Un soir de décembre de Delphine de Vigan

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Quatrième de couverture:

Quarante-cinq ans, une femme, deux enfants, une vie confortable, et soudain l’envie d’écrire, le premier roman, le succès, les lettres d’admirateurs… Parmi ces lettres, celles de Sara, empreintes d’une passion ancienne qu’il croyait avoir oubliée. Et qui va tout bouleverser. Au creux du désir, l’écriture suit la trajectoire de la mémoire, violente, instinctive et trompeuse.

« C’est l’histoire d’une femme qu’il a peut-être oubliée, qui peu à peu se dessine, refait surface, cherche de l’air… »

Mon avis:

La quatrième de couverture présente ce roman comme une histoire d’adultère. Si seulement c’était si simple. Matthieu Brin, marié et père de deux garçons, publie son premier roman à quarante-cinq ans. Le succès est immédiat et fulgurant. Interviews, conférences, dédicaces. Parmi les lettres d’admirateurs, l’une retient son attention. Une écriture appliquée à l’encre bleue, et le souvenir d’une femme qu’il croyait avoir oublié refait surface.

À travers les lettres de Sara, Matthieu retrouve le goût d’écrire, porté par la réminiscence des moments passés près de la jeune femme. Mais, ce souvenir a un prix et les conséquences ne tarderont pas à venir.

Un soir de décembre est une lecture qui avait mal commencé. D’abord l’écriture, elle m’a semblé plus froide et plus distante que dans No et moi. Puis, le personnage, dès que j’ouvrais le livre, impossible de me souvenir du nom du héros sans un retour en arrière. L’emploi du « il » y étant certainement pour quelque chose, Matthieu m’est longtemps resté étranger. Tout simplement, au début de ce roman, je me suis sentie exclue de cette histoire.

Petit à petit, j’ai retrouvé la plume qui m’avait charmé dans No et moi. Une écriture simple qui trouve les mots justes. C’est dingue comme l’auteure a le pouvoir de dire les émotions, les sentiments, les corps, le quotidien. J’ai à chaque fois été étonnée qu’elle puisse aller si loin. Le désir est palpable, résolument bien écrit. La déchéance du héros, elle devient de plus en plus oppressante au fil des pages.

Au fur et à mesure, j’ai apprivoisé chaque personnage de cette histoire : l’homme marié, l’épouse trompée, la maîtresse. Sans aucun jugement, Delphine de Vigan dresse leur portrait, leur choix. J’ai adoré le personnage de Matthieu comme je l’ai détesté.

Ce fut une lecture intense où j’avais difficulté à reprendre le livre tant il fait naître des émotions en soi et fait réfléchir. D’une certaine manière.

J’aurais aimé vous en dire plus sur cette histoire, sur mes ressentis, mais je ne voudrais pas gâcher la surprise si jamais vous tenter cette lecture, aux heures d’hiver ou non.

Ma note: 4/5

Citation:

« Je conjugue le verbe attendre, j’en épuise le sens, sur tous les modes, sur tous les tons. J’attends le bus, j’attends mon heure, j’attends que tu viennes, j’attends mon tour, attends-moi, attends que je t’y reprenne, j’attends que jeunesse se passe, j’attends de pied ferme, j’attends le bon moment, tout vient à point à qui sait attendre, le train n’attendra pas, j’attends qu’il revienne, je l’attend comme le messie, ça attendra demain, qu’attends-tu de moi, j’attendrai le jour et la nuit, j’attendrai toujours, je n’attends pas après toi, je n’attends pas d’enfant, j’attends q’il me rappelle, j’attends qu’il me parle, en attendant mieux, je ne m’y attendais pas, surtout ne m’attends pas. »

L’avortement : Une histoire romanesque en 1966 de Richard Brautigan

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Quatrième de couverture:

Un homme vit cloîtré dans une bibliothèque insolite qui accueille jour et nuit des manuscrits refusés par les éditeurs. Un jour, une femme sublime vient lui confier son livre. Elle raconte l’histoire de son corps, cette  » horrible chose  » qu’elle ne supporte plus. Entre le bibliothécaire farfelu et cette étrange créature, une histoire d’amour est née, et les ennuis commencent.

Mon avis:

C’est la première fois que je lis un livre de Richard Brautigan et j’espère pouvoir vite recommencer !
Une histoire originale : un bibliothécaire qui accueille des manuscrits farfelus refusés par des éditeurs et une femme complexée par son corps trop « grand » pour elle. Deux paumés quoi !
La plume de Brautigan apporte beaucoup de tendresse. On suit ces personnages fragiles faire un choix important. Racontée avec pudeur et délicatesse, la complicité grandissante des deux personnages est très émouvante. J’ai été totalement conquise. Seul petit bémol : le nombre de pages, le livre est trop court pour pouvoir s’attacher complètement aux personnages.

Ma note: 4/5

Citation:

« J’ai apporté un livre ici ce soir où je dénonçais mon corps, le trouvant, disais-je, grotesque et éléphantesque, mais maintenant j’ai comme une envie de prendre cette gauche machine et de l’allonger à vos côtés, ici, dans cette bibliothèque étrange et inconnue. »