Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur de Gwangjo et Corbeyran

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Quatrième de couverture:

Lundi matin. Pénible, comme tous les lundis. Tôt, comme tous les matins. Je me lève la première pour préparer le petit déjeuner à Xavier.

Quelques phrases jetées sur les pages d’un journal intime oublié dans une poubelle et Louis Levasseur, écrivain raté et fauché, renoue avec l’inspiration. Le contenu du journal est explicite : Léa a un problème avec les appareils électroménagers et tout ce qui constitue l’univers de la femme au foyer. Conquis par cette amnésie singulière, Louis s’empare du propos de cette « ménagère inconnue » et en fait l’héroïne de son nouveau roman, transformant au passage Léa en icône révolutionnaire. Auréolé du succès planétaire de son best-seller, Louis est désormais heureux et comblé. Jusqu’au jour où il découvre la « vraie » histoire de Léa.

Mon avis:

Aux premiers abords, c’est le titre du livre qui m’a intriguée. Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur. Un titre à rallonge, plutôt sans queue ni tête, comme on en voit beaucoup en ce moment. En feuilletant, je remarque que les dessins sont assez sombres, à voir… Je retourne l’ouvrage, un pitch qui me décide à l’emprunter.

Louis Levasseur est un écrivain paumé qui n’a pas publié depuis des années, il est seul, fauché et en manque d’inspiration. Un jour par (un heureux) hasard, alors qu’il cogitait sur son existence, il découvre dans les poubelles en bas de chez lui, le journal intime de Léa. Touchée par une « maladie » singulière, Léa expose dans ce journal, son incapacité à utiliser les différents appareils électroménagers qui occupent son quotidien, du lave-linge au fer à lisser. Inspiré, Louis s’accapare de cette étrange histoire et tire de ce journal, son futur succès littéraire. Mais Louis ne connait pas toutes les zones d’ombre de la vie de Léa et cette publication ne sera pas sans conséquence…

Avant toute chose, je retiendrai de ce roman graphique, la qualité du dessin. Tout en crayon papier, les planches sont criantes de réalisme, chaque geste, chaque émotion sont transmis à travers les traits. Même si pour ma part, le réalisme des dessins n’est pas une chose absolument nécessaire pour apprécier une lecture et n’est pas forcément ce que je préfère, j’ai été agréablement surprise. D’autant plus que cela correspond bien à la trame de l’histoire. Dès le début, j’ai compris la face cachée de la vie de Léa d’où provenait cette amnésie particulière. Ainsi, le lecteur est empressé de connaître l’issue de toute cette histoire qui s’annoncera nuageuse. Une lecture dont on ressort mélancolique par le sujet traité…

Ma note: 3,5/5

Extrait:

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Dans un thème similaire, il y a également la bande dessinée Inès de Loïc Dauvillier et Jérôme d’Aviau.

Un Américain en balade de Craig Thompson

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« Cher Lewis, Nous t’envoyons donc cet américain épris de culture du vieux continent. Il arrive par le train et il en veut. Il vide les frigos, il excite nos enfants, il courtise nos femmes. Je suis néanmoins sûr que tu lui feras un bon accueil. Reçois ma bénédiction. »

Lettre écrite par Blutch le 25 avril 2004.

Mon avis:

Décidément en ce moment je ne dévore que des bandes dessinées ! En même temps, les éditions Casterman font tout pour que je ne sois pas déçue ! Pour cette fois, on suit Craig Thompson, dessinateur en promotion pour son livre Blankets manteau de neige. Le succès de son livre l’entraine jusqu’en Europe et il décide alors de tenir un carnet de voyage. France, Maroc, Espagne… Craig Thompson, avec son œil d’Américain, nous dessine ses rencontres, les paysages, ses peurs, ses doutes. Ses doutes que l’on ressent lorsqu’on est loin de chez nous, le fameux mal du pays (et ce n’est pas seulement la tourista, il y a également la peur de l’abandon). Malgré le caractère intime de cette BD, c’est selon moi une œuvre universelle. Craig Thompson évoque des sujets graves, que ce soit la séparation ou la solitude, mais il arrive tout de même à rendre ces 222 pages, légères et agréables, car les dessins en noir et blanc et le côté croquis pour chaque jour de la semaine donne une certaine fluidité au récit. En somme, vous l’aurez compris, cette BD fut pour moi une belle découverte. Il ne me reste plus qu’à me jeter sur ces autres parutions : Habibi et bien sûr ce fameux Blankets

Ma note: 3/5

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Citation

« Facile d’aimer un endroit le jour où on le quitte. »

L’Orme du Caucase de Taniguchi & Utsumi

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Quatrième de couverture:

« Comme s’il repoussait les nuages, l’orme dominait majestueusement, tel un géant attendant tranquillement sa dernière heure. »

Mon avis:

L’Orme du Caucase est composée de huit tranches de vie cueillies sur le vif par Jirô Taniguchi. Ambiance japonisante et suave pour cette bande dessinée qui, pour un court moment, introduit le lecteur dans la vie de personnages tourmentés : un homme tiraillé entre sa réputation et son respect de la nature, une petite fille qui ne dit mot, un homme qui reconnaît sa fille sur un journal, un homme qui admire et envie l’indépendance de son frère, l’histoire d’un frère et d’une sœur longtemps séparé géographiquement et affectivement, une vieille dame qui rencontre enfin l’amour, un ainé qui essaye de prendre soin de son petit frère et une Française qui cherche l’amour de sa belle-famille après le décès de son mari Japonais.
Ces nouvelles sont tour à tour bouleversantes et enchanteresses. À chaque fois, une note d’espoir se lit à la fin. Le trait du dessinateur rappelle les mangas mais avec un geste plus délicat, ainsi, on est pris d’affection pour ses personnages.
Je découvre pour la première fois le travail de Taniguchi et je me laisserai sûrement tenter par une autre de ses poésies…

Ma note: 3,5/5

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Sixteen Kennedy Express d’Aurélien Ducoudray et Bastien Quignon

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Quatrième de couverture:

1960, aux Etats-Unis, une petite ville « in the middle of nowhere » bordée par les champs de blé à perte de vue et seulement animée par le chantier de son futur rentre commercial en construction… Rob, 14 ans, le bras dans le plâtre et un oeil sur la jolie Sixteen, s’ennuie ferme, jusqu’au moment où entre en gare le train dans lequel est transportée la dépouille du sénateur Robert F Kennedy. tout juste assassiné… Dans une ambiante en demi-teintes, parfois drôle et un peu tragique, Ducoudray et Quignon explorent les fissures du supposé « rêve américain », autour de la question du racisme et de l’engagement.

Mon avis:

5 juin 1968, assassinat de Robert F. Kennedy, point de départ de cette bande dessinée qui raconte l’histoire de Rob. Le temps d’un été, on suit ce jeune garçon qui tombe amoureux d’une certaine Sixteen. Cette dernière apporte un peu de piquant à la vie terne de l’adolescent dans ce coin reculé des États-Unis. Leurs multiples escapades les mèneront jusqu’à une enquête qui apportent réflexion sur le thème de la tolérance et du racisme. Réflexion rapide, mais très sympathique pour les plus jeunes. J’ai eu besoin d’un certain temps d’adaptation pour les dessins qui sont parfois peut-être trop flous à mon goût, mais on s’y fait finalement car ce côté vieilli va tout à fait à l’histoire. Et puis quel dommage que le dénouement de l’enquête soit si vite annoncé ! Il manquait quelques pages pour que ce soit vraiment parfait. En somme, une lecture fraîche et légère en ce début de beaux jours, malgré les thèmes évoqués (qu’on pourrait malheureusement transposer aujourd’hui, à peu de choses près), je conseille sans hésiter aux petits comme aux grands cette jolie BD (et avec une grenadine, c’est encore mieux!).

Ma note: 4/5

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Forever, Bitch de Diglee

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Quatrième de couverture

« Sortir avec un ex, c’est comme ravaler son vomi : c’est toujours acide. » Maud.

Mon avis

Mouais bof, pas convaincue.

Cela fait un certain temps que je suis Diglee à travers son blog. À l’instar de Pénélope Bagieu ou Margaux Motin, j’appréciais les tranches de vie tournées en dérision aux couleurs gaies et pétillantes.
Ici, ce sont les tribulations amoureuses (sexuelles ?) de trois trentenaires : Louise, Audrey et Maud, au caractère totalement différent. Par exemple, je trouve ça assez caricatural de placer Audrey comme la fille tout à fait ingénue et Maud couchant avec le premier venu pour oublier son ex…
Alors, certes les dessins sont sympas, agréables sous nos yeux, mais les dialogues m’ont déçu. Déjà le titre, bon… Et comme d’autres critiques sur Babelio, je trouve les paroles vulgaires et sans intérêt. Quelques-unes nous font éventuellement sourire mais pas plus ! Je n’ai peut-être pas l’humour ou l’esprit pour…

C’est dommage, j’aime beaucoup Diglee mais pas dans ce genre-là !

Ma note: 3/5

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+ Le blog de Diglee

Le Temps des Mitaines de Loïc Clément et Anne Montel

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Quatrième de couverture:

Un village dans une vallée lointaine. Une forêt où les ombres planent. Cinq enfants, des disparitions. C’est le Temps des Mitaines.

Mon avis:

Choisie par hasard pour ses belles illustrations, j’ai adoré cette bande dessinée ! Des couleurs joyeuses et pétillantes, des personnages drôles et attachants, une intrigue agréable… Que de bons points pour ce livre ! Je le conseille aussi biens aux plus jeunes qu’aux plus grands !

Ma note: 5/5

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Olympe de Gouges de Catel & Bocquet

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« La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit. La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. »

Olympe de Gouges Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – 1791

Mon avis:

Après Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges est la deuxième œuvre graphique et biographique de Catel et Bocquet que je découvre et… que je dévore ! Toujours un dessin fluide et agréable, toujours un tableau historique passionnant, toujours des citations percutantes qui illustrent le caractère et la soif de liberté de cette femme du XVIIIème. Je ne connaissais pas du tout son histoire et la richesse de ce roman graphique a permis de combler mes lacunes. Olympe de Gouges était une femme, une mère, une insoumise.

Ma note: 4/5

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Citations:

« Sache que l’on écoute mon avis et que l’on ne dédaigne pas ma compagnie pour en discuter ! Et sache que je ne veux pas être de ces femmes dont le seul mérite est d’être aimée et entretenue. »

« – Il est difficile d’être vieux, maman ! – Il est difficile d’être une femme, mon fils… »

Kiki de Montparnasse de Catel & Bocquet

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Quatrième de couverture:

Jamais Kiki ne fera la même chose trois jours d’affilée, jamais, jamais, jamais !

Mon avis:

Quel caractère cette Kiki !
La bande dessinée de Catel et Bocquet retrace la vie de cette muse des années 20. de son enfance chez sa grand-mère à Châtillon-sur-Seine jusqu’à sa mort à Paris, celle qui s’appelle en réalité Alice Prin rencontrera les plus grands artistes de l’époque et traversera les mouvements artistiques comme le dadaïsme ou le surréalisme dont est membre son compagnon Man Ray et pour qui elle sera le modèle.

Une BD qui raconte l’histoire d’une femme pendant les années folles, ce bouquin avait beaucoup de chance de me plaire. Tout d’abord le livre en lui-même, les dessins en noir et blanc pourraient être trop enfantins pour certains mais moi j’ai trouvé le trait de l’illustratrice frais et puis cela permet de s’imprégner rapidement de l’histoire. Autre détail, j’ai apprécié la façon dont étaient séparés les chapitres caractérisés par une date, un lieu et un petit dessin de ce lieu. Aussi, les dialogues sont très bien écrits et permettent de rendre compte du caractère et des sensibilités de Kiki : « – Ne t’inquiète pas, elle te pardonnera… Comme toutes les mamans.
- Je ne l’ai jamais appelée maman. » le rapport que Kiki a avec sa mère semble être un des moments les plus touchants de la biographie. Également ses doutes de femme concernant l’amour, naïf mais vrai. Cependant, c’est le franc-parler de Kiki et son aplomb qui domine le livre, présents dès son enfance, ils feront d’elle, la « Reine de Montparnasse » et surtout une femme libérée.
J’ai tellement aimé que je n’arrive pas à en parler donc en trois mots : coup de cœur !

Le détail qui tue : les petites biographies des personnages qui parcourent le livre, à la fin de la bande dessinée !

Ma note: 5/5

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Citation:

« – T’es pas à l’école, toi ?
– Nan, j’suis malade.
– C’est important, l’école. Dans la vie, faut savoir compter.
– J’ai pas besoin de compter pour manger. Quand j’ai plus faim, je m’arrête, c’est tout. »