Entre chien et loups de Sophie Dujardin

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Quatrième de couverture:

C’est l’histoire d’un chien, et c’est une tranche de vie à travers le regard de ce chien. Une famille qui vit et qui meurt. Un cancer qui exulte. Des souffrances qui divisent. Une famille qui se brise. Des portraits au vitriol. La douleur de l’humain sous les yeux innocents d’un chien fidèle.

Mon avis:

Merci à l’auteur de m’avoir gentiment envoyé son livre en format numérique.

Vous êtes-vous déjà demandé ce que pouvais penser un fidèle compagnon à quatre pattes ? Que pourrait-il dire si la parole lui était donnée ? C’est à cet exercice que se prête Sophie Dujardin dans son roman Entre chien et loups.

L’auteur propose un court roman où chaque événement est vue à travers les yeux innocents d’un chien. Adoptée par une femme attentionnée, la jeune chienne fait la connaissance du monde qui l’entoure avec une énergie et une joie de vie débordantes. Mais son innocence est mise à rude épreuve lorsqu’elle comprend que le père de sa maîtresse est gravement malade.

Commence alors le récit d’une famille qui se déchire. Les non-dits sont pesants, étouffants. Les liens familiaux s’étiolent tandis que le cancer progresse.

Dans cet auto-portrait, Sophie Dujardin évoque la perte d’un être cher. Par pudeur et avec tristesse, elle raconte son histoire à travers le regard de son animal de compagnie, car la douleur est indicible, la souffrance difficile à évoquer en son nom.

Entre chien et loups est un auto-portrait émouvant. À découvrir.

Ma note: 3,5/5

« Ce récit, je le déteste autant que je l’’aime.
Je le déteste parce que j’’aurais voulu ne jamais avoir à l’’écrire.
Je l’’aime parce qu’’il parle de mon père. »

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

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Quatrième de couverture:

Mon ange de bleu
Bleu du ciel
Bleu des rivières
Source de vie

La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir et lui permettra d’affronter le regard des autres. Un récit tendre et sensible.

Mon avis:

Clémentine, une fille comme les autres.

Clémentine a seize ans et un petit copain. Elle l’aime bien pourtant, dans l’intimité quelque chose ne va pas. Ça l’a chagrine cette histoire, Clémentine. Et lorsqu’elle croise par hasard une jeune fille aux cheveux bleus au bras d’une autre fille, autant dire que c’est une tornade dans la vie de l’adolescente.

Sans nul doute cette inconnue l’attire et fait naitre chez elle des sentiments nouveaux. Elle s’appelle Emma et aime les filles. Etudiante en art, Emma devient peu à peu une amie pour Clémentine et bien plus.

C’est l’histoire d’un amour plus fort que la bêtise. Clémentine a honte d’aimer une fille. Il faut dire qu’elle a un entourage qui ne s’y connait pas trop en « différence » et ouverture d’esprit. Les propos sont violents et ne font que culpabiliser Clémentine, contrainte de cacher ses sentiments, contrainte de se mentir pour être aimé, contrainte de choisir.

Julie Maroh écrit et dessine là une histoire d’amour sublime. En noir et blanc, les planches laissent tout de même encore passer l’espoir, ce bleu, une couleur si chaude… Les gros plans capturent l’instant. Surtout les visages, intenses et expressifs. Amour et mélancolie sont mes mots pour résumer cet ouvrage. Dommage pour les quelques fautes d’orthographe !

Clémentine est une fille comme les autres, c’est eux qui ne veulent pas le voir.

Ma note: 4/5

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Demain j’arrête ! de Gilles Legardinier

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Quatrième de couverture:

Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ? Au début, c’est à cause de son nom rigolo que Julie s’est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu’il semble cacher… Parce qu’elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants…

Mon avis:

Sans doute, cet avis passera inaperçu, tant de choses ont été dites sur ce roman. Mais on ne sait jamais s’il y a encore un quelconque lecteur potentiel à convaincre…

Depuis le temps qu’il fallait que je découvre ce qui se cachait derrière ces couvertures flamboyantes à chats, c’est maintenant chose faite avec Demain j’arrête.

Julie Tournelle a 28 ans, ouvre des comptes d’épargne et fait signer des assurances auto, a un patron sur le dos aussi aimable qu’une porte de prison, et vient de se faire larguer. Bref, c’est pas la joie. Heureusement, Julie peut compter sur ses amis et sur son caractère loufoque pour amener un peu de chaleur et de magie dans sa vie. D’autant plus, qu’un charmant jeune homme au tendre nom de « Ricardo Patatras » vient d’emménager au-dessus de chez elle. Et si ça, ce n’est pas l’espoir d’une nouvelle vie pour Julie, mais qu’est-ce que c’est ? Les aventures de Julie promettent des étincelles !

Le personnage de Julie est complètement barrée. Elle est d’une folie sans nom, et possède un sens du raisonnement assez personnel, tant les décisions qu’elle prend sont surréalistes. Mais finalement, son entourage n’est pas triste non plus, entre ses dîners entre copines célibataires, ses parents qui attendent impatiemment qu’elle leur fasse des petits-enfants, en passant par un ami d’enfance qui construit la voiture du futur dans son garage, la vie de Julie est loin d’être des plus banales. On sourit beaucoup à la lecture de ce roman, c’est frais et léger, même si certains passages sont aussi très tendres, comme l’amitié qui lie Julie avec sa vieille voisine Mme Roudan, ou encore les chamailleries de la boulangère Mme Bergerot et l’épicier Mohamed qui témoignent en fait d’une forte affection l’un envers l’autre. Il faut dire que Gilles Legardinier se montre bienveillant à l’égard ses personnages, c’est parfois un peu le monde des bisounours, mais cette solidarité réchauffe le coeur. On s’attache sincèrement à ce petit monde et encore plus à Julie qui se donne un mal de chien pour aider ses amis et à séduire le mystérieux Ric.

Le style est simple et les courts chapitres font que le livre se lit très vite. C’est devenue rare que je lise ce genre de livre, mais celui-ci m’a bien plu. À voir si je retente l’expérience des couvertures à chat !

Ma note: 3,5/5

Citations:

« Chaque soir, le monde se divise en deux grandes catégories : ceux qui vont s’endormir comme des marmottes, et les autres qui auront des cernes le lendemain. Chacun son tour, on passe d’un camp à l’autre au gré de nos vies. »

« Au mieux, il va me prendre pour une prostituée de la cordillère des Andes qui fait le tapin en attendant une éclipse. »

Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables de Philippe Delerm

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Quatrième de couverture:

« Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l’eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède. Bien sûr que l’on dévore encore. Comment se souvenir sinon d’avoir pu dévorer ? »

Mon avis:

Je plaide coupable, j’ai (encore) choisi un livre pour son titre. En même temps, comment résister à l’association d’un immense écrivain anglais et une sucrerie nuageuse qui colle aux doigts sur une même couverture. Mais c’était aussi un prétexte pour découvrir le talent de Philippe Delerm.

Que raconte-t-il cette fois-ci Philippe ? De la purée à Proust, en passant par Balzac et les fast-food, ces courtes nouvelles nous entrainent dans une spirale nostalgique, empli de saveurs gustatives et littéraires, servi par une plume des plus agréable. L’écriture de Philippe Delerm est très belle, métaphorique et imagée, elle sert à merveille le récit de ses petits plaisirs quotidiens. Cependant, ce verbe très plaisant tend à s’étioler car l’on finit par s’ennuyer. Ces petites histoires ne m’ont pas emporté, je n’ai pas particulièrement souri, ni ai été émue. L’auteur suggère des détails de la vie de tous les jours, mais ses paroles n’apportent rien, on dirait un simple constat.

L’écriture de Delerm n’aura pas suffi à me transporter. Je suis tout de même contente d’avoir découvert l’un de ses écrits et ressort avec un délicieux souvenir : vous vous rappelez de Crin-Blanc ?

Ma note: 3/5

Citation:

« Il y avait des pommes d’amour. Ça on essayait juste une fois : ce rouge grenadine un peu brillant autour de la pomme faisait vraiment envie, mais après avoir cassé du bout des dents l’enveloppe de sucre, on était plutôt déçu de sentir l’acidité d’une vraie pomme ; on avait l’impression de se faire avoir, de croquer à l’ordinaire, un peu embarrassé par les éclats rougeoyants durs qui ne paraissaient plus du tout magiques, et empêchaient juste de manger normalement une pomme tristement banale. »

Je l’aimais de Anna Gavalda

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Quatrième de couverture:

« On biaise, on s’arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s’y attache. C’est la vie. II y a les courageux et puis ceux qui s’accommodent. C’est tellement moins fatigant de s’accommoder… »

A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l’on se rend compte – un peu tard – que l’on s’est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d’Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière : plutôt que d’accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n’en a pas été capable. Tout au long d’une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.

Mon avis:

C’était un risque, lire le livre après avoir vu le film. D’autant plus que j’avais adoré l’adaptation de Zabou Breitman portée par Daniel Auteuil et Marie-Josée Croze. Avec un premier qui m’épate toujours et une seconde qui a un charme fou, lourd était le poids sur les épaules d’Anna Gavalda.

Bien qu’ayant très peur d’avoir l’ombre des acteurs sur les personnages créés par l’auteure, le roman a su se faire une place auprès de moi. J’ai trouvé qu’il complétait l’histoire ébauchée par ma découverte du film.

Le mari de Chloé a quitté femme et enfants pour partir avec une autre. Pour Chloé, qui ne s’est rendu compte de rien, c’est un coup de massue. Mais son beau-père prend les choses en main, et l’emmène, elle et les filles, dans sa maison de campagne. Ce sont des journées à tenter de faire bonne figure et des nuits à pleurer. Jusqu’à ce soir, où son beau-père Pierre, lui explique le courage de son fils, lui qui bien des années auparavant, a laissé partir l’amour de sa vie.

Encore la découverte d’une nouvelle plume ce mois-ci et ce n’est pas pour me décevoir. Même si l’histoire m’a bien plus charmée que le style de l’auteure, j’en ai appris davantage sur les personnages que j’avais si bien aimé. Chloé a un rôle bien moins mièvre dans le roman. C’est une joute verbale qui se met en place entre elle et Pierre et à travers elle, nous apprivoisons et comprenons le personnage de Pierre. Comment excuser et pardonner un homme qui détruit tout ce que lui et sa femme avaient construit ? Mais pourquoi rester, si l’amour n’est plus aussi beau et entier ?

Je l’aimais, c’est aussi l’histoire d’un adultère et d’une passion et là, le film est fidèle… Un homme lâche qui fait des promesses et une femme malheureuse qui attend. Ils s’aiment mais il doit faire un choix et il n’y arrive pas. C’est beau et c’est triste.

Bref, et comme à chaque fois que j’aime quelque chose, je ne sais pas en parler. Alors allez découvrir le film. Ou le livre. Ou les deux. (Si ce n’est pas déjà fait, il n’y a que moi pour découvrir des livres dix ans après tout le monde.)

Ma note: 4/5

Citation:

« Maintenant, j’aimerais bien m’arrêter de courir un peu parce que je trouve que la vie est belle avec vous. Je vous l’avais dit que j’essaierai de vivre sans vous… J’essaie, j’essaie, mais je ne suis pas très vaillante, je pense à vous tous le temps. Alors je vous le demande maintenant et pour la dernière fois peut-être, qu’avez-vous l’intention de faire de moi ? »

Un certain sourire de Françoise Sagan

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Quatrième de couverture:

En compagnie de son jeune amant Bertrand, Dominique, étudiante à la Sorbonne, connaît bien  » la petite couleur mauve de l’ennui « . Tout change lorsque Bertrand lui présente son oncle Luc, séduisant quadragénaire à la réputation légère. Près de lui, Dominique se sent tout à coup gaie et drôle, étrangement vivante, et accepte de le suivre pour quinze jours de vacances à Cannes. Que risque-t-elle ? S’attacher à cet homme frivole, un peu cynique, qui semble jouer avec elle ? Souffrir ensuite ? Et après ? Le plaisir, les rires, une complicité inattendue, cela ne vaut-il pas mieux que de s’ennuyer ? Tous les dangers guettent Dominique au bord de la Méditerranée. Elle ne sait pas encore comment on guérit d’un amour…

Mon avis:

Il y a longtemps que je voulais découvrir Françoise Sagan. Longtemps j’ai hésité à commencer par son premier roman et ai finalement opté pour celui-ci. La célébrité de Bonjour Tristesse ayant sans doute joué, j’ai préféré rencontrer pour une première, Un certain sourire, deuxième roman publié par Sagan, écrit à tout juste dix-neuf ans.

Dominique est étudiante à la Sorbonne, mais elle s’y ennuie. Elle voit souvent Bertrand, un garçon de son âge, pourtant elle ne l’aime pas. Elle rencontre Luc, oncle de Bertrand et séduisant homme d’âge mûr et il ne la laisse pas indifférente. Pourtant marié à Françoise, Luc entame une liaison avec Dominique et lui propose de partir à Cannes pour quinze jours. Ces deux êtres-là se ressemblent et se plaisent, pourquoi refuserait-elle cette invitation ? Plutôt que de s’ennuyer à Paris, pourquoi ne pas vivre cette passion, aussi brève soit-elle ?

Scénario classique pour ma première rencontre avec Sagan, tout est vu du point de vue de Dominique et c’est avec une justesse désarmante que l’auteur décrit les sentiments de son héroïne. Les moments intenses qu’elle partage avec Luc, les instants passés seule dans sa chambre, la complicité qu’elle partage avec Françoise, la tendresse de Bertrand, son enfance qui s’en va pour laisser place à l’âge adulte. Le roman est très court et pourtant, il m’a semblé connaître Dominique depuis toujours. Pour ma part, Dominique, c’est un de ses personnages dont on ne sait pourquoi, mais elle nous parle. On s’attache à elle malgré sa mélancolie permanente, satisfaite par rien hormis la promesse d’un rendez-vous avec Luc. Elle sait qu’il ne l’aime pas et pourtant… Les personnages secondaires sont pour le coup bien secondaires puisque pendant ma lecture je ne voyais que Dominique. Luc m’a parfois exaspéré mais, je n’ai pas réussi à le détester, j’ai eu de la peine pour Bertrand et je n’ai pas toujours comprise Françoise.

Cette histoire d’amour, bien qu’à plusieurs reprises malsaine, m’a terriblement plu. J’ai été charmée par le personnage de Sagan, à tel point que j’ai du mal à trouver les mots pour écrire cette critique. Et désormais, moi qui craignais de découvrir son premier roman, j’ai hâte !

Ma note: 4/5

Citations:

« Bertrand était mon premier amant. C’était sur lui que j’avais connu le parfum de mon propre corps. C’est toujours sur le corps des autres qu’on découvre le sien, sa longueur, son odeur, d’abord avec méfiance, puis avec reconnaissance. »

« Je pensais que je devais peut-être simuler quelque intérêt pour la profession de Luc, ce que je ne pensais jamais faire. J’aurais voulu demander aux gens : « Etes-vous amoureux ? Que lisez-vous ? », mais je ne m’inquiétais pas de leur profession… souvent primordiale à leurs yeux. »

Elle avait des rides assez sévères au coin des yeux. J’y posai mon index :
« Moi, je trouve ça merveilleux, dis-je tendrement. Toutes les nuits, tous les pays, tous les visages qu’il a fallu pour avoir ces deux minuscules petites lignes là…Vous y gagnez. Et puis ça donne l’air vivant. Et puis, je ne sais pas, moi, je trouve ça beau, expressif, troublant. J’ai horreur des têtes lisses. »

Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire

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Quatrième de couverture:

Lorsqu’il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de « bagatelles », il a pleinement conscience de ce qu’ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s’inaugure de manière capitale dans ces textes qui visent à capter l’étrangeté du quotidien de son temps, ce n’est rien moins qu’une forme littéraire nouvelle. Rimbaud et Mallarmé vont s’en souvenir très vite – et bien d’autres après eux. Bien que le poète y songeât depuis 1857, l’année des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris ne parut que deux ans après sa mort, en 1869. Ses poèmes en prose constituaient pourtant à ses yeux le « pendant » de ses pièces en vers, et les deux livres, en effet, se font écho à maints égards. Mais à la différence des Fleurs du Mal, ce n’est pas ici un recueil composé qui nous est offert: un espace de liberté, bien plutôt, où le flâneur témoigne d’un nouveau regard venu à l’homme moderne pour lequel la réalité multiplie ses images…

Mon avis:

Aujourd’hui, je ne vais pas me faire des amis…

Baudelaire, c’est ma déception de la semaine. Je ne comprends pas pourquoi je suis passée à côté. J’arrivais en territoire inconnu (mes années lycée ne m’ayant pas donnée l’occasion d’étudier Les Fleurs du Mal), cependant, selon les dires, je devais être épatée et charmée par les poèmes de ce cher Baudelaire, poète ô combien torturé…

Eh bien que nenni ! Je n’ai pas du tout été transporté durant ma lecture des Petits poèmes en prose. Ça parle de mort, de folie, d’abandon, de solitude. Et tout cela est mélancolique, pessimiste et cyniquement macabre mais certainement pas au point de crier au génie (bien sûr ce n’est que mon avis). Au contraire je me demande pourquoi il y a tant de raillerie dans ces poèmes qui se veulent des « pendants » aux Fleurs du Mal. Je comprends bien que c’est le style de l’auteur, qu’il se considère comme témoin de son temps, mais je n’ai pas réussi à entrer dans cet univers, je suis restée sur le pas de la porte. Peut-être la prose y est-elle aussi pour quelque chose ?

Allez, comme ça me chagrine un peu de ne pas reconnaître le talent de Baudelaire, les poèmes comme La corde ou Mademoiselle Bistouri valent, selon moi, le détour (mais attention à ne pas lire près d’une falaise ou une voie ferrée !)

Une grande déception, donc. Il ne me reste plus qu’à découvrir Les Fleurs du Mal, lecture que je redoute un peu.

Ma note: 2/5

Chaque soir à onze heures d’Eddy Simon et Camille Benyamina

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Quatrième de couverture:

« Cette maison, la nuit, elle me fait peur. Il y a des bruits, chaque soir, vers onze heures. Ça me réveille.
– Une présence comme un fantôme ?
– Ne te moque pas ! Je ne l’entends jamais rentrer, mais je perçois sa respiration, à côté de moi. »

En adaptant le conte romantique de Malika Ferdjoukh, Camille Benyamina et Eddy Simon nous entraînent dans un Paris à la fois contemporain et fantasmé.

Mon avis:

Du polar, une histoire de fantômes, de l’amour, voilà les ingrédients du roman de Malika Ferdjoukh scénarisé et mis en images par le duo Eddy Simon et Camille Benyamina. Après leur collaboration pour la publication de Violette Nozière : Vilaine chérie qu’il me tarde de découvrir désormais, j’ai sauté le pas avec cette bande dessinée à la couverture superbe. Les tons sombres où les nuances violines dominent, ainsi que le point de lumière donné par la Tour Eiffel et cette jeune fille sur les toits promettent une belle histoire.

N’ayant pas lu au préalable le roman de Malika Ferdjoukh, je me lançais à l’aveugle. Mais quand on se jette dans un ouvrage inspiré par cette auteure, on se trompe rarement. Et le travail d’adaptation est très réussi, tant par les illustrations que par le scénario. J’ai aimé les traits réalistes des personnages, Camille Benyamina donne beaucoup d’expression à ses dessins. Les couleurs restent sombres tel le suggérait la couverture et apportent une ambiance mi-fantastique, mi-thriller fort appréciable.
Le travail de scénarisation est bien mené, même si j’ai trouvé qu’il y avait parfois un peu trop d’ellipses entre les différentes planches, c’est chose ardue d’adapter un roman en une BD de 90 pages. Mais l’histoire reste compréhensible et divertissante. D’ailleurs, derrière le travail d’Eddy Simon, on retrouve la plume succulente de Malika Ferdjoukh.

Si jamais vous ne l’aviez pas compris j’ai adoré cette adaptation et en plus de cela je ne peux que vous conseiller les romans de Malika Ferdjoukh, dont sa divine saga Quatre sœurs.

Ma note: 4,5/5

Extraits:
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Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent

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Quatrième de couverture:

Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d’une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine …
Dans des décors familiers transformés par la magie des personnages hauts en couleurs, voici un magnifique conte moderne, drôle, poétique et généreux : un de ces livres qu’on rencontre rarement.

Mon avis:

Tous les matins, il prend le train du 6h27. Il lit quelques pages aux usagers qui veulent bien l’écouter pour s’éloigner d’un métier qu’il déteste : attention amoureux de lecture… Guylain Vignolles travaille dans une usine de pilonnage de livres. Chaque jour des camions emplis de livres nourrissent la Chose, machine infernale qui prend un malin plaisir à détruire tout ce qui entre en elle. Guylain sauve quelques pages une fois le soir venu et les lit dans le RER, seule manière de contrer un peu l’horreur de la machine.
Guylain Vignolles, injustement surnommé Vilain Guignol, vit entre un patron con comme un manche un balai et un employé aussi con que le dit patron, a pour ami un poisson rouge, un cul-de-jatte à la recherche de ses jambes disparues et un homme qui ne s’exprime qu’en alexandrins. Mais dans cette histoire il est aussi question de maison de retraite, de clé USB et d’amour.

Le liseur du 6h27 fut une belle surprise. Alors que le livre commence de manière assez mélancolique, avec un Guylain spectateur de sa vie, la mise en place de l’intrigue a suffit à me faire entrer dans l’histoire. Je me suis peu à peu attachée au personnage principal et aux personnages secondaires doucement dingues. À la moitié du roman, la plume de l’auteur m’a semblé moins fade, la légèreté et la drôlerie du livre a fait son apparition. Dommage que la fin m’est un peu laissé sur la faim !
Un court roman pour passer un bon moment.

Ma note: 3,5/5

Citation:

« Et bien sûr, comme tous les ans, c’est ce même nombre désespérant qui a envahi l’écran. 14 717. Je rêve toujours d’un nombre plus chaleureux, plus rondouillard, plus agréable à l’œil. Un nombre avec en son sein quelques zéros bien ventrus, voire des huit, des six ou des neuf pansus à souhait. Un beau trois, généreux come une poitrine de nourrice, suffirait amplement à mon bonheur. 14 717, c’est tout en os, un nombre pareil. Ça vous expose sa maigreur sans détour, vous agresse la rétine de l’aigu de ses angles. Quoique vous fassiez, une fois posé sur le papier, ça reste toujours une suite de droites fracturées. Il suffirait d’une seule faïence de plus ou de moins pour habiller ce nombre antipathique d’un début de rondeur avenante. »

La porte du secret de Christel Noir

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Quatrième de couverture:

Marie, libraire à Montmartre, partage le quotidien d’une adolescente précoce et d’un vieil homme passionné de lecture. Sa rencontre avec Josh, scénariste non dénué de charme, ressemble à une promesse d’amour. Elle coïncidera avec l’apparition d’un improbable confident. Ange gardien, double, ou intuition, il est là, posé au bout de son lit. Mais que penser de cet esprit qui disparaît et réapparaît à sa guise, prétendant l’aider à rattraper ses rêves ? Marie doit-elle appeler la police, consulter un psychiatre ou, tout simplement, se laisser entraîner dans une extravagante aventure ?
La Porte du secret est un roman résolument optimiste. On en ressort avec le sourire aux lèvres et une furieuse envie de se donner les moyens de vivre pleinement.

Mon avis:

Merci à la Masse Critique de Babelio et aux éditions Héloïse D’Ormesson pour l’envoi de cet ouvrage.

Ouf ! enfin arrivé à bout de ces 316 pages, ce fut une longue et laborieuse lecture… Pourtant le synopsis laissait présager une histoire simple et agréable pour la saison… Erreur !

Après la mort de son grand-père Samuel, qui l’a élevée, Marie a hérité de sa librairie de vieux livres dans le quartier de Montmartre où elle vit une routine douce et rassurante. Lors d’un week-end chez son amie Margaux, Marie fait la rencontre de Josh, un scénariste dévasté depuis la mort de son épouse Hélène. Elle qui a renoncé aux hommes depuis bien longtemps, Josh semble bousculé tous ses projets. De même lui, qui a mis de côté ses sentiments et même sa vie n’est pas insensible au charme de Marie. Mais voilà, ce séjour passe, les jeunes gens se séparent, et l’on suit la vie de Marie et de Josh à tour de rôle, un chapitre sur l’un, un chapitre sur l’autre, on en apprend un peu plus sur leur quotidien, leur entourage, leurs fragilités mais on s’ennuie ferme. En point de vue externe, le narrateur a été, pour moi, trop présent, il détaille chaque fait et chaque geste des protagonistes ce qui casse toute magie et empêche la part d’imagination du lecteur. Ajoutez à cela des questions existentielles et spirituelles à tout bout de champ et on se perd carrément dans le fil de l’histoire sans compter l’apparition surnaturelle d’Eloïse, ange gardien de Marie. Moi qui ne suis pas friande de fantastique et d’au-delà, je pensais que ce côté surnaturel serait davantage tourné vers l’humour, tel le génie d’Aladdin par exemple (exemple un peu futile mais c’est le premier qui m’est venu !). Alors certes Eloïse est une aide pour Marie dont le but est de la faire sortir de sa routine, de la faire croire en ses rêves et de se détacher de l’ombre de son grand-père (finalement on est plus dans Star Wars que dans Aladdin…) mais l’auteure a également choisi de parler de réincarnation et là, elle m’a définitivement perdue. Autre chose qui m’a déçue et est important dans mon ressenti après chaque lecture, c’est mon attachement aux personnages. J’ai trouvé Marie et Josh bien peu originaux heureusement les personnages secondaires sont plus consistants, notamment Noémie, la « sœur adoptive » de Marie à la répartie cinglante ou encore Emile, le vieil homme qui a cessé de parler après avoir survécu des camps et prend soin de Marie depuis la disparition de son grand-père.

La porte du secret n’était pas un livre pour moi. Cependant je pense qu’il trouvera son lectorat, au vu des quelques critiques positives sur Babelio, et puis même si la plume de Christel Noir ne m’a pas touché qui sait si vous, ne trouverez-vous pas le roman « résolument optimiste » tel que le promet la quatrième de couverture ?

Ma note: 2/5

Citation:

« C’est une bonne chose, une page blanche, tu sais : c’est une page vierge pour écrire une nouvelle histoire. »