Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee

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Quatrième de couverture:

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès.
Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

Mon avis:

Dans les années 30, Scout et Jem vivent avec leur père Atticus Finch en Alabama, au Sud des États-Unis. Maycomb est une petite ville rurale et ségrégationniste qui voit sa tranquillité bouleversée par le procès de Tom Robinson. Ce dernier, accusé d’avoir violé une Blanche, n’a que sa couleur de peau pour preuve de sa culpabilité. Atticus Finch, avocat et commis d’office pour cette affaire, va tenter de le défendre, malgré les représailles.

Mais le procès semble presque secondaire dans le roman. En effet, j’ai été surprise de voir que l’intrigue autour de Tom Robinson n’arrivait réellement qu’à la moitié du récit, et nous laissait alors le temps d’apprivoiser la petite Scout, la narratrice. À hauteur d’enfant, elle raconte ses jeunes années : les après-midis à jouer avec son grand-frère Jem, l’imagination étonnante de leur voisin estival Dill, le mystère entourant « Boo » Radley, l’expérience de l’école, les échanges avec la cuisinière noire Calpurnia ou les soirées passées dans les bras d’Atticus apparaissent comme les péripéties ordinaires de l’enfance. Pourtant, Harper Lee montre à quel point ces joies et ces peines vont contribuer à la construction des enfants et à leur découverte de l’autre. En même temps, qu’elle décrit la famille Finch, l’autrice brosse le portrait des sud-américains de l’époque.

Ainsi, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur apparaît moins comme un roman sur la ségrégation qu’un récit d’apprentissage. Le procès de Tom Robinson met en lumière la fin de l’innocence et l’entrée dans le monde des adultes, l’incompréhension d’un jugement et un chemin encore long à parcourir pour une tolérance encore trop malmenée, même dans les années 60, à la publication du roman. Même aujourd’hui.

Un roman à lire, sans aucun doute.

Ma note: 4/5

Le coup de coeur de Petite Plume

« Il m’arrive de trouver que je suis un très mauvais père, mais ils n’ont que moi. Jem regarde d’abord comment je me comporte avant de regarder quelqu’un d’autre. J’ai essayé de vivre de façon à pouvoir soutenir son regard… si je me prêtais à ce genre de chose, franchement, je ne pourrais plus et, ce jour-là, je l’aurais perdu. Or, je ne veux pas les perdre, ni lui ni Scout, parce que je n’ai qu’eux. »

Pas assez pour faire une femme de Jeanne Benameur

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Quatrième de couverture:

À l’université dans les années 70 une jeune fille découvre la puissance formidable de l’amour.
D’un côté la joie qui emporte Judith vers Alain, le « meneur » convaincu de la lutte politique. de l’autre l’appartenance à une famille qui l’entrave, soumise à la tyrannie du père.
Ce roman est celui d’une tension.
Judith apprend à mettre en perspective sa « petite histoire » avec la grande, celle initiée par Mai 68. L’entrée dans le monde de la littérature, de la pensée et de l’action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu’où ?

Mon avis:

Dans les années soixante-dix, Judith rêve de liberté. Son entrée à la faculté de lettres lui offre une indépendance inespérée. Là-bas, elle rencontre Alain, étudiant un peu plus âgé qu’elle, rebelle révolutionnaire, aux convictions politiques très marquées. C’est le temps des grands bouleversements, l’université est sans dessus dessous depuis les remises en cause de Mai 68. Pour Judith, le temps est venu de devenir une femme, dans les bras d’Alain, elle découvre l’amour, l’autre. Mais, elle apprivoise aussi les mots, tous ceux qui ne sont pas dits chez elle, à cause d’un père à la main lourde.

Pas assez pour faire une femme est un roman simplement touchant. L’auteure fait preuve d’une justesse et d’une sensibilité envers le personnage qui pourrait rappeler nous-même… Qui n’a pas eu peur de grandir, de voir la vérité en face et d’être bien heureux quand une main tendue apparaît au bout du tunnel ? Le réconfort, Judith le retrouve dans la tendresse d’Alain, mais aussi dans la force que lui donnent ses lectures, elle parle philosophie, politique. Enfin, cette parole libérée, et petite Judith deviendra grande !

Ce court roman marque ma première rencontre avec l’écriture délicate et poétique de Jeanne Benameur… Encore une pile à lire qui va s’agrandir…

Ma note: 4/5

« Près d’Alain, son corps à lui contre le mien, ses mains qui tiennent les livres, sa voix qui m’explique l’oppression du monde, je prends force. Je prends force. »

« Quand je rentrais dans la maison de mes parents, je retrouvais l’atmosphère étouffante des lieux où la parole n’a aucune chance. »

Tout le monde est occupé de Christian Bobin

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« Ariane buvait beaucoup, dansait beaucoup et riait encore plus. Personne n’avait jamais réussi à l’éduquer, à lui apprendre les bonnes manières. Les bonnes manières sont des manières tristes. Ariane n’était pas douée pour la tristesse. Elle aimait et elle voulait. Le reste n’importait pas. Vivre est si bref. Donne-moi ce que j’aime. Je n’aime que la vérité. Donne-moi ce que tu es, laisse tomber ce que t’ont appris tes maîtres, oublie ce qu’il est convenable de faire. Telle était la magie d’Ariane : une rare plénitude d’être là, fraîche, simplifiée, simplifiante. Tu me prends, tu me laisses, mais surtout ne me fais pas la leçon, tu ne m’expliques pas comment il faudrait que je sois. »

Tout le monde est occupé, c’est vrai tout le monde est occupé à vivre. Ariane dépoussière les meubles, soulage les cœurs, et donne la vie. Rembrandt le chat intellectuel cherche à dévorer Van Gogh, le canari qui prend le soleil. La Vierge Marie va se dégourdir ses jambes de plâtre lorsqu’elle est lassée d’écouter les malheurs des uns et des autres. Monsieur Lucien philosophe. Manège dessine, dessine, dessine. Monsieur Gomez retrouve sa maman. Madame Carl la mauvaise. Et il y a aussi Tambour et puis Crevette.

Tout va bien. Tout va presque bien : il n’est pas tout à fait là. Et pour cause : il n’est pas il. Il, c’est elle. Ariane éclate de rire. Comme elle est drôle, la vie. Comme elle s’arrange pour nous surprendre. On attend un garçon et on accueille une fille. Dîtes-moi, qu’est-ce que ça change ? Rien. Absolument rien. C’est le même fou rire. La même fatigue soudaine et savoureuse.

Tout est poésie dans ce roman de Christian Bobin. Une femme qui tombe enceinte par un simple baiser et qui plus est pendant trois ans, un bébé qui ne ferme jamais les yeux, un autre qui gravite légèrement au-dessus du sol, l’auteur aborde la vie dans ce qu’elle a de plus exceptionnelle. Aimer, aimer, aimer. Chaque personnage a sa particularité, pourtant rien n’empêche à l’amour d’éclore. Avec légèreté et philosophie, les phrases se dégustent délicatement pour ne pas en perdre une miette. Les personnages doucement dingues sont très vite attachants.

« Je m’appelle Manège, j’ai neuf mois et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrez dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Dépliez la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d’une part, les coccinelles n’ont pas bon goût. D’autre part, les ronces brûlent. Enfin, les mères volent. Bref, rien que d’ordinaire. Il n’y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c’est pareil : il n’y a que des miracles dans ce monde. »

Ce livre, c’est une petite aparté. Original, ce petit livre ne plaira pas à tous, mais pour qui veut s’échapper en toute poésie doit embarquer dans ce petit monde fou.

Manège éclate de rire. Elle a le même rire que sa mère. Les enfants reçoivent leur héritage du vivant de leur parents. Ils héritent, sans passer par un notaire, de la voix, du rire ou des yeux de leurs parents.

Merci beaucoup Folavril pour cette découverte ! Je te dois mon premier coup de cœur de l’année !

Ma note : 5/5

Les vitamines du bonheur de Raymond Carver

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Quatrième de couverture:

« Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J’ai lu des trucs là-dessus. C’est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Ou alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis ? »

Mon avis:

Comme quoi errer sur les réseaux sociaux ne signifie pas toujours perdre son temps. Sans cela, je n’aurais peut-être jamais découvert les lignes de Raymond Carver.

Dans ces douze nouvelles, l’auteur s’introduit dans les maisons de la middle class, dans l’Amérique des années quatre-vingt, univers qu’il connaît bien. Raymond Carver raconte des moments de couple, de familles et surtout, la solitude. Les protagonistes ont tous une bouteille dans une main, une cigarette dans l’autre. Et la télévision qui marche en arrière-fond. Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Le chômage persiste, la solitude installée, les hommes résignés.

Le style de Raymond Carver, c’est tout ce que j’aime dans la littérature américaine, des phrases courtes et percutantes. L’auteur s’attarde sur les gestes de ses personnages, plus parlant que des dialogues. Il ne se passe pas grand chose dans ces histoires, seulement le temps qui défile, des tranches de vie racontées simplement. Un dîner chez des collègues de bureau, un frigo qui tombe en panne, la perte d’un enfant, des alcooliques dans un centre pour en finir, une soirée partagée avec un aveugle… Des récits de vie avec des événements qui changeront les personnages pour toujours ou au contraire, qui feront encore qu’ils subissent la vie. Si l’ensemble n’est pas très réjouissant, je n’ai jamais trouvé que le récit tombait dans le pathétique. D’ailleurs, certaines des nouvelles se terminent avec une note d’espoir ; la main tendue d’un pâtissier, un déménagement qui annonce peut-être le début d’une nouvelle vie.

Je ne manquerai pas de lire à nouveau Raymond Carver.

Ma note: 4,5/5

La nouvelle que j’ai préféré : Une petite douceur

« J’avais un boulot et Patti n’en avait pas. Je travaillais quelques heures, la nuit, à l’hôpital. Un job minable. Je bossais un peu, je signais le bulletin de présence quand j’avais fait mes huit heures, et j’allais boire un coup avec les infirmières. A un moment, Patti a voulu travailler. Elle disait qu’elle avait besoin de travailler pour garder sa dignité. Alors elle a commencé à faire du porte-à-porte pour vendre des vitamines. »

Un certain sourire de Françoise Sagan

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Quatrième de couverture:

En compagnie de son jeune amant Bertrand, Dominique, étudiante à la Sorbonne, connaît bien  » la petite couleur mauve de l’ennui « . Tout change lorsque Bertrand lui présente son oncle Luc, séduisant quadragénaire à la réputation légère. Près de lui, Dominique se sent tout à coup gaie et drôle, étrangement vivante, et accepte de le suivre pour quinze jours de vacances à Cannes. Que risque-t-elle ? S’attacher à cet homme frivole, un peu cynique, qui semble jouer avec elle ? Souffrir ensuite ? Et après ? Le plaisir, les rires, une complicité inattendue, cela ne vaut-il pas mieux que de s’ennuyer ? Tous les dangers guettent Dominique au bord de la Méditerranée. Elle ne sait pas encore comment on guérit d’un amour…

Mon avis:

Il y a longtemps que je voulais découvrir Françoise Sagan. Longtemps j’ai hésité à commencer par son premier roman et ai finalement opté pour celui-ci. La célébrité de Bonjour Tristesse ayant sans doute joué, j’ai préféré rencontrer pour une première, Un certain sourire, deuxième roman publié par Sagan, écrit à tout juste dix-neuf ans.

Dominique est étudiante à la Sorbonne, mais elle s’y ennuie. Elle voit souvent Bertrand, un garçon de son âge, pourtant elle ne l’aime pas. Elle rencontre Luc, oncle de Bertrand et séduisant homme d’âge mûr et il ne la laisse pas indifférente. Pourtant marié à Françoise, Luc entame une liaison avec Dominique et lui propose de partir à Cannes pour quinze jours. Ces deux êtres-là se ressemblent et se plaisent, pourquoi refuserait-elle cette invitation ? Plutôt que de s’ennuyer à Paris, pourquoi ne pas vivre cette passion, aussi brève soit-elle ?

Scénario classique pour ma première rencontre avec Sagan, tout est vu du point de vue de Dominique et c’est avec une justesse désarmante que l’auteur décrit les sentiments de son héroïne. Les moments intenses qu’elle partage avec Luc, les instants passés seule dans sa chambre, la complicité qu’elle partage avec Françoise, la tendresse de Bertrand, son enfance qui s’en va pour laisser place à l’âge adulte. Le roman est très court et pourtant, il m’a semblé connaître Dominique depuis toujours. Pour ma part, Dominique, c’est un de ses personnages dont on ne sait pourquoi, mais elle nous parle. On s’attache à elle malgré sa mélancolie permanente, satisfaite par rien hormis la promesse d’un rendez-vous avec Luc. Elle sait qu’il ne l’aime pas et pourtant… Les personnages secondaires sont pour le coup bien secondaires puisque pendant ma lecture je ne voyais que Dominique. Luc m’a parfois exaspéré mais, je n’ai pas réussi à le détester, j’ai eu de la peine pour Bertrand et je n’ai pas toujours comprise Françoise.

Cette histoire d’amour, bien qu’à plusieurs reprises malsaine, m’a terriblement plu. J’ai été charmée par le personnage de Sagan, à tel point que j’ai du mal à trouver les mots pour écrire cette critique. Et désormais, moi qui craignais de découvrir son premier roman, j’ai hâte !

Ma note: 4/5

Citations:

« Bertrand était mon premier amant. C’était sur lui que j’avais connu le parfum de mon propre corps. C’est toujours sur le corps des autres qu’on découvre le sien, sa longueur, son odeur, d’abord avec méfiance, puis avec reconnaissance. »

« Je pensais que je devais peut-être simuler quelque intérêt pour la profession de Luc, ce que je ne pensais jamais faire. J’aurais voulu demander aux gens : « Etes-vous amoureux ? Que lisez-vous ? », mais je ne m’inquiétais pas de leur profession… souvent primordiale à leurs yeux. »

Elle avait des rides assez sévères au coin des yeux. J’y posai mon index :
« Moi, je trouve ça merveilleux, dis-je tendrement. Toutes les nuits, tous les pays, tous les visages qu’il a fallu pour avoir ces deux minuscules petites lignes là…Vous y gagnez. Et puis ça donne l’air vivant. Et puis, je ne sais pas, moi, je trouve ça beau, expressif, troublant. J’ai horreur des têtes lisses. »

Seule la mer d’Amos Oz

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Quatrième de couverture:

Albert Danon est seul. Sa femme Nadia vient de mourir d’un cancer, et son fils Rico est parti pour le Tibet. Bettine, une vieille amie, veuve elle aussi, s’inquiète pour Albert. Surtout lorsque Dita, la petite amie de Rico, emménage chez lui.
Un certain Doubi Dombrov veut produire le scénario de Dita, mais il veut surtout Dita. Qui couche avec Guigui, en pensant à Albert, ou à Rico. Qui pense à sa mère, et ne veut pas rentrer du Tibet.

Un chassé-croisé de voix et d’histoires que le narrateur, affranchi de toute contrainte formelle, tisse, tout en nous parlant de lui, en un poème bouleversant qui se lit comme un roman – ou est-ce un roman qui se lit comme un poème ? – pour serrer au plus près la quintessence de nos vies, le désir, la nostalgie d’un bonheur perdu, la mort qui nous cueille.

Un livre inclassable d’une beauté sauvage, en un mot, une oeuvre inoubliable.

Mon avis:

Un roman dans un poème ? Ou bien alors un poème dans un roman ?

Moi qui ne m’y connais que très peu en poésie, j’ai été assez déconcertée par cet exercice de style. Un ensemble de petits poèmes en vers libres qui racontent une seule et même histoire, quelques passages, seulement, sont en prose.

Albert Danon vient de perdre sa femme Nadia d’un cancer, son fils Rico est parti au Tibet.
L’esprit de Nadia est toujours là, tantôt chez Albert, tantôt près de Rico. Narimi, narimi…
Rico est perdu, il se cherche, c’est pourquoi il part voyager loin de Tel-Aviv.
Dita Inbar, petite amie de Rico, a écrit le scénario L’amour de Nirit, Doubi Dombrov, le producteur, la confond avec le personnage principal. Qui Dita aime-t-elle ? Guigui, Rico, Albert ?
La veuve Bettine, collègue d’Albert, s’inquiète pour lui, Dita vient de s’installer chez lui.
Et dans ce méli-mélo, l’auteur-narrateur qui s’introduit, observe, se raconte avec en fond sonore, le bruit des vagues.

Des thèmes comme l’amour et le désir, la mort et le deuil, auxquelles s’imbriquent des références bibliques, composent cet ouvrage. Je suis curieuse d’en savoir plus…

J’ai aimé emporter ce livre avec moi, pouvoir le prendre et picorer quelques pages, ici ou là… Même si je ne suis pas certaine de garder un souvenir impérissable de l’histoire. Pour sûr, la beauté tient dans le style, seulement je n’ai pas réussi à en apprécier toutes les subtilités…

Ma note: 3/5

L’été quarante-six mon père et ma mère avaient loué pour les vacances une chambre
chez un tailleur à Bat-Yam. Une nuit, je fus réveillé par une quinte
de toux qui n’en était pas
une, c’était la première fois de ma vie que j’entendais un inconnu
pleurer de l’autre côté du mur. Il avait pleuré toute la nuit et moi,
éveillé, paniqué,
je n’avais pas osé bouger de crainte de réveiller mes parents
jusqu’à ce que le ciel blanchisse et que je me glisse sur le balcon ses
épaules tremblaient
un oiseau s’envola dans le silence de l’aube et l’homme le désigna en
disant n’y crois pas
petit. Cinquante ans ont passé et l’oiseau n’est plus,
ni l’homme. Ni mes parents. Seule la mer est encore là qui de bleue
est devenue grise elle aussi. N’y crois pas petit. Ou plutôt si. Crois-le. Qu’importe.

L’Alchimiste de Paulo Coelho

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Quatrième de couverture:

« Mon coeur craint de souffrir, dit le jeune homme à l’alchimiste, une nuit qu’ils regardaient le ciel sans lune.
– Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même.
Et qu’aucun coeur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves. »

L’Alchimiste est le récit d’une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Dans le désert, initié par l’alchimiste, il apprendra à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.
Destiné à l’enfant que chaque être cache en soi, L’Alchimiste est un merveilleux conte philosophique, que l’on compare souvent au Petit Prince, de Saint-Exupéry, et à Jonathan Livingston le Goéland, de Richard Bach.

Mon avis:

Alors que je vagabondais sur Babelio (comme souvent!), en survolant les critiques sur l’Alchimiste, j’ai remarqué que beaucoup d’avis négatifs ressortaient. Pourtant, moi, j’ai apprécié cette lecture. L’écriture est fluide et belle. Je suis totalement rentrée dedans, et j’ai adoré imaginer les paysages racontés, l’Andalousie, l’Egypte… C’est aussi ça apprécier, L’alchimiste non ? D’après moi, il n’y a pas que l’aspect philosophique qui compte dans ce livre.
Après, c’est vrai que certains passages insistent beaucoup sur la légende personnelle et cela peut devenir naïf pour certains, mais j’ai trouvé le personnage de Santiago, vrai. Son voyage, ses rencontres font ce qu’il est. Comme nous.
Et à en voir le monde dans lequel on vit, il n’y a pas de mal à rester positif !

Ma note: 5/5