Demain j’arrête ! de Gilles Legardinier

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Quatrième de couverture:

Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ? Au début, c’est à cause de son nom rigolo que Julie s’est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu’il semble cacher… Parce qu’elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants…

Mon avis:

Sans doute, cet avis passera inaperçu, tant de choses ont été dites sur ce roman. Mais on ne sait jamais s’il y a encore un quelconque lecteur potentiel à convaincre…

Depuis le temps qu’il fallait que je découvre ce qui se cachait derrière ces couvertures flamboyantes à chats, c’est maintenant chose faite avec Demain j’arrête.

Julie Tournelle a 28 ans, ouvre des comptes d’épargne et fait signer des assurances auto, a un patron sur le dos aussi aimable qu’une porte de prison, et vient de se faire larguer. Bref, c’est pas la joie. Heureusement, Julie peut compter sur ses amis et sur son caractère loufoque pour amener un peu de chaleur et de magie dans sa vie. D’autant plus, qu’un charmant jeune homme au tendre nom de « Ricardo Patatras » vient d’emménager au-dessus de chez elle. Et si ça, ce n’est pas l’espoir d’une nouvelle vie pour Julie, mais qu’est-ce que c’est ? Les aventures de Julie promettent des étincelles !

Le personnage de Julie est complètement barrée. Elle est d’une folie sans nom, et possède un sens du raisonnement assez personnel, tant les décisions qu’elle prend sont surréalistes. Mais finalement, son entourage n’est pas triste non plus, entre ses dîners entre copines célibataires, ses parents qui attendent impatiemment qu’elle leur fasse des petits-enfants, en passant par un ami d’enfance qui construit la voiture du futur dans son garage, la vie de Julie est loin d’être des plus banales. On sourit beaucoup à la lecture de ce roman, c’est frais et léger, même si certains passages sont aussi très tendres, comme l’amitié qui lie Julie avec sa vieille voisine Mme Roudan, ou encore les chamailleries de la boulangère Mme Bergerot et l’épicier Mohamed qui témoignent en fait d’une forte affection l’un envers l’autre. Il faut dire que Gilles Legardinier se montre bienveillant à l’égard ses personnages, c’est parfois un peu le monde des bisounours, mais cette solidarité réchauffe le coeur. On s’attache sincèrement à ce petit monde et encore plus à Julie qui se donne un mal de chien pour aider ses amis et à séduire le mystérieux Ric.

Le style est simple et les courts chapitres font que le livre se lit très vite. C’est devenue rare que je lise ce genre de livre, mais celui-ci m’a bien plu. À voir si je retente l’expérience des couvertures à chat !

Ma note: 3,5/5

Citations:

« Chaque soir, le monde se divise en deux grandes catégories : ceux qui vont s’endormir comme des marmottes, et les autres qui auront des cernes le lendemain. Chacun son tour, on passe d’un camp à l’autre au gré de nos vies. »

« Au mieux, il va me prendre pour une prostituée de la cordillère des Andes qui fait le tapin en attendant une éclipse. »

Un certain sourire de Françoise Sagan

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Quatrième de couverture:

En compagnie de son jeune amant Bertrand, Dominique, étudiante à la Sorbonne, connaît bien  » la petite couleur mauve de l’ennui « . Tout change lorsque Bertrand lui présente son oncle Luc, séduisant quadragénaire à la réputation légère. Près de lui, Dominique se sent tout à coup gaie et drôle, étrangement vivante, et accepte de le suivre pour quinze jours de vacances à Cannes. Que risque-t-elle ? S’attacher à cet homme frivole, un peu cynique, qui semble jouer avec elle ? Souffrir ensuite ? Et après ? Le plaisir, les rires, une complicité inattendue, cela ne vaut-il pas mieux que de s’ennuyer ? Tous les dangers guettent Dominique au bord de la Méditerranée. Elle ne sait pas encore comment on guérit d’un amour…

Mon avis:

Il y a longtemps que je voulais découvrir Françoise Sagan. Longtemps j’ai hésité à commencer par son premier roman et ai finalement opté pour celui-ci. La célébrité de Bonjour Tristesse ayant sans doute joué, j’ai préféré rencontrer pour une première, Un certain sourire, deuxième roman publié par Sagan, écrit à tout juste dix-neuf ans.

Dominique est étudiante à la Sorbonne, mais elle s’y ennuie. Elle voit souvent Bertrand, un garçon de son âge, pourtant elle ne l’aime pas. Elle rencontre Luc, oncle de Bertrand et séduisant homme d’âge mûr et il ne la laisse pas indifférente. Pourtant marié à Françoise, Luc entame une liaison avec Dominique et lui propose de partir à Cannes pour quinze jours. Ces deux êtres-là se ressemblent et se plaisent, pourquoi refuserait-elle cette invitation ? Plutôt que de s’ennuyer à Paris, pourquoi ne pas vivre cette passion, aussi brève soit-elle ?

Scénario classique pour ma première rencontre avec Sagan, tout est vu du point de vue de Dominique et c’est avec une justesse désarmante que l’auteur décrit les sentiments de son héroïne. Les moments intenses qu’elle partage avec Luc, les instants passés seule dans sa chambre, la complicité qu’elle partage avec Françoise, la tendresse de Bertrand, son enfance qui s’en va pour laisser place à l’âge adulte. Le roman est très court et pourtant, il m’a semblé connaître Dominique depuis toujours. Pour ma part, Dominique, c’est un de ses personnages dont on ne sait pourquoi, mais elle nous parle. On s’attache à elle malgré sa mélancolie permanente, satisfaite par rien hormis la promesse d’un rendez-vous avec Luc. Elle sait qu’il ne l’aime pas et pourtant… Les personnages secondaires sont pour le coup bien secondaires puisque pendant ma lecture je ne voyais que Dominique. Luc m’a parfois exaspéré mais, je n’ai pas réussi à le détester, j’ai eu de la peine pour Bertrand et je n’ai pas toujours comprise Françoise.

Cette histoire d’amour, bien qu’à plusieurs reprises malsaine, m’a terriblement plu. J’ai été charmée par le personnage de Sagan, à tel point que j’ai du mal à trouver les mots pour écrire cette critique. Et désormais, moi qui craignais de découvrir son premier roman, j’ai hâte !

Ma note: 4/5

Citations:

« Bertrand était mon premier amant. C’était sur lui que j’avais connu le parfum de mon propre corps. C’est toujours sur le corps des autres qu’on découvre le sien, sa longueur, son odeur, d’abord avec méfiance, puis avec reconnaissance. »

« Je pensais que je devais peut-être simuler quelque intérêt pour la profession de Luc, ce que je ne pensais jamais faire. J’aurais voulu demander aux gens : « Etes-vous amoureux ? Que lisez-vous ? », mais je ne m’inquiétais pas de leur profession… souvent primordiale à leurs yeux. »

Elle avait des rides assez sévères au coin des yeux. J’y posai mon index :
« Moi, je trouve ça merveilleux, dis-je tendrement. Toutes les nuits, tous les pays, tous les visages qu’il a fallu pour avoir ces deux minuscules petites lignes là…Vous y gagnez. Et puis ça donne l’air vivant. Et puis, je ne sais pas, moi, je trouve ça beau, expressif, troublant. J’ai horreur des têtes lisses. »