Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

9782226317155-j

Quatrième de couverture:

Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d’autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d’apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s’écoutent, se révèlent l’une à l’autre jusqu’au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu’on ne sait jamais rien de ceux que l’on connaît.

À la fois drôle et mélancolique, Les oubliés du dimanche est un roman d’amours passées, présentes, inavouées… éblouissantes.

Mon avis:

Un roman que j’ai découvert sur le très joli blog Carnet Parisien… Je l’ai choisi pour une animation que j’organise pendant mon stage en librairie. Au début du mois de juin, je vais parler de trois romans à un petit comité curieux autour de quelques gourmandises. Voici le premier de la liste !

Justine est aide-soignante aux Hortensias, une maison de retraite dans la petite ville de Milly. Elle y vit une vie toute simple auprès de son grand-père taiseux, d’une grand-mère avare en câlins et Jules qu’elle considère comme son frère depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture. Lorsqu’elle va mal, Justine va se déhancher sur la piste du Paradis, baiser avec Je-ne-sais-plus-comment ou fait des heures supplémentaires aux Hortensias. Elle aime écouter les résidents lui raconter leur vie d’avant, celle où il se sentait vivant, un instant elle oublie la sienne. L’une des résidentes la touche particulièrement, Hélène. Hélène est sur une plage et elle attend Lucien et sa fille partis se baigner. Dans son petit cahier bleu, Justine note toute la vie d’Hélène, sa rencontre avec Lucien, le café du père Louis, la guerre, Simon, Edna et Rose…

C’est l’histoire de deux femmes qui s’apportent mutuellement. Justine, sa bienveillance et sa générosité entourent Hélène et ses proches. Elle reste forte et lucide, son personnage a su me toucher tant il m’a semblé vrai. Hélène lui donne le courage nécessaire pour affronter le silence de ses grands-parents, les non-dits qui entourent la mort de ses parents, les clés de son histoire. J’ai aimé ce roman riche en humanité, où la famille et l’amour sont au cœur des histoires. S’il est marqué d’émotion et de mélancolie, le livre de Valérie Perrin reste empli d’espoir, on y trouve même des pointes d’humour. Jamais larmoyant, ce livre est un véritable réconfort où il est bon de se trouver. L’écriture est fluide et se laisser dévorer. Dommage qu’elle soit un peu trop simple, j’aurais aimé plus de caractère dans la plume de l’auteure.

Un joli récit riche en péripéties…

Ma note: 3,5/5

« Lucien pense que sa mère les a quittés lui et son père parce que ce n’est pas une vie de vivre auprès d’un aveugle. Qu’un jour ou l’autre, on a forcément envie de vivre avec quelqu’un qui vous regarde. »

« Pourquoi tu demandes à des cierges de t’apprendre à lire ? »

Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff

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Quatrième de couverture:

A la fin des années 90, Joanna, qui vient de terminer ses études de lettres, s’installe à New York où elle a trouvé un poste d’assistante dans une grande agence littéraire. Chaque jour, elle quitte l’appartement minuscule et délabré qu’elle occupe à Brooklyn avec son petit-ami, Don, aspirant écrivain ténébreux et neurasthénique, pour se rendre en métro sur Madison avenue et retrouver l’antique dictaphone et la machine à écrire qui trônent encore sur son bureau. Mais aussi et surtout sa boss, une femme de tête fantasque et charismatique qui semble n’avoir d’autre préoccupation qu’un mystérieux Jerry…

Hommage à la ville de New York, des cafés bohèmes de Brooklyn aux terrasses et aux lofts du Lower East Side, Mon année Salinger est aussi un récit d’apprentissage subtil, émouvant et drôle : la trajectoire littéraire et sentimentale d’une jeune femme et sa rencontre avec Salinger.

Mon avis:

Récit autobiographique, Joanna Smith Rakoff revient sur son premier emploi à l’Agence. New-York, 1997, Joanna vient de terminer ses études littéraires, elle décroche un emploi à l’Agence, lieu désuet pas encore pollué par l’électronique. Son quotidien se résume à taper des lettres et notamment des lettres types en réponse à des admirateurs. Car, le gros client de l’Agence n’est autre que J. D. Salinger. Mais Joanna n’a encore jamais lu cet auteur et au départ ne se pose pas trop de questions…
Ce que j’aime dans les romans initiatiques, c’est l’évolution qui s’opère chez le personnage principal, de la première à la dernière page. Joanna va être profondément marquée par les œuvres de Salinger, mais aussi émue par les lettres de ses fans, la personne qu’il est. Elle va également s’affirmer face à son petit ami Don qui se pense écrivain avant même d’avoir écrit une ligne.
On assiste à l’éclosion d’une femme, et d’une future écrivaine. Même si ce ne fut pas une lecture exceptionnelle, la belle surprise est pour moi à la fin.
Je conseille ce roman à ceux et celles qui veulent lire un roman sans prise de tête et qui ont besoin d’un coup de pouce pour enfin découvrir les œuvres de Salinger (catégorie dont je fais partie !)

Ma note: 4/5

Citation:

« Peut-être qu’il va mourir, me dis-je. Peut-être qu’il se sent seul. Peut-être que maintenant, il veut attirer l’attention. Peut-être qu’il s’est aperçu que ce qu’il croyait vouloir, ce n’était pas du tout ce qu’il voulait. »