Pas assez pour faire une femme de Jeanne Benameur

9782364743090

Quatrième de couverture:

À l’université dans les années 70 une jeune fille découvre la puissance formidable de l’amour.
D’un côté la joie qui emporte Judith vers Alain, le « meneur » convaincu de la lutte politique. de l’autre l’appartenance à une famille qui l’entrave, soumise à la tyrannie du père.
Ce roman est celui d’une tension.
Judith apprend à mettre en perspective sa « petite histoire » avec la grande, celle initiée par Mai 68. L’entrée dans le monde de la littérature, de la pensée et de l’action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu’où ?

Mon avis:

Dans les années soixante-dix, Judith rêve de liberté. Son entrée à la faculté de lettres lui offre une indépendance inespérée. Là-bas, elle rencontre Alain, étudiant un peu plus âgé qu’elle, rebelle révolutionnaire, aux convictions politiques très marquées. C’est le temps des grands bouleversements, l’université est sans dessus dessous depuis les remises en cause de Mai 68. Pour Judith, le temps est venu de devenir une femme, dans les bras d’Alain, elle découvre l’amour, l’autre. Mais, elle apprivoise aussi les mots, tous ceux qui ne sont pas dits chez elle, à cause d’un père à la main lourde.

Pas assez pour faire une femme est un roman simplement touchant. L’auteure fait preuve d’une justesse et d’une sensibilité envers le personnage qui pourrait rappeler nous-même… Qui n’a pas eu peur de grandir, de voir la vérité en face et d’être bien heureux quand une main tendue apparaît au bout du tunnel ? Le réconfort, Judith le retrouve dans la tendresse d’Alain, mais aussi dans la force que lui donnent ses lectures, elle parle philosophie, politique. Enfin, cette parole libérée, et petite Judith deviendra grande !

Ce court roman marque ma première rencontre avec l’écriture délicate et poétique de Jeanne Benameur… Encore une pile à lire qui va s’agrandir…

Ma note: 4/5

« Près d’Alain, son corps à lui contre le mien, ses mains qui tiennent les livres, sa voix qui m’explique l’oppression du monde, je prends force. Je prends force. »

« Quand je rentrais dans la maison de mes parents, je retrouvais l’atmosphère étouffante des lieux où la parole n’a aucune chance. »

Le bébé et le hérisson de Mathis

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Quatrième de couverture:

Pourquoi personne n’apprend aux hérissons à traverser la route ? Tout le monde s’en fout ou quoi ? Comme ces parents, si obnubilés par la télé et leurs jeux vidéo qu’ils délaissent Léo, le bébé de la famille. Heureusement, Guillaume et Manon sont là pour s’occuper de leur petit frère.

Mon avis:

En toute sobriété, sous une couverture immaculée aux touches géométriques pétillantes, se cache une jolie pépite. Un coup de coeur jeunesse qui n’a rien d’une histoire légère.

Jules et Manon ont leurs parents, qui parce que bébé pleure trop fort, mettent le couffin sur le palier. Des parents plutôt préoccupés par le programme télé ou le dernier jeu vidéo à la mode, qu’à offrir l’amour et la tendresse que réclament leurs enfants. Jules et Manon, qui ont grandi plus vite que prévu, veulent à tout prix protéger leur petit frère Léo, si vulnérable, comme ce hérisson sans vie, laissé sur le bord de la route.

Le bébé et le hérisson, c’est l’histoire d’une fratrie qui apprend à vivre sans ses parents dont l’immaturité et l’égoïsme ont triomphé sur le bon sens. Parce qu’ils ne leur donnent pas l’équilibre dont ils ont besoin quand on est si jeune, les trois enfants vont se créer leur propre bulle protectrice. Jules, Manon et Léo vont apprendre à s’aimer et s’entraider, à partager et se réconforter. Entre moments de répit et instants brutaux, on aimerait pouvoir offrir à ces trois mômes, le bonheur qu’ils méritent, mais déjà la quarante-septième et dernière page est arrivé et ils nous faut les laisser, à leur sort.

Un titre que j’ai découvert chez le joli blog de Noukette. Je vous invite également à lire l’article de La tête en claire sur les éditions Thierry Magnier.

Ma note: 5/5