Le Spleen de Paris de Charles Baudelaire

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Quatrième de couverture:

Lorsqu’il commence à publier ses petits poèmes en prose dans des revues et des journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de « bagatelles », il a pleinement conscience de ce qu’ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s’inaugure de manière capitale dans ces textes qui visent à capter l’étrangeté du quotidien de son temps, ce n’est rien moins qu’une forme littéraire nouvelle. Rimbaud et Mallarmé vont s’en souvenir très vite – et bien d’autres après eux. Bien que le poète y songeât depuis 1857, l’année des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris ne parut que deux ans après sa mort, en 1869. Ses poèmes en prose constituaient pourtant à ses yeux le « pendant » de ses pièces en vers, et les deux livres, en effet, se font écho à maints égards. Mais à la différence des Fleurs du Mal, ce n’est pas ici un recueil composé qui nous est offert: un espace de liberté, bien plutôt, où le flâneur témoigne d’un nouveau regard venu à l’homme moderne pour lequel la réalité multiplie ses images…

Mon avis:

Aujourd’hui, je ne vais pas me faire des amis…

Baudelaire, c’est ma déception de la semaine. Je ne comprends pas pourquoi je suis passée à côté. J’arrivais en territoire inconnu (mes années lycée ne m’ayant pas donnée l’occasion d’étudier Les Fleurs du Mal), cependant, selon les dires, je devais être épatée et charmée par les poèmes de ce cher Baudelaire, poète ô combien torturé…

Eh bien que nenni ! Je n’ai pas du tout été transporté durant ma lecture des Petits poèmes en prose. Ça parle de mort, de folie, d’abandon, de solitude. Et tout cela est mélancolique, pessimiste et cyniquement macabre mais certainement pas au point de crier au génie (bien sûr ce n’est que mon avis). Au contraire je me demande pourquoi il y a tant de raillerie dans ces poèmes qui se veulent des « pendants » aux Fleurs du Mal. Je comprends bien que c’est le style de l’auteur, qu’il se considère comme témoin de son temps, mais je n’ai pas réussi à entrer dans cet univers, je suis restée sur le pas de la porte. Peut-être la prose y est-elle aussi pour quelque chose ?

Allez, comme ça me chagrine un peu de ne pas reconnaître le talent de Baudelaire, les poèmes comme La corde ou Mademoiselle Bistouri valent, selon moi, le détour (mais attention à ne pas lire près d’une falaise ou une voie ferrée !)

Une grande déception, donc. Il ne me reste plus qu’à découvrir Les Fleurs du Mal, lecture que je redoute un peu.

Ma note: 2/5

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Seule la mer d’Amos Oz

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Quatrième de couverture:

Albert Danon est seul. Sa femme Nadia vient de mourir d’un cancer, et son fils Rico est parti pour le Tibet. Bettine, une vieille amie, veuve elle aussi, s’inquiète pour Albert. Surtout lorsque Dita, la petite amie de Rico, emménage chez lui.
Un certain Doubi Dombrov veut produire le scénario de Dita, mais il veut surtout Dita. Qui couche avec Guigui, en pensant à Albert, ou à Rico. Qui pense à sa mère, et ne veut pas rentrer du Tibet.

Un chassé-croisé de voix et d’histoires que le narrateur, affranchi de toute contrainte formelle, tisse, tout en nous parlant de lui, en un poème bouleversant qui se lit comme un roman – ou est-ce un roman qui se lit comme un poème ? – pour serrer au plus près la quintessence de nos vies, le désir, la nostalgie d’un bonheur perdu, la mort qui nous cueille.

Un livre inclassable d’une beauté sauvage, en un mot, une oeuvre inoubliable.

Mon avis:

Un roman dans un poème ? Ou bien alors un poème dans un roman ?

Moi qui ne m’y connais que très peu en poésie, j’ai été assez déconcertée par cet exercice de style. Un ensemble de petits poèmes en vers libres qui racontent une seule et même histoire, quelques passages, seulement, sont en prose.

Albert Danon vient de perdre sa femme Nadia d’un cancer, son fils Rico est parti au Tibet.
L’esprit de Nadia est toujours là, tantôt chez Albert, tantôt près de Rico. Narimi, narimi…
Rico est perdu, il se cherche, c’est pourquoi il part voyager loin de Tel-Aviv.
Dita Inbar, petite amie de Rico, a écrit le scénario L’amour de Nirit, Doubi Dombrov, le producteur, la confond avec le personnage principal. Qui Dita aime-t-elle ? Guigui, Rico, Albert ?
La veuve Bettine, collègue d’Albert, s’inquiète pour lui, Dita vient de s’installer chez lui.
Et dans ce méli-mélo, l’auteur-narrateur qui s’introduit, observe, se raconte avec en fond sonore, le bruit des vagues.

Des thèmes comme l’amour et le désir, la mort et le deuil, auxquelles s’imbriquent des références bibliques, composent cet ouvrage. Je suis curieuse d’en savoir plus…

J’ai aimé emporter ce livre avec moi, pouvoir le prendre et picorer quelques pages, ici ou là… Même si je ne suis pas certaine de garder un souvenir impérissable de l’histoire. Pour sûr, la beauté tient dans le style, seulement je n’ai pas réussi à en apprécier toutes les subtilités…

Ma note: 3/5

L’été quarante-six mon père et ma mère avaient loué pour les vacances une chambre
chez un tailleur à Bat-Yam. Une nuit, je fus réveillé par une quinte
de toux qui n’en était pas
une, c’était la première fois de ma vie que j’entendais un inconnu
pleurer de l’autre côté du mur. Il avait pleuré toute la nuit et moi,
éveillé, paniqué,
je n’avais pas osé bouger de crainte de réveiller mes parents
jusqu’à ce que le ciel blanchisse et que je me glisse sur le balcon ses
épaules tremblaient
un oiseau s’envola dans le silence de l’aube et l’homme le désigna en
disant n’y crois pas
petit. Cinquante ans ont passé et l’oiseau n’est plus,
ni l’homme. Ni mes parents. Seule la mer est encore là qui de bleue
est devenue grise elle aussi. N’y crois pas petit. Ou plutôt si. Crois-le. Qu’importe.