Le journal d’Aurore, tome 1 de Marie Desplechin et Agnès Maupré

004010019

Quatrième de couverture:

« Jeune fille seule comme un rat, affligée d’un physique monstrueux et d’une famille ennuyeuse, certainement athée, probablement lesbienne, détestant la terre entière, cherche jeune homme pour l’aimer à la folie… »

Ado moyenne d’une famille moyenne, Aurore a une vie dramatiquement lamentable, probablement déjà ratée… en pire !

Les dialogues malicieux de Marie Desplechin se marient joyeusement au dessin inventif d’Agnès Maupré, pour brosser un portrait plein de drôlerie, de finesse et d’intelligence qu’on ne se lasse pas de lire et relire.

Mon avis:

Merci à Babelio et aux éditions Rue de Sèvres.

Lorsque mes yeux se sont arrêtés sur ce titre à la dernière Masse Critique, je suis retombée quelques années en arrière. Ces années collège où une copine de classe me prêtait les romans de Marie Desplechin sur une ado aussi singulière qu’universelle. Je me souviens de cette grande rouquine sur les couvertures de L’école des loisirs et de ses répliques poilantes.

Aujourd’hui, Aurore a changé, elle est brune, plutôt garçon manqué mais se cherche toujours beaucoup. En éternel conflit avec ses sœurs, ses parents, l’école, Aurore est en pleine crise existentielle et s’imagine que sa vie est une catastrophe. Heureusement, elle peut compter sur sa voisine et meilleure amie Lola qui entend tous ses malheurs et ses questionnements. Une question revient souvent, celle à laquelle on pense tout le temps à son âge, l’amour.

Le duo Marie Desplechin et Agnès Maupré offre une bande dessinée complètement dans l’air du temps où elles mettent en lumière les déboires de bien des ados. La peur de grandir, celle de ne pas savoir dire l’amour qu’on porte à sa famille, la peur d’être laissée et abandonnée, celle de ne pas savoir aimer et être aimé en retour, la peur d’échouer. Les thèmes entourant ces questions sont traités avec humour, même si je n’ai pas retrouvé le panache qui avait rendu Aurore presque incontournable, il y a quelques années. Aussi, j’ai aimé découvrir les illustrations d’Agnès Maupré, colorées et pétillantes, pleines de détails du quotidien. L’allure qu’elle donne à ses personnages a également eu son effet sur moi. Celle d’une allure nonchalante qui est aussi adorable à regarder qu’elle doit être à la dessiner.

En bref, il m’a manqué un petit quelque chose dans cette bande dessinée. Peut-être que si je n’avais pas lu les romans auparavant, cela aurait été différent, ou bien, peut-être, simplement, ai-je grandi et Aurore m’a semblé plus agaçante ? Alors voilà sans doute, ai-je perdu un peu de ma légèreté, mais les collégiens et collégiennes qui liront cette BD seront, quant à eux, ravis de trouver bien pire qu’eux !

Ma note: 3,5/5

lejournaldaurore_bd-7lejournaldaurore_bd-10

Le Sculpteur de Scott McCloud

album-cover-large-25582

Quatrième de couverture:

En mal d’inspiration, David Smith, jeune sculpteur torturé se voit proposer un pacte qui lui permettra de réaliser son rêve d’enfance : sculpter ce qu’il souhaite à mains nues.

Mais rien n’est éternel et tout a un prix. En échange de sa vie, il aura deux cents jours pour créer son OEuvre. Et il va le payer encore plus cher : au lancement du compte à rebours, il rencontre le grand amour… De quoi ébranler toutes ses certitudes.

Une interprétation moderne, implacable et poétique du mythe de Faust.

Mon avis:

Seul à une table de café, David Smith regarde ses mains. C’est le jour de ses vingt-six ans, le jour d’un bilan. Qu’a-t-il fait de son rêve d’enfant ?

Son rêve, c’est de vivre de son art, d’être reconnu, mais malgré un début prometteur, dans un monde où il est aussi question d’argent, David Smith tombe dans l’oubli. Alors qu’il rumine, une vieille connaissance entre dans le café, c’est son oncle Harry. Enfin, pas tout à fait…

« – Que donnerais-tu pour ton Art, David ?
– Je donnerais ma vie. »

La Mort se cache sous les traits d’Harry et lui propose un marché : David pourra créer tout ce qu’il souhaite de ces dix doigts, mais ne possèdera que de 200 jours pour créer son Oeuvre.

Cette bande dessinée semblait prometteuse, n’ayant lu que des critiques positives, j’ai pris mon billet pour les rues grouillantes de New-York, les yeux fermés. Pourtant, après plusieurs pages, je me rends compte que je passe à côté de l’histoire, ma lecture n’est plus plaisir. Pourquoi ? Certainement, mon absence d’empathie pour le personnage de David. Complètement obnubilé par son art, David en devient peu sympathique. Il préfère geindre qu’agir. C’est dommage, Scott McCloud offrait d’intéressantes réflexions sur l’art, la vie, la mort et le deuil, les rêves et les promesses…

J’avais aussi choisi cette bande dessinée pour l’ambiance qu’elle semblait dégager. Elle avait un côté comics qui changeait de mes habitudes de lecture, mais malgré les planches en noir et blanc rehaussées de bleu, les longueurs prennent le dessus.

C’est raté pour moi, mais qui sait si cette nouvelle adaptation du mythe de Faust ne marchera pas pour vous !

Ma note: 3/5

le-sculpteur-int-hd-18

Les promeneurs sous la lune de Zidrou et Mai Egurza

les-promeneurs-sous-la-lune

Quatrième de couverture:

« Je suis un promeneur de la nuit, malgré moi. Un somnambule si vous préférez. Vous croyez que je sui un cas à part, une exception ? Vous vous trompez ? Regardez par la fenêtre et vous verrez : nous sommes des milliers, des millions ! Des milliers, des millions à nous croire éveillés alors que nous sommes en réalité, les somnambules de notre propre vie. »

Une histoire drôle et tendre pour tous les funambules de la nuit.

Mon avis:

Somnambulisme n. m. Série de mouvements, d’actes automatiques et inconscients se produisant pendant le sommeil, et dont aucun souvenir ne reste au réveil.

Un matin, Linh découvre dans son lit un inconnu affublé d’un pyjama en pilou. Il a beau être agréable à regarder, la jeune femme voudrait bien savoir ce qu’il fait dans ses draps. Déconcerté, le charmant Napoléon ne se souvient de rien, reste seulement ses pieds noircis comme s’il avait marché pieds nus pendant la nuit.

La consultation du spécialiste est sans appel, Napoléon est somnambule. Banal me diriez-vous, mais quand il s’agit d’un phénomène qui menace de contaminer toute la ville, tout de suite c’est plus impressionnant.

Zidrou nous offre une bande dessinée aux airs de drame scientifique, mais tout en légèreté, avec l’humour qu’on lui connait. Une dimension philosophique sur nos propres vies se lit entre les lignes mais, l’histoire reste avant tout poétique. La tendresse de l’ouvrage est portée par les illustrations de Mai Egurza, dont les tons pastels rendent l’univers de la nuit totalement enivrant. Les personnages plus attachants les uns que les autres sont dotés d’une bouille drôle et expressive. Leur amitié, leur humour et leur simplicité donne à cette histoire, magie et gaieté. Une bande dessinée qui fait chaud au cœur en ces jours moroses.

Ma note: 4/5

PlancheS_46898