Un petit goût de noisette de Vanyda

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Quatrième de couverture:

Quel est le cri de l’ours en néerlandais ?
Qu’est-ce qu’un moment parfait ?
Est-ce qu’on leur tous les soirs
pour renaitre le lendemain matin ?

Et si on était tous des écureuils
à la recherche de la plus belle noisette ?!

Mon avis:

Des petites histoires toutes imbriquées les unes dans les autres où l’amour est au centre des esprits. Une enfant fascinée par son voisin étudiant. Une jeune femme qui retrouve son amour de jeunesse, qui en aime une autre. Une femme entichée d’un homme déjà pris. Un homme qui rate toujours le coche lorsqu’il est question d’amour, un autre qui n’y croit plus…

Voici une ribambelle de personnages dont Vanyda nous dessine le quotidien. Des hommes et des femmes perdus dans leurs tourments affectifs qui rêvent de passion et de tendresse. Des histoires de rencontres, de patience, de confiance et d’espoir.

Le trait de l’auteure raconte à merveille ses tranches de vie. Des illustrations dont le noir et blanc est rehaussé d’une touche de couleur vibrante, symbole d’un personnage particulier. Chaque visage m’a touchée, et plus précisément, les profils des différents personnages, que j’ai trouvé simplement émouvants.

Une bande dessinée prise par hasard dans les rayons de la bibliothèque, après avoir lu un bien joli billet chez Moka. Son avis poétique ici.

Ma note: 4,5/5

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Abélard de Régis Hautière et Renaud Dillies

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« Personne n’est innocent ! On est tous coupables de quelque chose ! Hommes, femmes, tous ! Sauf peut-être les enfants. Mais les enfants sont des cons. »

Depuis qu’il a croisé la route de la ravissante Épilie, Abélard en a assez de la tranquillité du marais. Les parties de cartes, la pêche, c’est bien joli, mais ça ne vaut pas l’amour qui vient d’électrifier son petit corps. Il irait bien lui décrocher la lune à sa belle. Seul moyen de la séduire, paraît-il. Pour ça, le candide canari entreprend un voyage vers l’Amérique. Elle seule à la capacité de l’envoyer dans les étoiles.

Partir à l’aventure, voilà ce que promet l’amour au frêle Abélard. Lui, qui ne connait pas la réalité du monde, compose sa vie à partir des bouts de papier philosophiques qu’il trouve sous son chapeau. Des rencontres, il va en faire. Des bonnes et des moins bonnes. Mais il en faudrait bien plus pour le faire reculer. C’est sa vie qu’Abélard est en train de vivre…

Je crois que cette BD jeunesse est l’une des plus belles que j’ai pu lire. Il y a les dessins aux traits épais qui dessinent les contours de ces animaux extraordinaires. Ces couleurs chaudes qui font qu’on se sent un peu ailleurs, avant. Et des textes qui ne pourront laisser indifférents. C’est humain, c’est poétique, c’est beau. Je vous laisse le plaisir de vous y jeter. Elle vaut vraiment d’être lue. (surtout si comme moi vous finissez par la trouver au fond d’un bac oublié de la bibliothèque municipale…)

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« C’est joli, une étoile. Mais est-ce que ça vaut une fleur ? Et d’abord, ça sent quoi, une étoile ? Si ça se trouve, ça pue… »

Vous savez bien si vous avez lu le précédent tome, quelle rencontre rocambolesque a fait notre cher Abélard et vers quelle contrée lointaine se dirigent ce drôle de duo. Là encore, les yeux naïfs du petit canari vont se poser sur la dure réalité du monde. Pourtant, l’optimisme n’est plus vraiment à l’heure du jour. L’album se pare d’un voile sombre. Un tournant est en train de se faire… Et pourtant.

Je ne peux pas vous en dire plus, j’aimerais, mais ce serait dommage. Vous perdrez le plaisir de découvrir chaque nouvelle planche avec délectation, vous manquerez cette petite citation qui fait mouche, vous oublierez cette bande dessinée. Et oui, vraiment, ce serait dommage.

❤ ❤ ❤

Les blogs sont vraiment de chouettes choses… Merci Moka !

Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? de Zidrou et Roger

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Quatrième de couverture:

Catherine a 72 ans. Elle est veuve. Son fils de 43 ans, Michel, vit encore avec elle. Il faut vous dire que Michel est handicapé suite à un accident de voiture. Permettez-nous de vous raconter par petites touches, par petites tranches de vie, le quotidien de cette héroïne. Permettez-nous de tenter de capturer ses sensations, ses émotions, de traduire en quelques pages une vie de sacrifice et d’amour. Une belle vie, en somme. Et, croyez-le ou non, en sa compagnie et celle de son fils, nous allons vivre de bons moments. De moins bons aussi, bien sûr. Mais n’est-ce pas le lot des héros que de souffrir ?…

Mon avis:

En regardant seulement la couverture, vous distinguerez un homme à l’envergure impressionnante. Si vous regardez ce personnage dans les yeux, vous oublierez sa carrure et verrez le visage d’un poupon. Inquiet et craintif. Finalement, ce roi de Prusse paraît étonnant.

Lorsqu’on retourne l’ouvrage, c’est une vieille dame qui apparaît, bien plus frêle que le personnage précédent, pourtant, elle affiche un sourire. Affectueux et déterminé.

Derrière lui, il y a elle.

Catherine, 72 ans, s’occupe de son fils Michel, 43 ans, après qu’un accident de voiture l’a rendu handicapé. Zidrou et Roger nous racontent les bons comme les moins bons moments de cette famille pas comme les autres. Avec simplicité, l’auteur évoque ses petits bonheurs du quotidien qui rendent les instants chaotiques moins pénibles. D’un moment de complicité intense avec son fils à une crise de rage pour un vêtement pas repassé, Catherine essuie les difficultés à grand renfort d’amour et de dévotion. En véritable héroïne ordinaire, elle donne toute son humanité à ce bijou du neuvième art.

Roger possède un coup de crayon très expressif qui, si au premier abord ne m’avait pas bottée plus que ça, a finalement réussi à emporter mon parti. Les couleurs sont chaudes et apaisantes, à l’image de la couverture.

Une nouvelle fois, je ne suis pas déçue par le talent de Zidrou et ne peux que chaudement vous recommander cette douce histoire de repriseuse de chaussettes…

Ma note: 4/5

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Pico Bogue, La vie et moi de Dominique Roques et Alexis Dormal

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Sous ce drôle de nom et cette chevelure entremêlée se cache un petit garçon à la langue bien pendue. Pico a le pouvoir de mener légèrement en bourrique ses parents, de rendre chèvre sa maîtresse, de mener sa petite sœur Ana Ana en bateau (ou l’inverse ?), d’embêter sa Mamite et son Papic, de faire des paris avec ses meilleurs amis et d’être la terreur du marchand de bonbons.

La vie de Pico Bogue est racontée en scénettes d’une demi-page, tour à tour rigolote et touchante, je me suis souvent surprise à sourire tendrement ou à pouffer de rire. C’est que Pico a une répartie des plus cinglantes chose pas forcément évidente pour un jeune lecteur. Les plus petits feront face à un petit garnement qui enchaîne les bêtises et les caprices tandis que les plus grands en feront une lecture plus subtile. D’ailleurs, ce petit personnage vous fera peut-être penser au Petit Nicolas de Goscinny.

Les illustrations d’Alexis Dormal collent parfaitement au propos, des dessins griffonnés aux limites floues, des couleurs douces qui rappellent l’univers de l’enfant. Les pages s’enchaînent comme une gourmandise qu’on finit toujours trop vite.

Pico Bogue est une véritable pépite textuelle et graphique ! J’ai hâte de connaître la suite des aventures de Pico et Ana Ana !

Ma note: 4/5

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Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur de Gwangjo et Corbeyran

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Quatrième de couverture:

Lundi matin. Pénible, comme tous les lundis. Tôt, comme tous les matins. Je me lève la première pour préparer le petit déjeuner à Xavier.

Quelques phrases jetées sur les pages d’un journal intime oublié dans une poubelle et Louis Levasseur, écrivain raté et fauché, renoue avec l’inspiration. Le contenu du journal est explicite : Léa a un problème avec les appareils électroménagers et tout ce qui constitue l’univers de la femme au foyer. Conquis par cette amnésie singulière, Louis s’empare du propos de cette « ménagère inconnue » et en fait l’héroïne de son nouveau roman, transformant au passage Léa en icône révolutionnaire. Auréolé du succès planétaire de son best-seller, Louis est désormais heureux et comblé. Jusqu’au jour où il découvre la « vraie » histoire de Léa.

Mon avis:

Aux premiers abords, c’est le titre du livre qui m’a intriguée. Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur. Un titre à rallonge, plutôt sans queue ni tête, comme on en voit beaucoup en ce moment. En feuilletant, je remarque que les dessins sont assez sombres, à voir… Je retourne l’ouvrage, un pitch qui me décide à l’emprunter.

Louis Levasseur est un écrivain paumé qui n’a pas publié depuis des années, il est seul, fauché et en manque d’inspiration. Un jour par (un heureux) hasard, alors qu’il cogitait sur son existence, il découvre dans les poubelles en bas de chez lui, le journal intime de Léa. Touchée par une « maladie » singulière, Léa expose dans ce journal, son incapacité à utiliser les différents appareils électroménagers qui occupent son quotidien, du lave-linge au fer à lisser. Inspiré, Louis s’accapare de cette étrange histoire et tire de ce journal, son futur succès littéraire. Mais Louis ne connait pas toutes les zones d’ombre de la vie de Léa et cette publication ne sera pas sans conséquence…

Avant toute chose, je retiendrai de ce roman graphique, la qualité du dessin. Tout en crayon papier, les planches sont criantes de réalisme, chaque geste, chaque émotion sont transmis à travers les traits. Même si pour ma part, le réalisme des dessins n’est pas une chose absolument nécessaire pour apprécier une lecture et n’est pas forcément ce que je préfère, j’ai été agréablement surprise. D’autant plus que cela correspond bien à la trame de l’histoire. Dès le début, j’ai compris la face cachée de la vie de Léa d’où provenait cette amnésie particulière. Ainsi, le lecteur est empressé de connaître l’issue de toute cette histoire qui s’annoncera nuageuse. Une lecture dont on ressort mélancolique par le sujet traité…

Ma note: 3,5/5

Extrait:

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Dans un thème similaire, il y a également la bande dessinée Inès de Loïc Dauvillier et Jérôme d’Aviau.