La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar

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Joann Sfar était déjà bon pour le dessin, il confirme ses talents de réalisateur avec son adaptation du roman policier de Sébastien Japrisot La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil.

Après avoir vu et adoré, Gainsbourg, vie héroïque, j’ai voulu tenter cette nouvelle sortie. Ne connaissant ni le roman de Japrisot, ni l’actrice principale, on peut dire que je suis allée au cinéma pour Joann Sfar. La bande-annonce plutôt énigmatique annonce peu de choses sur l’intrigue, de même que le résumé, tout aussi mystérieux…

« Elle est la plus rousse,la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant… »

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Pour débroussailler un peu voici ce qu’on peut dire en quelques mots sur l’histoire. L’on suit Dany, jeune secrétaire plutôt effacée et esseulée, son patron, dont elle semble entichée, lui demande de passer la nuit chez lui pour qu’elle termine de taper un dossier et l’emmener lui et sa famille à l’aéroport. L’obéissante Dany accepte. À son retour, elle n’aura qu’à laisser la superbe voiture (une Thunderbolt verte pour les connaisseurs) dans le jardin.

Mais sur la route du retour, dilemme, il y a deux panneaux. Paris. Nice. Pour elle qui n’a jamais vu la mer, le choix est fait. Dany avec ses grosses lunettes 70’s part pour la Côte d’Azur voir la mer.

Mais bien évidemment rien n’est si simple, puisqu’au fur et à mesure de son road-trip, plusieurs personnes lui assurent l’avoir déjà rencontré la veille. Dany deviendrait-elle folle ou tout cela est-il une machination ?

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J’avoue avoir était bien ballotée pendant ce film, ne sachant que penser du personnage étrange de Dany. Incarnée par l’actrice Freya Mavor, son interprétation est, pour moi, très réussi. Irrésistible avec sa chevelure rouquine, ses compensées et sa robe courte. Elle est tour à tour femme-enfant et femme fatale. Jusqu’au bout on se joue à se demander où est la folie, où sont les faits. De ce côté-là, le suspense est bien mené.

Cela est le fait aussi des personnages secondaires : Benjamin Biolay donne le ton à ce patron inquiétant accompagné par Stacy Martin, dans le rôle de sa femme froide et méprisante. Enfin ; l’amant italien, interprété par Elio Germano, apporte un peu de chaleur avec son côté kitsch à souhait.

J’ai réellement apprécié l’ambiance 70’s. Que ce soit pour la mise en scène, les costumes ou la musique, le tout laisse un goût délicieusement rétro et contrebalance avec le glaçant du propos.

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Pour moi, le pari est réussi. On a un thriller paranoïaque (quoiqu’à mon sens, le dénouement est quelque peu tiré par les cheveux) porté par une jeune actrice prometteuse. À la revoyure Joann !

4/5