Seule la mer d’Amos Oz

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Quatrième de couverture:

Albert Danon est seul. Sa femme Nadia vient de mourir d’un cancer, et son fils Rico est parti pour le Tibet. Bettine, une vieille amie, veuve elle aussi, s’inquiète pour Albert. Surtout lorsque Dita, la petite amie de Rico, emménage chez lui.
Un certain Doubi Dombrov veut produire le scénario de Dita, mais il veut surtout Dita. Qui couche avec Guigui, en pensant à Albert, ou à Rico. Qui pense à sa mère, et ne veut pas rentrer du Tibet.

Un chassé-croisé de voix et d’histoires que le narrateur, affranchi de toute contrainte formelle, tisse, tout en nous parlant de lui, en un poème bouleversant qui se lit comme un roman – ou est-ce un roman qui se lit comme un poème ? – pour serrer au plus près la quintessence de nos vies, le désir, la nostalgie d’un bonheur perdu, la mort qui nous cueille.

Un livre inclassable d’une beauté sauvage, en un mot, une oeuvre inoubliable.

Mon avis:

Un roman dans un poème ? Ou bien alors un poème dans un roman ?

Moi qui ne m’y connais que très peu en poésie, j’ai été assez déconcertée par cet exercice de style. Un ensemble de petits poèmes en vers libres qui racontent une seule et même histoire, quelques passages, seulement, sont en prose.

Albert Danon vient de perdre sa femme Nadia d’un cancer, son fils Rico est parti au Tibet.
L’esprit de Nadia est toujours là, tantôt chez Albert, tantôt près de Rico. Narimi, narimi…
Rico est perdu, il se cherche, c’est pourquoi il part voyager loin de Tel-Aviv.
Dita Inbar, petite amie de Rico, a écrit le scénario L’amour de Nirit, Doubi Dombrov, le producteur, la confond avec le personnage principal. Qui Dita aime-t-elle ? Guigui, Rico, Albert ?
La veuve Bettine, collègue d’Albert, s’inquiète pour lui, Dita vient de s’installer chez lui.
Et dans ce méli-mélo, l’auteur-narrateur qui s’introduit, observe, se raconte avec en fond sonore, le bruit des vagues.

Des thèmes comme l’amour et le désir, la mort et le deuil, auxquelles s’imbriquent des références bibliques, composent cet ouvrage. Je suis curieuse d’en savoir plus…

J’ai aimé emporter ce livre avec moi, pouvoir le prendre et picorer quelques pages, ici ou là… Même si je ne suis pas certaine de garder un souvenir impérissable de l’histoire. Pour sûr, la beauté tient dans le style, seulement je n’ai pas réussi à en apprécier toutes les subtilités…

Ma note: 3/5

L’été quarante-six mon père et ma mère avaient loué pour les vacances une chambre
chez un tailleur à Bat-Yam. Une nuit, je fus réveillé par une quinte
de toux qui n’en était pas
une, c’était la première fois de ma vie que j’entendais un inconnu
pleurer de l’autre côté du mur. Il avait pleuré toute la nuit et moi,
éveillé, paniqué,
je n’avais pas osé bouger de crainte de réveiller mes parents
jusqu’à ce que le ciel blanchisse et que je me glisse sur le balcon ses
épaules tremblaient
un oiseau s’envola dans le silence de l’aube et l’homme le désigna en
disant n’y crois pas
petit. Cinquante ans ont passé et l’oiseau n’est plus,
ni l’homme. Ni mes parents. Seule la mer est encore là qui de bleue
est devenue grise elle aussi. N’y crois pas petit. Ou plutôt si. Crois-le. Qu’importe.

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