Ninn, tome 1 : La ligne noire de Jean-Michel Darlot et Johan Pilet

9782875801630_1_75

Quatrième de couverture:

– On t’a trouvée dans ton couffin sur un quai de la station Saint-Sulpice ! Pas dans la jungle !
– Elle change sans arrêt, ton histoire, tonton…

Mon avis:

Prenez votre ticket et descendez les marches du métro parisien. Suivez Ninn entre les différentes stations, entrez dans un monde que vous pensiez connaître…

Ninn vit avec ses deux tontons adoptifs RATPistes. Ils l’ont trouvé alors qu’elle était tout bébé dans un des souterrains. Depuis elle y passe ses journées, et ne jure que par ça. En plus d’être son lieu d’aventures, le métro parisien cache aussi le secret de ses origines.

Avec ses oncles, la gentille dame du kiosque, ce vieil homme qui chasse des papillons imaginaires et le tigre de papier, la petite fille en skate va se lancer dans une quête identitaire. Ninn est une enfant intrépide très attachante. Elle n’a pas froid aux yeux et on aime s’aventurer avec elle dans les tunnels du métro. Les décors sont précis, j’ai trouvé le lieu très original et aimé la façon dont mon imagination a été suscitée.

Bourrée de péripéties, de frissons et d’humour, cette histoire est une vraie pépite jeunesse. À quand la suite ?!

Ma note: 4,5/5

PlancheA_254885

Abélard de Régis Hautière et Renaud Dillies

ab-lard-tome-1-la-danse-des-petits-papiers

« Personne n’est innocent ! On est tous coupables de quelque chose ! Hommes, femmes, tous ! Sauf peut-être les enfants. Mais les enfants sont des cons. »

Depuis qu’il a croisé la route de la ravissante Épilie, Abélard en a assez de la tranquillité du marais. Les parties de cartes, la pêche, c’est bien joli, mais ça ne vaut pas l’amour qui vient d’électrifier son petit corps. Il irait bien lui décrocher la lune à sa belle. Seul moyen de la séduire, paraît-il. Pour ça, le candide canari entreprend un voyage vers l’Amérique. Elle seule à la capacité de l’envoyer dans les étoiles.

Partir à l’aventure, voilà ce que promet l’amour au frêle Abélard. Lui, qui ne connait pas la réalité du monde, compose sa vie à partir des bouts de papier philosophiques qu’il trouve sous son chapeau. Des rencontres, il va en faire. Des bonnes et des moins bonnes. Mais il en faudrait bien plus pour le faire reculer. C’est sa vie qu’Abélard est en train de vivre…

Je crois que cette BD jeunesse est l’une des plus belles que j’ai pu lire. Il y a les dessins aux traits épais qui dessinent les contours de ces animaux extraordinaires. Ces couleurs chaudes qui font qu’on se sent un peu ailleurs, avant. Et des textes qui ne pourront laisser indifférents. C’est humain, c’est poétique, c’est beau. Je vous laisse le plaisir de vous y jeter. Elle vaut vraiment d’être lue. (surtout si comme moi vous finissez par la trouver au fond d’un bac oublié de la bibliothèque municipale…)

ab-lard-tome-2-une-br-ve-histoire-de-poussi-re-et-de-cendre

« C’est joli, une étoile. Mais est-ce que ça vaut une fleur ? Et d’abord, ça sent quoi, une étoile ? Si ça se trouve, ça pue… »

Vous savez bien si vous avez lu le précédent tome, quelle rencontre rocambolesque a fait notre cher Abélard et vers quelle contrée lointaine se dirigent ce drôle de duo. Là encore, les yeux naïfs du petit canari vont se poser sur la dure réalité du monde. Pourtant, l’optimisme n’est plus vraiment à l’heure du jour. L’album se pare d’un voile sombre. Un tournant est en train de se faire… Et pourtant.

Je ne peux pas vous en dire plus, j’aimerais, mais ce serait dommage. Vous perdrez le plaisir de découvrir chaque nouvelle planche avec délectation, vous manquerez cette petite citation qui fait mouche, vous oublierez cette bande dessinée. Et oui, vraiment, ce serait dommage.

❤ ❤ ❤

Les blogs sont vraiment de chouettes choses… Merci Moka !

Attends Miyuki de Roxane Marie Galliez et Seng Soun Ratanavanh

129948_couverture_Hres_0

Quatrième de couverture:

Terre bleue et lune orange, le printemps s’habille pour sa première aube de l’année. Le jardin s’éveille et Miyuki, pieds nus, déjà levée, court en riant entre les travées. Vite vite, elle inspecte et s’assure que tout le monde est prêt. « Grand-Père, lève-toi, vite vite, lève-toi ! Le jour s’est réveillé avant toi ! »

Mon avis:

Un grand merci à Babelio et aux éditions La Martinière Jeunesse…

C’est le premier jour du printemps. Le jardin s’éveille en silence. Deux pieds nus déambulent entre les allées. La petite Miyuki, déjà réveillée, part saluer chacune des fleurs écloses. Mais patatras, l’une d’elles semble encore assommée par les nuits d’hiver et joue les prolongations. Son grand-père encore ensommeillé, la rassure, peut-être lui faut-il simplement l’eau la plus pure pour réveiller ses pétales si légers. Sans perdre de temps, Miyuki part à la recherche de cette eau si précieuse…

La petite fille impatiente et intrépide, qui n’en fait qu’à sa tête, ne passerait-elle pas à côté de ce joli jour qu’est le printemps ? N’oublie pas t-elle pas de regarder, d’écouter et de sentir la nature autour d’elle ? Tendre et sage, cet album ravira les petits comme les grands. Le texte poétique et délicat nous plonge dans une douce harmonie, tandis que les illustrations respirant le printemps sont aussi douces que les pétales d’une fleur.

Ma note: 5/5

129948_interieure_Hres_1129948_interieure_Hres_2

Victoria rêve de Timothée de Fombelle

victoria rêve

Quatrième de couverture:

« Victoria voulait une vie d’aventures, une vie folle, une vie plus grande qu’elle. Et l’on disait tout autour d’elle : Victoria rêve. Mais depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l’impression d’une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ? »

Après « Tobie Lolness » et « Vango », Timothée de Fombelle dit ici la force de la lecture et de l’imaginaire aujourd’hui, envers et contre tout. C’est un petit livre sur les grands livres qui nous habitent.

Mon avis:

Victoria s’ennuie quelque peu à Chaise-sur-le-Pont, dans la cité des Aubépines. Sa sœur est d’une banalité désarmante et ses parents ne comprennent pas pourquoi elle passe son temps la tête dans les livres, seule échappatoire pour cette jeune collégienne.

À l’école, Victoria n’a pas d’amis, seul le petit Jo semble pouvoir dompter l’énergie de la jeune fille, et lorsque une série de disparitions et de bizarreries arrive dans la maison de son amie, il est le seul à oser mener l’enquête avec elle.

Entre stupeur et excitation, Victoria voit arriver ce qu’elle a toujours voulu. Une vie faite d’inattendu, d’aventures et de magie, à l’image des livres qu’elle emprunte à la bibliothèque ou qui bordent ses étagères.

Victoria rêve est un livre plein de tendresse. Parce qu’elle rêve d’une vie riche en folies, Victoria s’invente un monde imaginaire. À un certain égard, elle m’a rappelé la jeune Matilda de Roald Dahl. Si l’histoire a été à mon goût un poil trop courte pour me satisfaire complètement, la fin est d’une délicatesse sans nom et rien que pour cela j’irai voir de plus près le travail de Timothée de Fombelle, auteur immensément reconnu que je viens seulement de découvrir.

Je remercie le blog Folavrilivres pour son conseil de lecture et Claire du blog La Tête en Claire avec qui j’ai partagé cette lecture. Une première sur le blog, et j’espère pas la dernière ! Son article, par ici !

Ma note: 3,5/5

« Victoria pensait à tout ce qu’avait entendu cette horloge au fil de sa longue vie. Des disputes et des retrouvailles, des meurtres peut-être, des déclarations d’amour. L’horloge se retrouvait maintenant condamnée à supporter des bruits de couverts, des bavardages et les annonces météo de Chaise-sur-le-Pont. Si elle avait été cette horloge, Victoria savait qu’elle se serait déjà évadée. Ouvrir la fenêtre. Partir. Qui eût remarqué une horloge en fuite dans ces rues où personne ne regardait personne ? Enveloppée d’une cape noire, elle aurait sauté dans un train vers le sud. Elle ne serait plus jamais revenue. »

Le tableau de Marion Fayolle

415o5LVZjcL._SY339_BO1,204,203,200_

Vivre une vie amoureuse avec une femme peinte sur un tableau, n’est pas chose facile. Mais pour la libérer de la menaçante panthère, « il » n’hésite pas à la sortir du cadre.

Vivre une vie amoureuse avec une femme qui fait trois fois sa taille, n’est pas chose facile. La petite maison de l’amoureux ne convient pas à la jeune femme, elle ne passe pas les portes, l’eau du bain lui efface la pâleur de sa peau.

Il faut se rendre à l’évidence, sa bien-aimée doit retourner dans son tableau. Les deux amants séparés sont bien malheureux.

Le tableau est une histoire d’amour originale. Parce-qu’il ne peut l’abandonner, l’amoureux ne cessera de trouver tout un tas de solutions rocambolesques pour garder près de lui sa bien-aimée. Même lorsqu’il ne pourra plus être avec elle, il lui restera fidèle.

Doux et mélancolique, le conte de Marion Fayolle touche notre petit cœur. Par ses illustrations singulières, enfantines mais en même temps pas tant que ça, l’auteure offre un album riche en poésie. Il pourrait n’y avoir aucun mot que le message passerait tout de même, le langage du corps se suffisant à lui-même.

C’est un univers tout à fait à part que je viens de découvrir, Marion Fayolle est un talent que je vais suivre de près.

Ma note: 4,5/5

blog1

Tout le monde est occupé de Christian Bobin

product_9782715221734_195x320

« Ariane buvait beaucoup, dansait beaucoup et riait encore plus. Personne n’avait jamais réussi à l’éduquer, à lui apprendre les bonnes manières. Les bonnes manières sont des manières tristes. Ariane n’était pas douée pour la tristesse. Elle aimait et elle voulait. Le reste n’importait pas. Vivre est si bref. Donne-moi ce que j’aime. Je n’aime que la vérité. Donne-moi ce que tu es, laisse tomber ce que t’ont appris tes maîtres, oublie ce qu’il est convenable de faire. Telle était la magie d’Ariane : une rare plénitude d’être là, fraîche, simplifiée, simplifiante. Tu me prends, tu me laisses, mais surtout ne me fais pas la leçon, tu ne m’expliques pas comment il faudrait que je sois. »

Tout le monde est occupé, c’est vrai tout le monde est occupé à vivre. Ariane dépoussière les meubles, soulage les cœurs, et donne la vie. Rembrandt le chat intellectuel cherche à dévorer Van Gogh, le canari qui prend le soleil. La Vierge Marie va se dégourdir ses jambes de plâtre lorsqu’elle est lassée d’écouter les malheurs des uns et des autres. Monsieur Lucien philosophe. Manège dessine, dessine, dessine. Monsieur Gomez retrouve sa maman. Madame Carl la mauvaise. Et il y a aussi Tambour et puis Crevette.

Tout va bien. Tout va presque bien : il n’est pas tout à fait là. Et pour cause : il n’est pas il. Il, c’est elle. Ariane éclate de rire. Comme elle est drôle, la vie. Comme elle s’arrange pour nous surprendre. On attend un garçon et on accueille une fille. Dîtes-moi, qu’est-ce que ça change ? Rien. Absolument rien. C’est le même fou rire. La même fatigue soudaine et savoureuse.

Tout est poésie dans ce roman de Christian Bobin. Une femme qui tombe enceinte par un simple baiser et qui plus est pendant trois ans, un bébé qui ne ferme jamais les yeux, un autre qui gravite légèrement au-dessus du sol, l’auteur aborde la vie dans ce qu’elle a de plus exceptionnelle. Aimer, aimer, aimer. Chaque personnage a sa particularité, pourtant rien n’empêche à l’amour d’éclore. Avec légèreté et philosophie, les phrases se dégustent délicatement pour ne pas en perdre une miette. Les personnages doucement dingues sont très vite attachants.

« Je m’appelle Manège, j’ai neuf mois et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrez dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Dépliez la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d’une part, les coccinelles n’ont pas bon goût. D’autre part, les ronces brûlent. Enfin, les mères volent. Bref, rien que d’ordinaire. Il n’y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c’est pareil : il n’y a que des miracles dans ce monde. »

Ce livre, c’est une petite aparté. Original, ce petit livre ne plaira pas à tous, mais pour qui veut s’échapper en toute poésie doit embarquer dans ce petit monde fou.

Manège éclate de rire. Elle a le même rire que sa mère. Les enfants reçoivent leur héritage du vivant de leur parents. Ils héritent, sans passer par un notaire, de la voix, du rire ou des yeux de leurs parents.

Merci beaucoup Folavril pour cette découverte ! Je te dois mon premier coup de cœur de l’année !

Ma note : 5/5

Une bible de Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer

20141115-rebecca-dautremer-une-bible

Quatrième de couverture:

La Bible comme un roman !

La Bible est constituée de centaines d’histoires qui ont façonné nos civilisations. Pour chacun d’entre nous, croyant ou non, connaître ces histoires dans leur richesse est un formidable voyage. Philippe Lechermeier nous y convie ici. En habile conteur et véritable magicien de la langue, il réinvente une forme pour chacune d’elles et recrée ainsi « Une bible » afin que la transmission culturelle s’accomplisse. Dans un même esprit de respect et d’entière liberté, Rébecca Dautremer repousse les frontières de son art pour mieux revisiter les scènes ainsi racontées et faire voler en éclat le cadre de nos représentations habituelles.

Mon avis:

Qui n’a jamais entendu de Noé, d’Abraham, de Moïse, de Salomon ou de David ? Mais qu’en est-il de leur histoire ? De leur place dans la Bible ? Avec honte, je vous confesse que ce sont des questions auxquelles je n’aurais pu répondre… Alors, j’ai décidé de combler cette triste lacune mais sans être véritablement sérieuse non plus puisque j’ai choisi Une bible racontée par Philippe Lechermeier et illustrée par Rébecca Dautremer.

Loin de moi l’idée de me convertir, c’est en tant que texte littéraire et délice pour les yeux que j’aborde cet ouvrage. Philippe Lechermeier vulgarise les versets de la Bible en petites histoires à déguster tranquillement. Récits, contes, poèmes et même une pièce de théâtre parcourent les pages de cette adaptation. Les textes sont très accessibles, cela peut être un bon point de départ pour faire découvrir la Bible aux plus jeunes. L’idée n’est pas de convertir, simplement d’en connaître davantage sur un livre qui est la source d’inspiration de bien d’oeuvres littéraires et artistiques. Et pourquoi se priver des mots de Philippe Lechermeier ? Déjà avec Journal secret du Petit Poucet et Princesses oubliées ou inconnues, je découvrais des textes emplis de poésie et de tendresse où chaque phrase est un voyage. Et ici, le charme opère encore, que l’on soit croyant ou non, on se laisse forcément porté. Le seul bémol, serait que l’on ne fait que survoler le texte biblique, tout n’est pas mentionné ou détaillé, on en apprend peu finalement. Surtout que le Nouveau Testament est moins évoqué que l’Ancien Testament, c’est dommage.

Mais venons en à la partie que je préfère, les illustrations. Si vous ne connaissez pas les travaux de Rébecca Dautremer, courrez vite y remédier, je suis presque sûre que vous ne serez pas déçus ! Ici, Rébecca Dautremer a su illustrer des passages clés de la Bible tout en gardant son style. Ce sont des dessins précis et détaillés auxquels elle a insufflé des éléments contemporains qui donnent modernité et poésie à l’ensemble de l’ouvrage. Gros plans sur des visages, paysages sauvages tout y passe et on s’attarde avec plaisir pour déguster chaque détail. Qu’ils soient en noir et blanc ou en couleur, au crayon ou à l’encre, qu’ils prennent une partie de la page ou son entièreté, les illustrations sont tout simplement à couper le souffle.

« La Bible comme un roman », le pari est tenu. Une mise en page réussie, un texte enchanteur et des dessins majestueux, le duo de choc Lechermeier-Dautremer a encore frappé.

Ma note: 4/5

Je vous laisse ici la préface de l’auteur Philippe Lechermeier pour comprendre toute la portée de l’ouvrage…

« Parce que raconter la Bible, c’est raconter notre histoire, une histoire faite de milliers de mythes, de contes et de légendes. Comment comprendre le monde sans tous ces récits ? Comment l’appréhender sans savoir qui sont Abraham, Goliath, la reine de Saba et Marie-Madeleine ? Comment décrypter l’art, l’architecture, la littérature sans connaître les fondations fabuleuses de notre société ? La Bible n’appartient pas qu’à la religion. La Bible est un bien commun. Qu’on soit croyant ou non croyant et qu’on le veuille ou non, ses mythes ont façonné nos sociétés, ils s’immiscent dans notre vie quotidienne, ils circulent dans notre inconscient. En écrivant ce texte, j’ai voulu que chacun puisse reprendre ce qui lui appartient. Une Bible n’est pas La Bible. Une Bible est faite d’histoires qui se répètent et se réinventent. Des histoires que l’on raconte. Qui nous racontent. »

81JMIsVfOlL

91iuWnnKTuL81QcEgqc-KL

Un amour américain de Daniela Volpari

Un_amour_am_ricain

Quatrième de couverture:

Elle cueille un pissenlit et souffle dessus en murmurant un souhait au vent.

Voici le conte amoureux d’une vie rêvée.

Mon avis:

Merci à Babelio et aux éditions Marmaille & compagnie pour cette échappée américaine.

Une rencontre dans un parc et c’est l’histoire d’une vie qui se raconte. Celle de James qui croise le chemin d’une jeune femme aux bouclettes rousses. Une simple journée, le temps est suspendu pour les deux amants mais déjà, James part, parcourt le monde. Le temps passe. Il connait d’autres amours, mais rien n’est plus beau que le souvenir de Laura. Une rencontre avec un magicien plus petit qu’un bonzaï et c’est la promesse tant attendu par James « Dans une ville lumineuse des États-Unis, quelqu’un t’attend ». Le dandy embarque alors vers la grande et prometteuse Amérique, au rythme des paroles de Billie Holiday, convaincu que Laura est là-bas…

C’est un album plein de tendresse que nous offre Daniela Volpari. Des ruelles et des jardins de Shanghaï aux cafés américains, c’est l’histoire d’un homme qui refuse de laisser filer celle qu’il aime. Pleine de poésie, cette romance ravira les petits comme les plus grands, par la réflexion qu’elle donne sur le temps qui passe. Les dessins, point fort de l’ouvrage, sont absolument splendides et tour à tour colorés et pétillants, sensibles et mélancoliques. Je découvre cette maison d’édition et je suis charmée. Bref, vous ne prenez aucun risque à embarquer…

Ma note: 4/5

daniel-volpari-amour-americain-cover

Chaque soir à onze heures d’Eddy Simon et Camille Benyamina

9782203070790

Quatrième de couverture:

« Cette maison, la nuit, elle me fait peur. Il y a des bruits, chaque soir, vers onze heures. Ça me réveille.
– Une présence comme un fantôme ?
– Ne te moque pas ! Je ne l’entends jamais rentrer, mais je perçois sa respiration, à côté de moi. »

En adaptant le conte romantique de Malika Ferdjoukh, Camille Benyamina et Eddy Simon nous entraînent dans un Paris à la fois contemporain et fantasmé.

Mon avis:

Du polar, une histoire de fantômes, de l’amour, voilà les ingrédients du roman de Malika Ferdjoukh scénarisé et mis en images par le duo Eddy Simon et Camille Benyamina. Après leur collaboration pour la publication de Violette Nozière : Vilaine chérie qu’il me tarde de découvrir désormais, j’ai sauté le pas avec cette bande dessinée à la couverture superbe. Les tons sombres où les nuances violines dominent, ainsi que le point de lumière donné par la Tour Eiffel et cette jeune fille sur les toits promettent une belle histoire.

N’ayant pas lu au préalable le roman de Malika Ferdjoukh, je me lançais à l’aveugle. Mais quand on se jette dans un ouvrage inspiré par cette auteure, on se trompe rarement. Et le travail d’adaptation est très réussi, tant par les illustrations que par le scénario. J’ai aimé les traits réalistes des personnages, Camille Benyamina donne beaucoup d’expression à ses dessins. Les couleurs restent sombres tel le suggérait la couverture et apportent une ambiance mi-fantastique, mi-thriller fort appréciable.
Le travail de scénarisation est bien mené, même si j’ai trouvé qu’il y avait parfois un peu trop d’ellipses entre les différentes planches, c’est chose ardue d’adapter un roman en une BD de 90 pages. Mais l’histoire reste compréhensible et divertissante. D’ailleurs, derrière le travail d’Eddy Simon, on retrouve la plume succulente de Malika Ferdjoukh.

Si jamais vous ne l’aviez pas compris j’ai adoré cette adaptation et en plus de cela je ne peux que vous conseiller les romans de Malika Ferdjoukh, dont sa divine saga Quatre sœurs.

Ma note: 4,5/5

Extraits:
9782203070790_pb3

Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent

CVT_Le-liseur-du-06h27_4082

Quatrième de couverture:

Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d’une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine …
Dans des décors familiers transformés par la magie des personnages hauts en couleurs, voici un magnifique conte moderne, drôle, poétique et généreux : un de ces livres qu’on rencontre rarement.

Mon avis:

Tous les matins, il prend le train du 6h27. Il lit quelques pages aux usagers qui veulent bien l’écouter pour s’éloigner d’un métier qu’il déteste : attention amoureux de lecture… Guylain Vignolles travaille dans une usine de pilonnage de livres. Chaque jour des camions emplis de livres nourrissent la Chose, machine infernale qui prend un malin plaisir à détruire tout ce qui entre en elle. Guylain sauve quelques pages une fois le soir venu et les lit dans le RER, seule manière de contrer un peu l’horreur de la machine.
Guylain Vignolles, injustement surnommé Vilain Guignol, vit entre un patron con comme un manche un balai et un employé aussi con que le dit patron, a pour ami un poisson rouge, un cul-de-jatte à la recherche de ses jambes disparues et un homme qui ne s’exprime qu’en alexandrins. Mais dans cette histoire il est aussi question de maison de retraite, de clé USB et d’amour.

Le liseur du 6h27 fut une belle surprise. Alors que le livre commence de manière assez mélancolique, avec un Guylain spectateur de sa vie, la mise en place de l’intrigue a suffit à me faire entrer dans l’histoire. Je me suis peu à peu attachée au personnage principal et aux personnages secondaires doucement dingues. À la moitié du roman, la plume de l’auteur m’a semblé moins fade, la légèreté et la drôlerie du livre a fait son apparition. Dommage que la fin m’est un peu laissé sur la faim !
Un court roman pour passer un bon moment.

Ma note: 3,5/5

Citation:

« Et bien sûr, comme tous les ans, c’est ce même nombre désespérant qui a envahi l’écran. 14 717. Je rêve toujours d’un nombre plus chaleureux, plus rondouillard, plus agréable à l’œil. Un nombre avec en son sein quelques zéros bien ventrus, voire des huit, des six ou des neuf pansus à souhait. Un beau trois, généreux come une poitrine de nourrice, suffirait amplement à mon bonheur. 14 717, c’est tout en os, un nombre pareil. Ça vous expose sa maigreur sans détour, vous agresse la rétine de l’aigu de ses angles. Quoique vous fassiez, une fois posé sur le papier, ça reste toujours une suite de droites fracturées. Il suffirait d’une seule faïence de plus ou de moins pour habiller ce nombre antipathique d’un début de rondeur avenante. »