Jane, le renard et moi de Fanny Britt et Isabelle Arsenault

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« Je suis une saucisse de Toulouse. Un ballon de football. Un bébé truie. Une bouteille d’Orangina. Un coussin à fourchettes. Je fais fuir les garçons. Et les renards. »

Hélène ne s’aime pas trop. Elle ne voit en elle que ce que les autres écrivent sur la porte des toilettes de l’école. Ses amies ne le sont plus. Elle voit la vie en gris. Pour ne pas être seule, elle se réfugie dans la lecture du roman Jane Eyre de Charlotte Brontë. Un parallèle se crée entre le destin d’Hélène et celui de Jane. Cette dernière lui donne un peu de courage, un répit qu’elle n’ose pas demander. Quand Jane est là, le monde retrouve un peu de ses couleurs et de sa saveur. Jane Eyre ou le coup de pouce qu’il fallait pour revenir à la vie ?

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J’ai entendu parler de Jane, le renard et moi sur le blog de Madame lit. Elle y présentait un roman graphique tout en émotion, qu’il fallait absolument que je découvre. Il faut dire que le thème me parlait un peu. Une adolescente qui s’échappe de son quotidien à travers la littérature, je connais. Sans avoir connu le harcèlement scolaire, il est vrai que j’ai souvent cherché des réponses dans mes livres, que je me suis identifiée à des personnages et qui ont contribuer à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Hélène est une jeune fille qui doute, elle ne sait pas encore que les gens qui la méprisent ne méritent pas son attention, tandis qu’il y aura toujours un « renard », un(e) autre qui l’aimera comme elle est. Une belle histoire donc, qui plus est, fort bien écrite par Fanny Britt dont l’univers sonne juste. Sa plume est douce et poétique. Quant à l’illustratrice, Isabelle Arsenault, ses dessins sont fabuleux. Tantôt dans les tons noir et blanc, tantôt dans une explosion de couleurs, toujours réussis. Finalement, plume et aquarelles s’entendent à merveille.

À mettre entre toutes les petites et grandes mains !

Merci Madame lit pour ce moment !

Ma note: 4/5

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Attends Miyuki de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

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Quatrième de couverture:

Terre bleue et lune orange, le printemps s’habille pour sa première aube de l’année. Le jardin s’éveille et Miyuki, pieds nus, déjà levée, court en riant entre les travées. Vite vite, elle inspecte et s’assure que tout le monde est prêt. « Grand-Père, lève-toi, vite vite, lève-toi ! Le jour s’est réveillé avant toi ! »

Mon avis:

Un grand merci à Babelio et aux éditions La Martinière Jeunesse…

C’est le premier jour du printemps. Le jardin s’éveille en silence. Deux pieds nus déambulent entre les allées. La petite Miyuki, déjà réveillée, part saluer chacune des fleurs écloses. Mais patatras, l’une d’elles semble encore assommée par les nuits d’hiver et joue les prolongations. Son grand-père encore ensommeillé, la rassure, peut-être lui faut-il simplement l’eau la plus pure pour réveiller ses pétales si légers. Sans perdre de temps, Miyuki part à la recherche de cette eau si précieuse…

La petite fille impatiente et intrépide, qui n’en fait qu’à sa tête, ne passerait-elle pas à côté de ce joli jour qu’est le printemps ? N’oublie pas t-elle pas de regarder, d’écouter et de sentir la nature autour d’elle ? Tendre et sage, cet album ravira les petits comme les grands. Le texte poétique et délicat nous plonge dans une douce harmonie, tandis que les illustrations respirant le printemps sont aussi douces que les pétales d’une fleur.

Ma note: 5/5

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Le tableau de Marion Fayolle

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Vivre une vie amoureuse avec une femme peinte sur un tableau, n’est pas chose facile. Mais pour la libérer de la menaçante panthère, « il » n’hésite pas à la sortir du cadre.

Vivre une vie amoureuse avec une femme qui fait trois fois sa taille, n’est pas chose facile. La petite maison de l’amoureux ne convient pas à la jeune femme, elle ne passe pas les portes, l’eau du bain lui efface la pâleur de sa peau.

Il faut se rendre à l’évidence, sa bien-aimée doit retourner dans son tableau. Les deux amants séparés sont bien malheureux.

Le tableau est une histoire d’amour originale. Parce-qu’il ne peut l’abandonner, l’amoureux ne cessera de trouver tout un tas de solutions rocambolesques pour garder près de lui sa bien-aimée. Même lorsqu’il ne pourra plus être avec elle, il lui restera fidèle.

Doux et mélancolique, le conte de Marion Fayolle touche notre petit cœur. Par ses illustrations singulières, enfantines mais en même temps pas tant que ça, l’auteure offre un album riche en poésie. Il pourrait n’y avoir aucun mot que le message passerait tout de même, le langage du corps se suffisant à lui-même.

C’est un univers tout à fait à part que je viens de découvrir, Marion Fayolle est un talent que je vais suivre de près.

Ma note: 4,5/5

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Les Sauvages de Mélanie Rutten

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Quatrième de couverture:

C’était une nuit.

Deux ombres s’enfuirent de leur maison.

Tant de choses, la nuit, se réveillent.

C’étaient des sauvages.

C’était leur nuit.

Mon avis:

Alors qu’il fait nuit noire, discrètement pour ne pas réveiller la maisonnée endormie. Deux ombres s’enfuient, l’une de la maison de gauche, l’autre de la maison de droite. Silence. Ils embarquent sur un radeau et traversent les marécages pour entrer dans la forêt immergée.

Quand la voie est sauve, les deux ombres virevoltent, se cherchent, se chamaillent, bien contents d’avoir réussi leur échappée. La nuit leur appartient.

S’aventurant dans un tronc creux, les deux ombres retrouvent l’immense clairière resplendissante. Les sauvages sont là, créatures étranges mais rassurantes, qui prennent la main des enfants et les aident à grandir.

À vos pyjamas et lampes de poche, Mélanie Rutten nous invite dans une nuit singulière. Entre rêves engourdis et espoir du petit matin, nous voilà partis pour un voyage enchantée. Aquarelles éparses et alanguies, palettes resplendissantes et oniriques, on en prend plein les mirettes. L’univers de l’enfance est raconté avec tendresse et pudeur. Chaque enfant trouvera sa place dans ce petit monde où les créatures avoisinent celles de leurs rêves. Mais, les moins insouciants seront aussi charmés par la réminiscence d’une sensation qu’ils pensaient avoir oubliée… Après tout le temps des récrés et de la balle aux prisonniers, ce n’est pas si loin, non ?

L’article de Mokamilla bien plus évocateur que le mien ! Je te remercie grandement pour la découverte !

Ma note: 4/5

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Le type de Philippe Barbeau et Fabienne Cinquin

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J’ai découvert les éditions L’Atelier du Poisson Soluble à travers l’article de La tête en claire. Elle y présente une maison d’édition aux publications atypiques où les textes s’adressent à la fois aux adultes et aux enfants, et il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité !

J’ai choisi Le type de Philippe Barbeau et Fabienne Cinquin. Je ne connaissais pas du tout l’auteur mais la couverture mystérieuse et le titre énigmatique m’ont fait opter pour ce choix-là. Ce livre se présente comme un journal intime. Un jeune garçon se promène léger, heureux et insouciant jusqu’à ce qu’il croise un type qui ne sait pas sourire. La vision de cet homme si triste l’énerve tant qu’il lui jette un caillou au visage. Pas de chance pour notre héros, le type ne sait pas non plus rêver, ni aimer. Est-ce une solution que le violenter ?

Est-ce qu’à vous aussi cette histoire vous semble étrange ? J’ai pris très peu de plaisir à rencontrer ces personnages : un narrateur violent, un type mollasson, heureusement que l’intervention de la vieille dame vient donner une touche de poésie à la fin du livre.

Si l’histoire ne m’a pas touchée, les illustrations et la mise en pages sont un véritable plaisir pour les yeux. D’abord sombres, les peintures sont de plus en plus lumineuses au fur et à mesure du dénouement. Le texte est écrit au stylo à plume sur un papier quadrillé. Entre les pages, sont parsemés des dessins à l’aquarelle, des collages, des taches d’encre, des mots au crayon à papier.

Le type : pages arrachées au journal intime de Philippe Barbeau est un album original par son travail d’édition et ses illustrations gaies, mais son histoire, quant à elle, m’a complètement laissée de marbre.

Ma note: 3/5

« – Ce n’est pas malin de jeter des pierres à la tête des gens.

C’était la première fois qu’on me disait ça. »

Et si tout ça n’était qu’un rêve ? de Thierry Lenain et Irène Bonacina

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« Un jour, Radhija demande à sa maman:
– Et si j’étais le rêve de quelqu’un, de quelqu’un qui rêve ? »

Quand Radhija pose cette question à sa maman, celle-ci est bien embêtée. Après tout qu’est-ce qu’elle en sait ? Mais ça la turlupine vraiment Radhija, est-elle libre ou appartient-elle à quelqu’un ? Alors, au fil de ses pensées et de ses questionnements, elle va à la rencontre de son entourage, comme son papa, son chat ou son miroir pour trouver des réponses sur le sens de la vie. N’avançant pas dans sa quête, elle demande son avis à l’agent de police, au Président de la République, à Dieu… Jusqu’à ce que l’écrivain émette un début de réponse…

L’album de Thierry Lenain et Irène Bonacina, est une très belle découverte que je dois à l’un de mes enseignants. À travers les questions de Radhija, le jeune lecteur s’interroge sur la vie et la liberté. Telle la petite fille, l’enfant avance à tâtons dans ses pensées. Voyant qu’elle n’obtient pas de réponse, Radhija développe ses questions, les confronte, les aborde différemment. Si le texte détient une valeur philosophique, il reste compréhensible, par la régularité du cheminement. On obtient alors un texte intelligent mais simple. Génial, non ?

Si le texte est, à mon sens, réussi, les illustrations valent également le coup d’oeil. Irène Bonacina fait un pari original pour un album destiné aux enfants. Plutôt que de s’enfermer dans des illustrations concrètes représentant Radhija et son entourage, elle mêle à ses personnages des figures abstraites. Grandes pages colorées, figures géométriques, tout rappelle l’univers du rêve. Et grâce à l’impression en ton direct, les couleurs de l’album sont flamboyantes. Un véritable spectacle !

Et si tout ça n’était qu’un rêve ? allie plaisir et réflexion… Des pages comme des œuvres d’art et un texte, tendre et touchant, qui fait réfléchir les petits bouts de chou.

Ma note: 5/5

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Jojo la mache de Olivier Douzou

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Mon avis:

Jojo est une vieille vache, une très vieille « mache ». Aussi, une nuit, elle perd ses cornes. Puis, sa queue, etc. Jusqu’au jour, où Jojo disparaît complètement. Plus du tout dans le jardin. Pourtant, en regardant bien, elle est encore un peu là…

Jojo la mache est un petit album d’Olivier Douzou. Racontée avec des mots d’enfant, cette histoire permet d’aborder la perte d’un être cher avec les tout petits. Le voyage de Jojo est évoqué par l’auteur de manière poétique et tendre. L’enfant découvre des illustrations simples mais emplies de douceur.

L’adulte qui n’a pas perdu son âme d’enfant y trouvera aussi son compte.

Ma note: 4,5/5

« Elle avait des cornes dessus, des gamelles dessous et derrière une queue pour chasser les mouches. »