimer ? Ces personnages trahis, doutant de leurs choix, maladroits, sont profondément humains.

Les jours défilent et se ressemblent, les phrases aussi, mais, la limpidité du récit colle parfaitement à cette lenteur qui parcourt les presque 400 pages du roman. Irrésistiblement attachant.

« Au fond, pense-t-elle, pendant qu’elle regarde les convois de péniches descendre le Rhin printanier, sa faiblesse, sa vraie faiblesse, ne tient pas au fait qu’elle serait déraisonnable, mais plutôt qu’elle ne l’est pas assez… Elle est trop soumise, trop soucieuse d’obtenir des certificats de bonne conduite de la part de son mari, au lieu de suivre sa voie et de vivre comme elle en a envie. C’est cela qui la dénature et la rend triste… Car si le jeu de la vie existe, se dit-elle, en reprenant une expression qu’elle a lu quelque part, on peut supposer qu’il faut la jouer jusqu’au bout. »

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Le bébé et le hérisson de Mathis

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Quatrième de couverture:

Pourquoi personne n’apprend aux hérissons à traverser la route ? Tout le monde s’en fout ou quoi ? Comme ces parents, si obnubilés par la télé et leurs jeux vidéo qu’ils délaissent Léo, le bébé de la famille. Heureusement, Guillaume et Manon sont là pour s’occuper de leur petit frère.

Mon avis:

En toute sobriété, sous une couverture immaculée aux touches géométriques pétillantes, se cache une jolie pépite. Un coup de coeur jeunesse qui n’a rien d’une histoire légère.

Jules et Manon ont leurs parents, qui parce que bébé pleure trop fort, mettent le couffin sur le palier. Des parents plutôt préoccupés par le programme télé ou le dernier jeu vidéo à la mode, qu’à offrir l’amour et la tendresse que réclament leurs enfants. Jules et Manon, qui ont grandi plus vite que prévu, veulent à tout prix protéger leur petit frère Léo, si vulnérable, comme ce hérisson sans vie, laissé sur le bord de la route.

Le bébé et le hérisson, c’est l’histoire d’une fratrie qui apprend à vivre sans ses parents dont l’immaturité et l’égoïsme ont triomphé sur le bon sens. Parce qu’ils ne leur donnent pas l’équilibre dont ils ont besoin quand on est si jeune, les trois enfants vont se créer leur propre bulle protectrice. Jules, Manon et Léo vont apprendre à s’aimer et s’entraider, à partager et se réconforter. Entre moments de répit et instants brutaux, on aimerait pouvoir offrir à ces trois mômes, le bonheur qu’ils méritent, mais déjà la quarante-septième et dernière page est arrivé et ils nous faut les laisser, à leur sort.

Un titre que j’ai découvert chez le joli blog de Noukette. Je vous invite également à lire l’article de La tête en claire sur les éditions Thierry Magnier.

Ma note: 5/5

Les Sauvages de Mélanie Rutten

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Quatrième de couverture:

C’était une nuit.

Deux ombres s’enfuirent de leur maison.

Tant de choses, la nuit, se réveillent.

C’étaient des sauvages.

C’était leur nuit.

Mon avis:

Alors qu’il fait nuit noire, discrètement pour ne pas réveiller la maisonnée endormie. Deux ombres s’enfuient, l’une de la maison de gauche, l’autre de la maison de droite. Silence. Ils embarquent sur un radeau et traversent les marécages pour entrer dans la forêt immergée.

Quand la voie est sauve, les deux ombres virevoltent, se cherchent, se chamaillent, bien contents d’avoir réussi leur échappée. La nuit leur appartient.

S’aventurant dans un tronc creux, les deux ombres retrouvent l’immense clairière resplendissante. Les sauvages sont là, créatures étranges mais rassurantes, qui prennent la main des enfants et les aident à grandir.

À vos pyjamas et lampes de poche, Mélanie Rutten nous invite dans une nuit singulière. Entre rêves engourdis et espoir du petit matin, nous voilà partis pour un voyage enchantée. Aquarelles éparses et alanguies, palettes resplendissantes et oniriques, on en prend plein les mirettes. L’univers de l’enfance est raconté avec tendresse et pudeur. Chaque enfant trouvera sa place dans ce petit monde où les créatures avoisinent celles de leurs rêves. Mais, les moins insouciants seront aussi charmés par la réminiscence d’une sensation qu’ils pensaient avoir oubliée… Après tout le temps des récrés et de la balle aux prisonniers, ce n’est pas si loin, non ?

L’article de Mokamilla bien plus évocateur que le mien ! Je te remercie grandement pour la découverte !

Ma note: 4/5

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Le Sculpteur de Scott McCloud

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Quatrième de couverture:

En mal d’inspiration, David Smith, jeune sculpteur torturé se voit proposer un pacte qui lui permettra de réaliser son rêve d’enfance : sculpter ce qu’il souhaite à mains nues.

Mais rien n’est éternel et tout a un prix. En échange de sa vie, il aura deux cents jours pour créer son OEuvre. Et il va le payer encore plus cher : au lancement du compte à rebours, il rencontre le grand amour… De quoi ébranler toutes ses certitudes.

Une interprétation moderne, implacable et poétique du mythe de Faust.

Mon avis:

Seul à une table de café, David Smith regarde ses mains. C’est le jour de ses vingt-six ans, le jour d’un bilan. Qu’a-t-il fait de son rêve d’enfant ?

Son rêve, c’est de vivre de son art, d’être reconnu, mais malgré un début prometteur, dans un monde où il est aussi question d’argent, David Smith tombe dans l’oubli. Alors qu’il rumine, une vieille connaissance entre dans le café, c’est son oncle Harry. Enfin, pas tout à fait…

« – Que donnerais-tu pour ton Art, David ?
– Je donnerais ma vie. »

La Mort se cache sous les traits d’Harry et lui propose un marché : David pourra créer tout ce qu’il souhaite de ces dix doigts, mais ne possèdera que de 200 jours pour créer son Oeuvre.

Cette bande dessinée semblait prometteuse, n’ayant lu que des critiques positives, j’ai pris mon billet pour les rues grouillantes de New-York, les yeux fermés. Pourtant, après plusieurs pages, je me rends compte que je passe à côté de l’histoire, ma lecture n’est plus plaisir. Pourquoi ? Certainement, mon absence d’empathie pour le personnage de David. Complètement obnubilé par son art, David en devient peu sympathique. Il préfère geindre qu’agir. C’est dommage, Scott McCloud offrait d’intéressantes réflexions sur l’art, la vie, la mort et le deuil, les rêves et les promesses…

J’avais aussi choisi cette bande dessinée pour l’ambiance qu’elle semblait dégager. Elle avait un côté comics qui changeait de mes habitudes de lecture, mais malgré les planches en noir et blanc rehaussées de bleu, les longueurs prennent le dessus.

C’est raté pour moi, mais qui sait si cette nouvelle adaptation du mythe de Faust ne marchera pas pour vous !

Ma note: 3/5

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