Blankets manteau de neige de Craig Thompson

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Quatrième de couverture:

Je voulais le ciel. Et j’ai grandi en m’efforçant d’obtenir de ce monde… un monde éternel.

Mon avis:

Dans une ville du Wisconsin, grandit un petit garçon.

Entre un père autoritaire et une mère très croyante autant dire que cela file droit dans la famille Thompson, le petit frère dans le cagibi s’en souvient. À l’école ce n’est guère mieux, le gringalet peine à se faire des amis et ne connait que succession de railleries. Le dessin apparaît alors comme une véritable porte de sortie pour le jeune Craig. Ce monde qu’il ne comprend pas, qu’il redoute semble pouvoir être vaincu à coup de crayon. Sa rencontre avec la douce Raina lui donnera la clé pour appréhender sa future vie adulte.

Je quittais Craig Thompson avec Un Américain en balade, pour cette fois je remonte le temps et apprivoise sa jeunesse. Je retrouve ce qui m’avait plu dans ma toute première découverte, à savoir des planches entre réalisme et rêverie. Des nuits partagées avec son petit frère dans le même lit à son départ du nid familial, en passant par ses doutes quant à la religion, Craig retrace sa vie. Le dessin, en noir et blanc, est riche et charmeur. Avec un pavé de près de 600 pages, l’auteur-illustrateur nous offre un voyage dans le monde incertain et plein d’espoir de l’enfance. Véritable ode à son premier amour, le récit est sensible, tendre et émouvant. C’est chaud et rassurant. À lire.

Ma note: 4,5/5

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« Je crois toujours en Dieu, à la parole de Jésus aussi, mais le reste du christianisme… cet Bible, ces églises, ce dogme… seulement dressés pour séparer les peuples et les cultures. C’est comme nier la beauté d’être un Humain et ignorer tous ces espaces qui ont besoin d’être remplis par l’individuel. »

« Parfois au réveil, les souvenirs laissés par un rêve sont plus beaux que la réalité, et on a pas envie de les oublier. Pendant un moment, vous vous sentez comme un fantôme… pas entièrement matérialisé et incapable de composer avec ce qui vous entoure. Ou bien, c’est le rêve qui vous hante. Vous attendez la promesse d’un prochain rêve. »

Chaque soir à onze heures d’Eddy Simon et Camille Benyamina

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Quatrième de couverture:

« Cette maison, la nuit, elle me fait peur. Il y a des bruits, chaque soir, vers onze heures. Ça me réveille.
– Une présence comme un fantôme ?
– Ne te moque pas ! Je ne l’entends jamais rentrer, mais je perçois sa respiration, à côté de moi. »

En adaptant le conte romantique de Malika Ferdjoukh, Camille Benyamina et Eddy Simon nous entraînent dans un Paris à la fois contemporain et fantasmé.

Mon avis:

Du polar, une histoire de fantômes, de l’amour, voilà les ingrédients du roman de Malika Ferdjoukh scénarisé et mis en images par le duo Eddy Simon et Camille Benyamina. Après leur collaboration pour la publication de Violette Nozière : Vilaine chérie qu’il me tarde de découvrir désormais, j’ai sauté le pas avec cette bande dessinée à la couverture superbe. Les tons sombres où les nuances violines dominent, ainsi que le point de lumière donné par la Tour Eiffel et cette jeune fille sur les toits promettent une belle histoire.

N’ayant pas lu au préalable le roman de Malika Ferdjoukh, je me lançais à l’aveugle. Mais quand on se jette dans un ouvrage inspiré par cette auteure, on se trompe rarement. Et le travail d’adaptation est très réussi, tant par les illustrations que par le scénario. J’ai aimé les traits réalistes des personnages, Camille Benyamina donne beaucoup d’expression à ses dessins. Les couleurs restent sombres tel le suggérait la couverture et apportent une ambiance mi-fantastique, mi-thriller fort appréciable.
Le travail de scénarisation est bien mené, même si j’ai trouvé qu’il y avait parfois un peu trop d’ellipses entre les différentes planches, c’est chose ardue d’adapter un roman en une BD de 90 pages. Mais l’histoire reste compréhensible et divertissante. D’ailleurs, derrière le travail d’Eddy Simon, on retrouve la plume succulente de Malika Ferdjoukh.

Si jamais vous ne l’aviez pas compris j’ai adoré cette adaptation et en plus de cela je ne peux que vous conseiller les romans de Malika Ferdjoukh, dont sa divine saga Quatre sœurs.

Ma note: 4,5/5

Extraits:
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Un Américain en balade de Craig Thompson

Fig78593 Quatrième de couverture:

« Cher Lewis, Nous t’envoyons donc cet américain épris de culture du vieux continent. Il arrive par le train et il en veut. Il vide les frigos, il excite nos enfants, il courtise nos femmes. Je suis néanmoins sûr que tu lui feras un bon accueil. Reçois ma bénédiction. »

Lettre écrite par Blutch le 25 avril 2004.

Mon avis:

Décidément en ce moment je ne dévore que des bandes dessinées ! En même temps, les éditions Casterman font tout pour que je ne sois pas déçue ! Pour cette fois, on suit Craig Thompson, dessinateur en promotion pour son livre Blankets manteau de neige. Le succès de son livre l’entraine jusqu’en Europe et il décide alors de tenir un carnet de voyage. France, Maroc, Espagne… Craig Thompson, avec son œil d’Américain, nous dessine ses rencontres, les paysages, ses peurs, ses doutes. Ses doutes que l’on ressent lorsqu’on est loin de chez nous, le fameux mal du pays (et ce n’est pas seulement la tourista, il y a également la peur de l’abandon). Malgré le caractère intime de cette BD, c’est selon moi une œuvre universelle. Craig Thompson évoque des sujets graves, que ce soit la séparation ou la solitude, mais il arrive tout de même à rendre ces 222 pages, légères et agréables, car les dessins en noir et blanc et le côté croquis pour chaque jour de la semaine donne une certaine fluidité au récit. En somme, vous l’aurez compris, cette BD fut pour moi une belle découverte. Il ne me reste plus qu’à me jeter sur ces autres parutions : Habibi et bien sûr ce fameux Blankets

Ma note: 3/5

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Citation

« Facile d’aimer un endroit le jour où on le quitte. »

L’Orme du Caucase de Taniguchi & Utsumi

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Quatrième de couverture:

« Comme s’il repoussait les nuages, l’orme dominait majestueusement, tel un géant attendant tranquillement sa dernière heure. »

Mon avis:

L’Orme du Caucase est composée de huit tranches de vie cueillies sur le vif par Jirô Taniguchi. Ambiance japonisante et suave pour cette bande dessinée qui, pour un court moment, introduit le lecteur dans la vie de personnages tourmentés : un homme tiraillé entre sa réputation et son respect de la nature, une petite fille qui ne dit mot, un homme qui reconnaît sa fille sur un journal, un homme qui admire et envie l’indépendance de son frère, l’histoire d’un frère et d’une sœur longtemps séparé géographiquement et affectivement, une vieille dame qui rencontre enfin l’amour, un ainé qui essaye de prendre soin de son petit frère et une Française qui cherche l’amour de sa belle-famille après le décès de son mari Japonais.
Ces nouvelles sont tour à tour bouleversantes et enchanteresses. À chaque fois, une note d’espoir se lit à la fin. Le trait du dessinateur rappelle les mangas mais avec un geste plus délicat, ainsi, on est pris d’affection pour ses personnages.
Je découvre pour la première fois le travail de Taniguchi et je me laisserai sûrement tenter par une autre de ses poésies…

Ma note: 3,5/5

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Olympe de Gouges de Catel & Bocquet

9782203031777 Quatrième de couverture:

« La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit. La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. »

Olympe de Gouges Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – 1791

Mon avis:

Après Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges est la deuxième œuvre graphique et biographique de Catel et Bocquet que je découvre et… que je dévore ! Toujours un dessin fluide et agréable, toujours un tableau historique passionnant, toujours des citations percutantes qui illustrent le caractère et la soif de liberté de cette femme du XVIIIème. Je ne connaissais pas du tout son histoire et la richesse de ce roman graphique a permis de combler mes lacunes. Olympe de Gouges était une femme, une mère, une insoumise.

Ma note: 4/5

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Citations:

« Sache que l’on écoute mon avis et que l’on ne dédaigne pas ma compagnie pour en discuter ! Et sache que je ne veux pas être de ces femmes dont le seul mérite est d’être aimée et entretenue. »

« – Il est difficile d’être vieux, maman ! – Il est difficile d’être une femme, mon fils… »

Kiki de Montparnasse de Catel & Bocquet

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Quatrième de couverture:

Jamais Kiki ne fera la même chose trois jours d’affilée, jamais, jamais, jamais !

Mon avis:

Quel caractère cette Kiki !
La bande dessinée de Catel et Bocquet retrace la vie de cette muse des années 20. de son enfance chez sa grand-mère à Châtillon-sur-Seine jusqu’à sa mort à Paris, celle qui s’appelle en réalité Alice Prin rencontrera les plus grands artistes de l’époque et traversera les mouvements artistiques comme le dadaïsme ou le surréalisme dont est membre son compagnon Man Ray et pour qui elle sera le modèle.

Une BD qui raconte l’histoire d’une femme pendant les années folles, ce bouquin avait beaucoup de chance de me plaire. Tout d’abord le livre en lui-même, les dessins en noir et blanc pourraient être trop enfantins pour certains mais moi j’ai trouvé le trait de l’illustratrice frais et puis cela permet de s’imprégner rapidement de l’histoire. Autre détail, j’ai apprécié la façon dont étaient séparés les chapitres caractérisés par une date, un lieu et un petit dessin de ce lieu. Aussi, les dialogues sont très bien écrits et permettent de rendre compte du caractère et des sensibilités de Kiki : « – Ne t’inquiète pas, elle te pardonnera… Comme toutes les mamans.
- Je ne l’ai jamais appelée maman. » le rapport que Kiki a avec sa mère semble être un des moments les plus touchants de la biographie. Également ses doutes de femme concernant l’amour, naïf mais vrai. Cependant, c’est le franc-parler de Kiki et son aplomb qui domine le livre, présents dès son enfance, ils feront d’elle, la « Reine de Montparnasse » et surtout une femme libérée.
J’ai tellement aimé que je n’arrive pas à en parler donc en trois mots : coup de cœur !

Le détail qui tue : les petites biographies des personnages qui parcourent le livre, à la fin de la bande dessinée !

Ma note: 5/5

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Citation:

« – T’es pas à l’école, toi ?
– Nan, j’suis malade.
– C’est important, l’école. Dans la vie, faut savoir compter.
– J’ai pas besoin de compter pour manger. Quand j’ai plus faim, je m’arrête, c’est tout. »