Nous trois ou rien de Kheiron

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Je connaissais Kheiron pour son rôle dans la série Bref, il ne me semble pas l’avoir croisé ailleurs depuis. Jusqu’à ce que je tombe sur la bande annonce de Nous trois ou rien. Pour son premier film, Kheiron choisit de raconter l’histoire de ses parents. Celle de leur départ d’un Iran sous le joug d’une dictature, pour s’installer dans une cité parisienne.

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La première partie du film raconte l’enfance d’Hibat Tabib dans un Iran contrôlé par le régime du Shah. Le jeune garçon souhaite devenir avocat et s’engage de plus en plus en politique. Il entre dans la résistance, se fait emprisonner, tandis que la foule gronde dans les rues, la destitution du tyran. Un dictateur en appelant un autre, l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeini pousse un Hibat désormais libéré, marié et père d’un jeune bébé, à quitter le pays.

Paris. Seine-Saint-Denis. Hibat, Fereshteh et leur fils arrivent dans la banlieue de Pierrefitte. La famille s’intègre peu à peu et commence à participer à la vie associative de la cité.

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Dans le rôle de son propre père, Kheiron nous livre un récit doux et bienveillant malgré la dureté du propos. Si la première partie du film est prenante et émouvante par l’aspect politique évoqué, – les épisodes de torture en prison nous ramènent carrément à la réalité, la suite gagne en légèreté. Les scènes dans la cité sont souvent très drôles, je pense notamment aux scènes du cours sur la sexualité donné aux femmes du quartier ou encore lorsqu’elles visitent Fontainebleau. On peut alors reprocher au film son abondance de bons sentiments, mais à mon sens, cela donne toute sa particularité au film. Bien que ce soit une histoire vraie dont le contexte politique est bien présent sans en être le thème central, Kheiron offre avant tout une histoire sur la famille.

Les acteurs sont aussi très bons. Beaucoup de jeunes talents très en vogue en ce moment, comme Leïla Bekhti dans le rôle de Fereshteh, Alexandre Astier qui interprète le Shah d’Iran, la chanteuse Camélia Jordana et d’autres interprètes prometteurs. Enfin, le couple Gérard Darmon et Zabou Breitman brille par leur jeu à la fois drôle et touchant.

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Tendre, drôle et émouvant, le film de Kheiron est une vraie réussite. J’ai passé un très bon moment et ne peux que vous recommander ce délicieux divertissement.

4/5

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Pan de Joe Wright

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Pour une sortie cinéma improvisée, nous avions choisi sur un coup de tête l’adaptation du conte Peter Pan, réalisé par Joe Wright et résultat des courses, une belle déception.

Oubliez tout ce que vous connaissiez sur Peter Pan, Joe Wright a choisi de raconter les origines de Peter, et vous allez être surpris. Reconnu pour l’adaptation de plusieurs célèbres romans, dont Orgueil et Préjugés et Anna Karenine, le réalisateur s’en prend, cette fois-ci, au conte de J. M. Barrie, Peter Pan. Qui ne connait pas cette histoire où du moins qui n’a pas regardé le film d’animation sorti tout droit des studios Disney ?

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Alors que la guerre fait rage, Peter, un jeune orphelin obnubilé par l’envie de retrouver sa mère, se fait enlever lui et ses camarades par l’équipage d’un mystérieux bateau volant. Grimpant bien au delà des nuages, le navire arrive dans un lieu merveilleux, le Pays Imaginaire. Cet endroit extraordinaire est dirigé par le tyrannique Barbe Noire, dont la foule craintive clame chacune de ses sorties à coup de Smells Like Teen Spirit des Nirvana. Fraîchement arrivé, le jeune Peter comprend qu’il sont des milliers d’orphelins a avoir été amené ici. Venant de tout bord et de tout âge, ils sont chargés de travailler dans des mines afin de trouver du « pixum », autrement dit de la poussière de fée, cher à Barbe Noire, qui trouve là, sa cure de jouvence.

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Le Pays Imaginaire est à mon sens, la seule réussite du film. Avec des décors et des effets spéciaux très réussi, le lieu est riche en magie et en couleurs. Ma préférence va pour l’univers des Indiens dont le chef de file est le personnage de Lily la tigresse. Interprété par l’actrice Rooney Mara (Millenium), le personnage a pendant toute la durée du film, des costumes et des maquillages exceptionnels, dont une coiffe colorée qui m’a particulièrement marquée. De même, Hugh Jackman dans le rôle de Barbe Noire est quasi méconnaissable tant sa transformation est réussi. Que voulez-vous le rôle du méchant lui va vraiment bien. En revanche, saviez-vous qu’au départ James Crochet était en fait un acolyte de Peter ? Ce jeune homme joué par Garrett Hedlund (Sur la route) n’a absolument rien en commun avec le personnage plus connu sous le nom de Capitaine Crochet. D’ailleurs, malgré quelques situations cocasses, il n’apporte pas grand chose au film, (en fait, j’ai eu l’impression qu’il était simplement la « belle gueule » du film, avec pléthore de scènes d’action. Enfin, je reste déçue par le personnage de Peter Pan. Le jeune acteur est doué mais la sauce n’a pas prise. Je ne me suis pas du tout attachée à lui, son histoire ne m’aura pas du tout touché. Et je crois que c’est tout le problème de ce film. Cette adaptation n’a aucune âme, je n’ai rien ressenti pendant ce film, si ce n’est de l’ennui. Je pense que c’est d’ailleurs, cela mon souci avec les productions américaines, à vouloir jouer sur tous les tableaux, c’est-à-dire de l’humour, de l’émotion, de l’amour et de l’action, il n’en ressort qu’un gloubi-boulga sans âme.

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Malheureusement pour cette fois c’est un flop, les talents artistiques n’auront pas suffi à me faire apprécier ce film. Et moi qui pensais rêver, retrouver une âme d’enfant, je me suis simplement royalement ennuyée.

Bref, « si j’aurais su, j’aurais pas venu »…

2,5/5

Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael

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Dans l’univers de Jaco Van Dormael, Dieu est un être qui règne en despote sur le monde qu’il a créé. Son Dieu ne peut s’empêcher de faire le Mal, que ce soit les catastrophes de grandes envergures tels les accidents d’avion ou encore les déboires quotidiens comme le téléphone qui sonne lorsqu’on entre dans son bain ou la tartine qui tombe toujours du mauvais côté, son Dieu est caractérisé par un sadisme insatiable.

Pour se venger de la stupidité et de la méchanceté de son père, Éa envoie par SMS les dates de décès au monde entier. Provoquant le courroux de son père, elle s’enfuie et part à la recherche de six nouveaux apôtres qui viendront compléter les douze réunis par son frère Jésus-Christ. Le but étant au final de compter dix-huit apôtres, telle une équipe de baseball, sport favori de leur mère et plus sérieusement d’écrire Le tout nouveau testament. Mais Éa n’a jamais vu le monde extérieur, elle ne connait pas l’effet de la pluie sur sa peau et n’a jamais pleurer. Aidée par un clochard rencontré par hasard, les deux compères commencent la rédaction du nouvel ouvrage. Sur leur chemin, ils vont rencontrer une jeune femme mélancolique à qui il manque une main, un vieillard qui à abandonner ses rêves d’aventures pour une vie sans surprise, L’obsédé, L’assassin, une femme d’âge mûr dont le mari riche ne la regarde même plus et enfin un jeune garçon qui subit le syndrome hypocondriaque de sa mère. En parallèle, à la poursuite de sa fille, le Père Tout Puissant se heurte au monde moderne. 283526.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Selon moi, la réussite de ce film tient pour beaucoup au scénario. Alors que je pensais avoir affaire à une simple comédie rigolote, Le tout nouveau testament est un film bien plus profond. De nombreux thèmes graves sont abordés comme la maltraitance ou la prostitution, mais le réalisateur ne porte aucun regard critique, ni n’émet de jugement sur ses personnages. Hormis l’exécrable Dieu joué par Benoit Poelvoorde, chaque protagoniste est avant tout profondément humain car imparfait. C’est ce qui fait, d’après moi, leur beauté. L’on s’attache au fur et à mesure à ses apôtres mélancoliques et de guingois, tout seul ils ont l’air totalement perdu, en marge de la société, mais une fois unis, ils deviennent plus forts. Ainsi même si la trame de l’histoire n’est pas très réjouissante, l’apparition de fantaisie apporte tout son charme au film. Que ce soit la statue de Jésus-Christ qui prend vie et donne des conseils à sa petite sœur, ou encore le passage secret dans la machine à laver, en passant par les rêves des apôtres. Quelques notes d’humour sont également distillées ci et là, notamment porté par la performance de Benoit Poelvoorde. Le Dieu interprété par l’acteur n’a rien du Dieu sage de la Bible, au contraire, il a seulement l’aspect d’un pauvre type. Poelvoorde excelle dans ce rôle, à la fois irascible et ridicule pour le spectateur, on irait presque au cinéma juste pour le voir lui ! Mais les autres acteurs ne sont pas en reste, Éa jouée par Pili Groyne apporte sa part de fraîcheur au film, Yolande Moreau qui n’est autre que la femme de Dieu, interprète parfaitement la bonne ménagère qui n’ose se confronter à son mari. L’on retrouve également des acteurs connus comme François Damiens ou Catherine Deneuve, dans le rôle des apôtres.

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En somme, c’est une belle découverte pour ma part. Un film drôle et touchant porté par des acteurs formidables, je suis conquise.

4,5/5

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar

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Joann Sfar était déjà bon pour le dessin, il confirme ses talents de réalisateur avec son adaptation du roman policier de Sébastien Japrisot La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil.

Après avoir vu et adoré, Gainsbourg, vie héroïque, j’ai voulu tenter cette nouvelle sortie. Ne connaissant ni le roman de Japrisot, ni l’actrice principale, on peut dire que je suis allée au cinéma pour Joann Sfar. La bande-annonce plutôt énigmatique annonce peu de choses sur l’intrigue, de même que le résumé, tout aussi mystérieux…

« Elle est la plus rousse,la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant… »

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Pour débroussailler un peu voici ce qu’on peut dire en quelques mots sur l’histoire. L’on suit Dany, jeune secrétaire plutôt effacée et esseulée, son patron, dont elle semble entichée, lui demande de passer la nuit chez lui pour qu’elle termine de taper un dossier et l’emmener lui et sa famille à l’aéroport. L’obéissante Dany accepte. À son retour, elle n’aura qu’à laisser la superbe voiture (une Thunderbolt verte pour les connaisseurs) dans le jardin.

Mais sur la route du retour, dilemme, il y a deux panneaux. Paris. Nice. Pour elle qui n’a jamais vu la mer, le choix est fait. Dany avec ses grosses lunettes 70’s part pour la Côte d’Azur voir la mer.

Mais bien évidemment rien n’est si simple, puisqu’au fur et à mesure de son road-trip, plusieurs personnes lui assurent l’avoir déjà rencontré la veille. Dany deviendrait-elle folle ou tout cela est-il une machination ?

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J’avoue avoir était bien ballotée pendant ce film, ne sachant que penser du personnage étrange de Dany. Incarnée par l’actrice Freya Mavor, son interprétation est, pour moi, très réussi. Irrésistible avec sa chevelure rouquine, ses compensées et sa robe courte. Elle est tour à tour femme-enfant et femme fatale. Jusqu’au bout on se joue à se demander où est la folie, où sont les faits. De ce côté-là, le suspense est bien mené.

Cela est le fait aussi des personnages secondaires : Benjamin Biolay donne le ton à ce patron inquiétant accompagné par Stacy Martin, dans le rôle de sa femme froide et méprisante. Enfin ; l’amant italien, interprété par Elio Germano, apporte un peu de chaleur avec son côté kitsch à souhait.

J’ai réellement apprécié l’ambiance 70’s. Que ce soit pour la mise en scène, les costumes ou la musique, le tout laisse un goût délicieusement rétro et contrebalance avec le glaçant du propos.

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Pour moi, le pari est réussi. On a un thriller paranoïaque (quoiqu’à mon sens, le dénouement est quelque peu tiré par les cheveux) porté par une jeune actrice prometteuse. À la revoyure Joann !

4/5

Le Petit Prince de Mark Osborne

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L’adaptation de l’oeuvre Saint-Exupéry est un véritable bijou. Courez-y !

Arrivée au cinéma sans savoir ce qu’il m’attendait, la surprise jusqu’au bout car je n’avais pas vu la bande-annonce. Même si j’avoue avoir été influencé par les bonnes critiques entendues lors du Festival de Cannes.

Bref en arrivant j’en attendais beaucoup comme j’en attendais pas du tout.

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Le film commence… Un peu perturbée parce que le film commence avec une maman et sa petite fille qui attendent une audition avec à la clé l’entrée dans une école prestigieuse. On apprend alors que cette mère est prête à tout pour que sa fille réussisse sa vie… professionnelle. C’est l’été, la petite fille a toutes les vacances scolaires pour se préparer à la rentrée tant attendue par sa mère. Bien évidemment cette jeune enfant n’a pas du tout la vie juvénile dont elle a droit. Elle est profondément seule, on le pressent dans sa propre chambre, où l’on ne perçoit aucun jouet et où les nuances de gris prédominent. Mais toute cette morosité vole en éclats lorsqu’elle rencontre son voisin, un vieillard un peu perché…

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À côté de cela, on suit l’histoire du Petit Prince, celle que l’on trouve dans le livre de Saint-Exupéry. Et là, l’univers change totalement. On découvre un décor fabuleux avec un graphisme radicalement différent. Alors qu’avec la petite fille nous étions dans l’univers des films d’animation produit par Pixar, ici on entre dans de beaux décors plus artisanaux où le dessin est mis en valeur.409966.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

J’ai été touché par ces « deux films en un ». J’ai aimé cette réappropriation du texte, mise au goût du jour sans modifier l’oeuvre initiale. L’histoire du Petit Prince a fait monter en moi la nostalgie alors que la petite fille m’a rappelé les questions d’aujourd’hui : la place de l’enfant dans nos sociétés actuelles. Ne deviennent-ils pas adultes trop tôt ? Voilà ce que ce film m’a transmis.

Mark Osborne, le réalisateur, nous livre un film à la fois drôle avec ces situations cocasses mais aussi émouvant… car je suis très bon public ! Et la superbe musique n’aidant pas (dont trois chansons interprétées par l’artiste Camille) j’avoue avoir versé ma petite larmichette !

Je ressors du cinéma convaincue. L’occasion pour moi de relire prochainement ce chef-d’oeuvre !

4,5/5

Pour cette première chronique cinéma sur le blog, j’espère, peut-être un peu maladroitement, avoir réussi à vous transmettre mon ressenti le plus fidèlement possible !